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Carême et cure détox
Encore cette année, je vois certains de mes amis athées faire le carême, ou plutôt s’imposer diverses privations pendant les quarante jours précédant Pâques. L’une s’empêche de manger des sucreries, son péché mignon, alors que l’autre en profite pour amoindrir son addiction à la caféine. L’un se maintient sobre, l’autre arrête de fumer. Quelques commentaires sur cette pratique. Je dois dire d’emblée que j’ai beaucoup de respect pour ces amis. Ils sont le signe vivant que nos traditions chrétiennes se perpétuent dans la culture populaire d’aujourd’hui. Il n’est pas toujours facile de préserver l’héritage religieux de notre famille, de notre
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La chute d’un des nôtres
Ce témoignage de l’affaire Jutra m’a bouleversée. Comme tout le monde du milieu artistique, j’avais de l’estime pour le cinéaste et notamment parce qu’il faisait partie de cette génération de réalisateurs qui se sont intéressés à la question identitaire du Québec dans leurs films (un thème que je chéris moi-même comme artiste). Mon oncle Antoine ne faisait pas partie de mes meilleurs films québécois, mais il reste un incontournable dans le répertoire d’ici. Au Québec, on a une histoire encore jeune, une identité précaire, quoi qu’on en dise. Voir un de nos monuments tomber et disparaitre du jour au lendemain
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Rupture ou continuité : comment enseigner l’histoire?
Depuis quelque temps, le débat sur l’histoire du Québec et le problème de sa transmission refont surface. Méthode, mission, orientation, esprit, valeurs, toutes les raisons inimaginables sont aujourd’hui mises de l’avant pour justifier une énième réforme de son enseignement. Il est évident que l’enseignement de l’histoire est essentiel. Un élève ignorant des faits importants qui ont forgé la société dans laquelle il vit n’aura pas les instruments nécessaires pour s’y insérer et, à son tour, participer à son évolution. Modèle collectiviste s’il en est un, le Québec, nous dit-on, doit se limiter à un seul curriculum. De là émergent les
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Les enfants de Dieu
Très intéressante cette liste de dieux-obstacles qui empêcheraient les enfants de cette génération de rencontrer Dieu! Cette liste est tirée d’un livre auquel Sophie Tremblay a collaboré et que Jonathan Guilbault recense dans son blogue. En lisant, j’ai eu envie d’en ajouter quelques-uns. Bien sûr, je n’ai ni le style, ni les arguments, ni la formation de cette théologienne, mais j’ai mes petites expériences personnelles. Un Dieu effrayant Détrompez-vous, il ne s’agit pas du Dieu colérique d’une autre époque. Le dieu dont je vous parle ici est plus moderne. Une jeune fille de 15 ans que mon ainée connaissait lui
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Un duché bien gardé
Valérie nous donne rendez-vous devant son appartement, en plein cœur de son duché – Saint-Sauveur. Elle participe cet hiver à la Revengeance des Duchesses, l’évènement créé il y a 7 ans, alors que le Carnaval avait rangé les duchesses dans le sous-sol de la mairie (avant de les ressortir quelques années plus tard). Depuis 7 ans, en marge du Carnaval de Québec, se tient chaque année la « Revengeance ». L’évènement se veut une alternative davantage susceptible de réunir les gens et de tisser des liens dans et entre les communautés de la ville que le Carnaval « officiel ». Le duché Ici, dans Saint-Sauveur
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Voir le monde (à travers des yeux radiocanadiens)
Je me réjouis des changements effectués à Voir ces jours-ci. En fait, il était grand temps que quelque chose se passe chez ce navire-amiral de la diffusion culturelle au Québec. Ont-ils été inspirés par Le Verbe pour opérer ces changements? Dieu seul le sait! Quoi qu’il en soit, je suis franchement content qu’ils aient décidé de ralentir le tempo, d’épaissir la publication, de soigner le graphisme et d’approfondir un peu le contenu. Voilà pour les points-bananes. Si on n’avait pas nous-mêmes copié l’idée à quelques revues françaises, en 2014, on leur enverrait une mise en demeure pour plagiat. On va
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Amour divin / amour humain
L’amour divin et l’amour humain. Voilà le sujet que nous propose d’emblée Natalie Azoulai dans Titus n’aimait pas Bérénice, publié aux éditions P.O.L. Ce roman nous raconte l’histoire d’une jeune femme abandonnée par son amant; histoire d’un amour brisé. Pour présenter ce sujet d’un amour délicat et passionnant à la fois, l’auteure nous invite à revisiter l’œuvre de Jean Racine, célèbre dramaturge du 17e siècle. Ses pièces de théâtre ont en commun le fait de mettre en scène la tragédie accompagnant toujours l’amour entre les hommes et les femmes. Cela semble être la préoccupation majeure de Racine. On ne meurt pas
