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    Noël au temps du consumérisme

    À l’approche de Noël, c’est inévitable, quelques classiques ressurgissent: les chansons, les décorations… et les chroniques dans lesquelles on se demande ce que peut bien encore signifier la fête de Noël. Et avec raison. Que ce soit dans les décorations, ou même dans le langage ordinaire – en fait foi l’expression désormais consacrée « joyeuses fêtes » – il semble que l’aspect religieux de cette fête est de plus en plus évacué au profit d’un sens commercial. Il est même devenu banal, aujourd’hui, de dire que, pour beaucoup, Noël est d’abord et avant tout une fête de la consommation: donner des cadeaux,

  • Semer l’espérance

    La Fraternité Saint-Alphonse, à Beauport, accueille et héberge des alcooliques et toxicomanes depuis plus de 20 ans. Le journaliste Jeffrey Déragon a rencontré le père André Morency qui y œuvre quotidiennement.

  • L'hiver à Montréal (Fotolia)L'hiver à Montréal (Fotolia)

    Quelle identité?

    Cette semaine, j’ai écouté le documentaire de Bernard Derome intitulé « Crise d’identité » et dans lequel il tente, selon le synopsis, de répondre à la question suivante : L’identité québécoise, composée d’une histoire, d’une langue et d’une culture distinctes, signifie-t-elle encore quelque chose en 2015? Bien que l’adage selon lequel « poser la question c’est y répondre » m’indiquait que les dés étaient pipés avant même que j’aie regardé le film, je me suis dit que le visionnement en vaudrait la peine, à tout le moins pour l’écriture de la critique que voici, souhaitant qu’elle serve éventuellement d’antidote. Le sujet m’intéressant à priori, j’étais

  • Le thermostat, la COP21 et les échalotes

    Dans notre vieille bicoque bicentenaire, l’hiver traverse les murs. Ma femme, goutte au nez et orteils bleus, me dit parfois : « est-ce qu’on se paie un ou deux degrés? ». Ça veut dire, grosso modo : le chauffage nous ruine déjà, mais pour ce soir, on se sent un peu foufous, on fait spécial, on crinque le thermostat à 22. En pater familias bienveillant, et soucieux d’éviter la pneumonie à nos héritiers, j’accepte volontiers. Alors, c’est la fête pendant quelques heures. Et le confort nous endort… jusqu’au réveil brutal de la réception du « bill d’Hydro ». *** Paris, Conférence sur le climat. Aujourd’hui, peut-être

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    Jeter de l’eau sur la braise

    – Madame, on va vous changer de bord, d’accord? L’infirmière fait signe de se tasser à la jeune fille accroupie à la tête du lit. Elle fait un signe pour s’écarter, mais sa grand-maman mourante ne lui lâche pas la main. – Je vais revenir, je ne pars pas… Ils vont juste te changer de bord. Je reste ici. Ne t’en fais pas. Ses yeux sont fermés : ils ne parlent plus. Son visage est à ce moment tendu : c’est avec lui qu’elle s’exprime. Tout ce que son corps absorbe, c’est ce qui endort sa douleur. Mais rien n’endort celle de la

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    Vatican II – histoire d’un concile

    À l’occasion du 50e anniversaire de la clôture du concile Vatican II (1962-1965), Le Verbe vous présente un résumé des premiers chapitres de l’ouvrage de Philippe Chenaux intitulé Le temps de Vatican II. Introduction à l’histoire du Concile*, où sont rappelés les étapes préparatoires et le déroulement session par session de ce que Charles de Gaulle considérait comme « l’évènement le plus important du XXe siècle. » L’ouvrage débute par une description du climat ecclésial qui prévalait à Rome et dans la catholicité en général avant l’élection de Jean XXIII. L’Église était alors soumise à deux influences ou dynamiques spirituelles majeures, soit

  • Identité et puissance des médias

    Comment devient-on soi-même ? Quelles sont les réalités qui jouent un rôle important dans la formation de notre identité ? La réflexion sur ces deux questions est au centre du nouveau roman d’Antony Doerr (prix Pulitzer 2015): Toute la lumière que nous ne pouvons voir (All the Light We Cannot See). Ce livre s’ouvre sur deux citations. La première est celle de Philip Beck : lors de la libération de la France en Août 1944, la ville de Saint-Malo gardera seulement 182 de ses 865 bâtiments intramuros. La deuxième citation n’est rien d’autre que la phrase du ministre de la propagande du

  • Sculpture : Louis-Philippe Hébert / Photo : Jeangagnon (wikimedia - CC)Sculpture : Louis-Philippe Hébert / Photo : Jeangagnon (wikimedia - CC)

    Jeanne Mance, féministe béatifiée?