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L’homme derrière la légende
L’honorable Paul Comtois (1895-1966). [Article publié dans le numéro de février-mars 2016 de la revue Le Verbe.] 21 février 1966, vers minuit. Le ciel est dégagé. Les étoiles, comme des glaçons scintillants, tapissent la voute céleste. Le thermomètre indique -26 °C. Tout est calme à la villa du Bois-de-Coulonge, la résidence officielle des lieutenants-gouverneurs du Québec. Le 21e lieutenant-gouverneur, l’honorable Paul Comtois, sa femme, ses enfants ainsi que leurs invités dorment dans leur chambre respective. Puis soudain, les flammes bondissent sur les murs en bois de l’antique demeure. Les invités, M. et Mme Mac Stearns, s’en sortent sans blessures. Avec l’aide du gardien de nuit,
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Léon Bloy: sur les traces de l’Invisible
Léon Bloy est né en 1846 et est mort il y a un peu plus d’un siècle, en 1917. Ces dates ne sont pas tout à fait anodines. La première correspond à l’année de l’apparition de la Vierge à La Salette; la seconde marque l’année des trois secrets de Fátima. Entre ces deux évènements à caractère apocalyptique, une vie passée à attendre l’Apocalypse et à en guetter les signes. Il n’y a que des symboles La coïncidence a de quoi surprendre. D’autant plus qu’elle se rapporte à un homme qui ne croyait pas au hasard – ce « nom moderne du
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Je ressens, donc #JeSuis
Lors des divers évènements tragiques ayant eu lieu l’année dernière, un nouveau mode d’expression de la sympathie fut de signifier au monde entier que #NousSommes ceci ou cela: #JeSuisCharlie, #JeSuisParis, #JeSuisMalien, etc. En guise de solidarité envers les victimes, les réseaux sociaux s’enflammaient en quelques minutes seulement à la suite d’un attentat terroriste, d’une attaque, d’une catastrophe naturelle. Depuis lors, le célèbre cogito, ergo sum de Descartes semble remanié à la saveur de notre siècle épidermique: sentio, ergo sum; je sens, donc je suis. Les émotions sont aussi intenses qu’éphémères. Jusqu’au prochain massacre. Le bémol avec les dièses Je ne fustige pas
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L’ADN de Dieu
Un texte d’Édouard Malenfant Il ne se passe pas une semaine sans qu’un nouvel ouvrage n’apparaisse en librairie avec le nom de François ou sa photo en page couverture. Cette fois-ci, avec Le nom de Dieu est miséricorde, la formule est un peu différente puisqu’on a regroupé dans une première section du livre une conversation avec le Pape François menée par le journaliste de la Stampa, Andrea Tornielli (1). Dès les premiers échanges, on saisit bien que, pour François, la Miséricorde n’est pas un thème de plus à promouvoir. Il ne s’agit pas non plus d’un concept creux avec lequel
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Cheyenne Carron et les (nouveaux) tabous dans l’art
Ce qui est super avec l’avènement d’Internet, c’est que les œuvres circulent comme jamais auparavant. Plusieurs artistes talentueux ont pu se faire connaitre grâce à ce média. On n’a qu’à penser à la chanteuse britannique Adele, par exemple… ou à Cheyenne Carron. Son nom vous dit quelque chose ? Peut-être pas encore. C’est une cinéaste française autodidacte. Elle a une foi assumée et fait des films tout à fait étonnants sans l’appui du système. Après l’avoir découverte à l’été 2014 et entrepris une correspondance avec elle, j’ai rédigé un texte sur son excellent film l’Apôtre pour la revue de cinéma
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Sexplora la conformiste
Vous avez écouté la grand-messe dominicale de Tout le monde en parle (remarquez que je ne publie pas l’hyperlien de l’émission…), faisant l’éloge des chirurgies de changement de sexe pour enfants et de la soft-porn financée par l’État? Moi non plus. J’étais trop occupé à plier du linge en regardant les premiers épisodes de Like-moi. En fait, pour être franc, je n’ai réussi qu’à plier deux serviettes pendant que mon épouse-ex-employée-du-mois-chez-Simons pliait trois paniers bien tassés de caches-couches et de chaussettes dépareillées. Like-moi, antidote à TLMEP? Mais revenons-en à Like-moi. Outre l’excellent thème musical rétro « Ça fait boom boom pow »
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Une croyante peut-elle étudier les sciences humaines?