    On apprenait en septembre dernier que Jeanne Mance, cofondatrice de Montréal, était en route pour la béatification, et ce «juste à temps» pour les fêtes du 375e de la fondation de la métropole. Si, du côté catholique, on se réjouit d’une telle nouvelle, la Ville de Montréal, elle, ne semble ni préoccupée par l’histoire de sa fondation, ni par le caractère français qui est censé être le sien. Montréal, deuxième plus grande ville française au monde après Paris ? Depuis plusieurs années, ce n’est plus le cas! On voit venir les gestionnaires et autres agents de programmes festifs de la Ville

  • Le sexe, du bout des doigts

    J’ai été chaviré par le documentaire de Sophie Lambert, diffusé à Télé-Québec cette semaine (deux volets déjà en ligne ici). Comment un portrait aussi triste peut-il susciter en moi autant d’espérance? Voici 5 pistes de réflexion autour de L’amour au temps du numérique. Si c’est loin d’être la première fois qu’on traite de la sexualité des jeunes dans un film québécois, L’amour au temps du numérique aborde la question comme jamais auparavant. Puis, rarement on a vu une réalisatrice réussir à s’approcher autant de ses sujets (parfois un peu trop), jusqu’à leur faire oublier la caméra. Juste pour ça, ça

  • notre sœur la mortnotre sœur la mort

    Notre sœur la mort

    La Rochefoucauld disait que « ni le soleil, ni la mort ne se peuvent regarder fixement ». Pourtant, alors que le mois des morts vient de se terminer, dans les médias on parle abondamment de la mort ces dernières années. On n’a qu’à penser à la « Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité », ou encore au récent jugement de la Cour suprême du Canada demandant l’accès à l’euthanasie. Malgré les apparences, je crois que La Rochefoucauld a raison. Aujourd’hui, dans nos sociétés modernes et sécularisées suivant les nouveaux dogmes laïques, la mort ne représente plus rien : que la fin,

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    Quelques mots après Paris…

    Un texte de Laurent Penot Difficile d’écrire sur ce sujet, et en même temps c’est impossible de ne pas en dire un mot sur ce site. Ce sera très partiel, partial, personnel. Quelques jours à peine après la célébration du Christ Roi de l’univers, le scandale est encore plus grand. À moins que la nouvelle ne s’épuise dans une chasse aux sorcières infiltrées en Occident, ou une prétention à nettoyer le monde de ces « parasites »… Comment ce Dieu qui se révèle en Jésus Christ peut-Il permettre ça? Il semble que notre capacité d’indignation s’accroît avec notre capacité à nous identifier

  • La frustration de l’impuissance

    Lorsque je prends connaissance des horreurs commises par l’État islamique, je ressens un désir impérieux d’agir afin d’y mettre fin. Les égorgements filmés en série, l’esclavage sexuel normalisé par la théologie et la destruction d’un patrimoine historique millénaire font partie des crimes auxquels cette déviation de l’islam nous habitue. Les attentats du 13 novembre à Paris ont exacerbé ce désir d’action. L’immoralité de l’État islamique est telle que même Al-Qaïda le dénonce. Aussi légitime soit-il, je me demande s’il est sage de se laisser guider par un tel désir d’action. Au courant des derniers mois, j’ai plaidé avec ferveur pour

  • Le silence

    Deux semaines. Même pas quinze jours et déjà, on n’en parle pas de la même manière qu’au début. Et dans 15 jours, on n’en parlera peut-être plus du tout. Même si on ne peut pas dire que c’était une immense surprise (Brague, de Montbrial), les attentats de Paris ont violemment secoué l’Occident. Dans le tourbillon médiaticopolitique des jours suivants, nous avons assisté au triste spectacle de la haine et de la simplification. Certes, ces innombrables coups de gueule de nos prêcheurs modernes et autres faiseurs d’opinions nous ont privés du silence et de la distance nécessaires à la saine réflexion.

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    La loi, l’Occident et l’islam

    Le 18 novembre dernier, quelques jours seulement après les attentats de Paris, le philosophe français Rémi Brague (1) s’est déplacé à Montréal pour y donner une conférence intitulée Three Foundations of Law (2). Le Verbe a assisté pour vous à cet évènement. Provenant de Paris, il n’aura mentionné les récents attentats qu’à la toute fin de son allocution (3). Or il n’avait pas besoin de le faire. Tout le propos que le professeur Brague venait de développer pouvait aider à comprendre cette tragédie, qui ne serait pas tant l’histoire d’une confrontation entre les « valeurs » de l’Occident et la « barbarie » d’un

  • Photo: Églises à Beauport, Québec (Fotolia)Photo: Églises à Beauport, Québec (Fotolia)

    Les grands vents de novembre

    Souviens-toi de ma misère et de mon angoisse : c’est absinthe et fiel! Elle s’en souvient, elle s’en souvient, mon âme, et elle s’effondre en moi (Lm 3, 19-20). Le 8 novembre dernier, un article de La Presse + consacré au « discours inspirant » que le cinéaste Bernard Émond a prononcé au Forum sur le patrimoine religieux nous rappelait cette statistique : tous les dix jours, depuis 12 ans, une église disparait du paysage québécois. Notre peuple a donc bazardé ou démoli 432 églises depuis 2003. Si, en tant que chrétien, vous avez comme priorité de maintenir debout l’optimisme, quitte à ce qu’il

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    Les croyants et le bénévolat

    Par Daniel Guérin, Ph.D. Contrairement à ce qu’avance une récente étude publiée par Le Monde, les croyants du monde entier contribuent au mieux-être de leur société d’appartenance par leur intense engagement social. En ces années où le terrorisme à connotation religieuse fait la manchette régulièrement dans les médias du monde entier, plusieurs remettent en question le phénomène religieux lui-même, qui serait selon eux une source de divisions et de conflits dans nos sociétés plutôt qu’une source de paix et de concorde comme il devrait l’être normalement. Il est toutefois important de distinguer le phénomène religieux dans son ensemble, de son

  • La liberté selon René Girard

    Le 4 novembre dernier, le philosophe René Girard s’éteignait à l’âge de 91 ans. Ce professeur de l’université Stanford en Californie, membre de l’Académie française, aura certainement eu une influence importante pendant toute sa carrière. Toutefois, je crois que cette influence ne fait que commencer. Je ne suis pas un spécialiste de la pensée de Girard. Cependant, par pure coïncidence, j’ai lu un de ses livres pas plus tard que l’été dernier. Dans ce livre qui s’intitule « Le Bouc émissaire », il répond à plusieurs critiques de sa grande thèse sur les processus sacrificiels. J’y ai découvert un philosophe

  • Photo: Facebook/Théâtre La BordéePhoto: Facebook/Théâtre La Bordée

    Trainspotting ou le vide existentiel

    Un texte de Stefany Paulin-Gagné La pièce s’ouvre sur le récit d’une anecdote de marde, au sens propre (!), une vraie histoire d’excréments. Le personnage principal se réveille chez son ex-copine, s’étant vidé de toutes les façons inimaginables dans son lit, dues à un mélange de drogues multiples et ce pendant son sommeil. Il descend avec les draps les plus souillés du monde, en vue de s’éclipser les laver, mais oh c’est le brunch familial du dimanche, chez son ex-copine. L’adaptation en québécois nous offre quelques fois un spectacle décalé, entre drapeau du UK et sacres en joual québécois, on retrouve

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    À la défense des maisons bien remplies