J’assistais récemment à la première séance du cinquième cours de méthodologie que je fais depuis mon entrée au Cégep. Je ne sais pas si c’est parce qu’on remet souvent en question la scientificité des sciences humaines qu’elles ressentent autant le besoin de s’attarder sur la méthodologie de leurs recherches. Six années d’études plus tard, me voici à la maitrise et j’ai pourtant l’impression qu’on me sert la même soupe réchauffée: méthode scientifique, étude systématique, empirisme, positivisme, démarche hypothéticodéductive, etc. Ceci n’est pas une science Toujours est-il qu’on m’a encore expliqué ce qu’est la science et, surtout, ce qu’elle n’est pas.
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Heureux d’un printemps
Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver. C’est vrai pour cette saison interminable, c’est surtout vrai pour l’univers médiatique québécois. Mais dernièrement, on a le bonheur de sentir les bonnes odeurs du printemps. Depuis plusieurs années, c’était vraiment l’hiver ici. Il n’était plus possible de regarder les chaines qui, auparavant, faisaient l’unanimité dans la populace, autant au niveau radiophonique que télévisuelle. Il y a huit ans, nous avons même décidé, sponsalement parlant, de débrancher la télé. Elle est là, certes, mais simplement pour le cinéma maison et internet. L’hiver de force Les journaux? Même chose. À part quelques
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La mort tout de suite, un bain plus tard
Moins long d’obtenir une injection létale qu’un bain? Il semble qu’au Québec, de nos jours, ce soit le cas. Le premier ministre Couillard avait annoncé en campagne électorale qu’il ferait des soins à domicile (SAD) une des priorités en santé de son gouvernement. Moins de deux ans plus tard, un reportage nous apprend (ou nous rappelle, pour madame Tremblay qui le savait déjà) que l’attente pour les services de maintien à domicile des CLSC peut durer jusqu’à 8 mois. « Le cout net d’une place en CHSLD public pour une personne âgée varie de 42 000 $ à 71 000 $ par année », rapporte-t-on dans l’article
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Un couple pas comme les autres
Encouragés par le récit d’Emmanuelle et Nicolas, qui ont bravement osé parler de leur « parentalité » postmoderne dans Marie Claire, Simon et Marie-Hélène ont décidé eux aussi de sortir de l’ombre. Histoire rocambolesque d’un couple de marginaux qui défie toutes les normes en vigueur. Un témoignage troublant. Simon et Marie-Hélène* ont la mi-vingtaine. Elle finit un bac en histoire et lui est ouvrier depuis deux ans dans une usine de pièces d’autos. Ils se sont rencontrés dans une soirée de prière, à la paroisse, en mars 2011, puis se sont mariés l’été dernier. Marie-Hélène se rappelle encore la réaction de ses
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Le nouveau culte dominical
Le standard beauté des années 2010 n’est plus seulement dans la minceur, mais dans la musculature. On n’a qu’à ouvrir une revue de mode pour s’en rendre compte: un gilet-bedaine, ça se porte avec un six-pack bien découpé. Vous vous demandez comment atteindre cet idéal de la Caramilk abdominale? Un nouveau rituel vous aidera à y parvenir. On se figure que dans « le vieux Canada français » – tsé, celui de la Grande Noirceur? – plusieurs petits groupes de personnes se rendaient fidèlement à l’église, le dimanche matin, pour la messe. Un professeur m’a dit récemment qu’aujourd’hui, on avait évolué : la religion,
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Comme toi-même
Quand un émigré viendra s’installer chez toi, dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas ; cet émigré installé chez vous, vous le traiterez comme un indigène, comme l’un de vous ; tu l’aimeras comme toi-même… Lv 19, 20 L’épidémie d’agressions sexuelles en Allemagne a occulté une nouvelle moins stupéfiante, mais d’une portée peut-être plus grande encore, diffusée sur le site du Point, le 11 janvier dernier. À cette date, l’hebdomadaire nous apprenait qu’en Allemagne, « Lors de la première semaine de janvier, 22 000 demandeurs d’asile ont été enregistrés par les autorités [et que] les communes ne savent plus où les