    Le journal Le Soleil d’hier publiait un « Manifeste pour une maison libre », témoignage d’un homme vivant dans un grand loft vide au cœur du Vieux-Québec – archétype de l’homme postmoderne, dont la liberté déliée peut bien plaire à nos médias et nos élites. L’homme explique comment sa simplicité volontaire – au reste assez sélective et bourgeoise – a affecté son mode de vie et l’aménagement de son logement. Il n’a pas de four, ni de frigo; il dort sur un matelas gonflable; un morceau de bois et quelques coussins lui font office de table et de chaises. Mais il fait

  • Un jeune garçon syrien, dans un camp de fortune près d'une station d'autobus à Belgrade, Serbie (Fotolia)Un jeune garçon syrien, dans un camp de fortune près d'une station d'autobus à Belgrade, Serbie (Fotolia)

    Le cri qui vient d’Orient

    Du coup de fouet dans le dos je sens la morsure / De ma sueur dans les yeux je sens la brulure / Élohim, Dieu du ciel : entends-tu, ton peuple appelle! Ce vibrant appel d’une chanson d’un film pour enfants a provoqué chez moi un certain trouble. Bien assise et confortablement installée devant mon ordinateur, à réfléchir à des questions passablement théoriques et « élevées », j’ai ressenti une certaine honte, un certain malaise. Cependant, c’est en entendant ce cri déchirant que je me suis sentie retournée. Cet appel, Hans Zimmer l’a mis dans la bouche des esclaves hébreux dans le film

  • Scoop : les cathos sont pas toujours fins

    Une récente recherche scientifique révèle que les enfants de familles croyantes sont moins altruistes que ceux provenant de familles athées. Non seulement nous ne sommes pas surpris de ces conclusions, mais nous nous en réjouissons! Onde de choc. Consternation. Alors que tout le monde, depuis des lustres, pensait que nous étions parfaits, il semblerait que non. Alors que certains d’entre nous, les « bons catholiques », s’étaient même autocanonisés ante-mortem, c’était un leurre. Vous pensez encore que votre voisin (oui-oui, ce Ned Flanders qui va à la messe chaque dimanche) est un saint? Méfiez-vous. Une enquête scientifique, gentiment critiquée ici, récemment mise

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    Il faut être absolument chrétien

    Au terme de sa saison en enfer, dans son poème Adieu, se trouvant face à l’automne qui s’avance, et appréhendant la venue du confortable hiver, Arthur Rimbaud s’exclame : « Il faut être absolument moderne ». Sentence que bien des gens ont prise, à tord et à travers, pour slogan, et dont je ne peux me targuer d’en comprendre vraiment le sens. Mais j’en ai du moins tiré ici une inspiration. En ce jour de la Toussaint, me retrouvant face à la bienheureuse assemblée céleste, cette myriade de myriades toute de blanc drapée, formée de ceux qui viennent de la grande

  • Comment diluer de l’essence

    C’est bien connu, l’être en tant qu’être alimente les passions dans les cafés étudiants des facultés de philo autant que l’essence du Canada a fait carburer les conservateurs depuis 10 ans. Mais le brut canadien, une fois le baril dégonflé, a un peu de tar sands dans l’engrenage. Et en ce qui concerne l’essence du pays, c’est-à-dire ce qu’il est en tant que pays étant, j’ai dû être distrait : même avec 78 longues journées de campagne, je n’ai rien entendu sur le sujet. Entre calinours et psychorigides Plus de deux mois à se faire promettre « plus d’argent dans nos poches ». Mais

  • Bibliothèque du Parlement, Ottawa (Fotolia)Bibliothèque du Parlement, Ottawa (Fotolia)

    La souplesse des identités partisanes

    Cette campagne électorale, d’une longueur inégalée, a certainement permis à tous les Canadiens de se faire une idée du type de gouvernement qu’ils désiraient. Il y a quelques semaines, la Conférence des évêques catholiques du Canada publiait un guide pour aider les citoyens catholiques à voter en conformité avec les exigences de la charité dans notre monde d’aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, ce changement de garde sur la Colline nous suggère une certaine santé démocratique. L’élection derrière nous, il serait désolant de considérer notre devoir accompli. En effet, la politique demande une implication et un souci constants. Que ce soit

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