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Claude-Henri Grignon, homme de gauche sans le savoir
Un texte de Charles-Valentin de la Roche-Jagu Il est clair pour moi qu’il a œuvré à l’intérieur d’un carcan, qu’il s’est autocensuré, même si l’essentiel est demeuré, soit l’idée de raconter son coin de pays. Honnêtement, j’ai moins le sentiment de le trahir que de lui rendre justice. – Gilles Desjardins, scénariste des Pays d’en-haut On se souvient de la campagne d’indignation qu’avait déclenchée Jean-François Nadeau, en mai dernier, à l’annonce d’un remake des Belles histoires des pays d’en-haut. Ce remake menaçait très sérieusement de détourner la mission de Radio-Canada, dernier rempart de la liberté de pensée, et de reconvertir la
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Adieu Pierre
Au Rendez-vous Centre-ville, centre communautaire dans le sous-sol de l’église Saint-Roch à Québec, l’atmosphère est chargée en émotions. Bien que résidente de Saint-Roch, je n’avais pourtant jamais mis les pieds dans ce lieu bondé de vie. Sans doute me suis-je arrêtée à la meute de fumeurs agglutinée qui bloque souvent l’entrée. C’est Pierre Bilodeau – dont on a appris le décès plus tôt cette semaine – qui m’y fait entrer la première fois pour m’accorder une entrevue. Sans le savoir, il m’a aidée à franchir la frontière psychologique omniprésente dans le quartier. Les gens aisés d’un côté et le monde
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L’aveuglement laïciste de Charlie
Il y a maintenant un an, une attaque terroriste d’une rare violence provoquait l’assassinat de sang froid des auteurs et caricaturistes du magazine satirique Charlie Hebdo. Bien que j’aie déjà exprimé mon opinion sur le problème que me pose le contenu de ce journal, il m’apparait important de revenir sur la page-couverture de l’édition soulignant ce triste anniversaire. Plusieurs l’ont vu, la caricature principale présente Dieu – prenant la fuite, kalache en bandoulière et tunique maculée de sang – comme le véritable responsable de l’attentat. Cette accusation mérite qu’on s’y attarde puisqu’elle est, selon moi, une des manifestations de notre
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La Maestà ou la découverte d’un cinéaste
Le film s’ouvre sur une image subdivisée qui défie complètement les proportions du cadre cinématographique traditionnel. L’œil perçoit d’abord ce qui semble être des peintures. Puis, de vrais acteurs entrent dans le tableau du centre : il s’agit de la scène de crucifixion de Jésus. Bienvenue dans l’impressionnant dernier film d’Andy Guérif! Alors que l’action continue, la caméra recule en zoom arrière (une introduction de 11 minutes en un faux plan-séquence!) pour laisser découvrir un polyptyque reprenant l’un des plus importants retables italiens de l’histoire de l’art, La Maestà de Duccio. Andy Guérif, artiste et cinéaste français, est diplômé de l’École
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Spaghetti, sauce à la vilénie
Plus tôt cette semaine, la presse nous apprenait, document officiel à l’appui, que la parodique « Église du Monstre en Spaghettis Volants » (ÉMSV), qui voue un simulacre de culte monothéiste à une grotesque divinité imaginaire, avait obtenu des autorités néozélandaises le droit de célébrer des mariages en toute légalité, repoussant ainsi les limites de la singerie irrévérencieuse qu’elle se plait à être. Au bénéfice de ceux que la Providence ineffable de Dieu aurait préservés jusqu’à ce jour de toute couverture médiatique du phénomène, il faut préciser que l’ÉMSV est une fantaisie sortie du cerveau facétieux d’un américain formé en physique, un
