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Amour divin / amour humain
L’amour divin et l’amour humain. Voilà le sujet que nous propose d’emblée Natalie Azoulai dans Titus n’aimait pas Bérénice, publié aux éditions P.O.L. Ce roman nous raconte l’histoire d’une jeune femme abandonnée par son amant; histoire d’un amour brisé. Pour présenter ce sujet d’un amour délicat et passionnant à la fois, l’auteure nous invite à revisiter l’œuvre de Jean Racine, célèbre dramaturge du 17e siècle. Ses pièces de théâtre ont en commun le fait de mettre en scène la tragédie accompagnant toujours l’amour entre les hommes et les femmes. Cela semble être la préoccupation majeure de Racine. On ne meurt pas
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L’homme derrière la légende
L’honorable Paul Comtois (1895-1966). [Article publié dans le numéro de février-mars 2016 de la revue Le Verbe.] 21 février 1966, vers minuit. Le ciel est dégagé. Les étoiles, comme des glaçons scintillants, tapissent la voute céleste. Le thermomètre indique -26 °C. Tout est calme à la villa du Bois-de-Coulonge, la résidence officielle des lieutenants-gouverneurs du Québec. Le 21e lieutenant-gouverneur, l’honorable Paul Comtois, sa femme, ses enfants ainsi que leurs invités dorment dans leur chambre respective. Puis soudain, les flammes bondissent sur les murs en bois de l’antique demeure. Les invités, M. et Mme Mac Stearns, s’en sortent sans blessures. Avec l’aide du gardien de nuit,
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Léon Bloy: sur les traces de l’Invisible
Léon Bloy est né en 1846 et est mort il y a un peu plus d’un siècle, en 1917. Ces dates ne sont pas tout à fait anodines. La première correspond à l’année de l’apparition de la Vierge à La Salette; la seconde marque l’année des trois secrets de Fátima. Entre ces deux évènements à caractère apocalyptique, une vie passée à attendre l’Apocalypse et à en guetter les signes. Il n’y a que des symboles La coïncidence a de quoi surprendre. D’autant plus qu’elle se rapporte à un homme qui ne croyait pas au hasard – ce « nom moderne du
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Je ressens, donc #JeSuis
Lors des divers évènements tragiques ayant eu lieu l’année dernière, un nouveau mode d’expression de la sympathie fut de signifier au monde entier que #NousSommes ceci ou cela: #JeSuisCharlie, #JeSuisParis, #JeSuisMalien, etc. En guise de solidarité envers les victimes, les réseaux sociaux s’enflammaient en quelques minutes seulement à la suite d’un attentat terroriste, d’une attaque, d’une catastrophe naturelle. Depuis lors, le célèbre cogito, ergo sum de Descartes semble remanié à la saveur de notre siècle épidermique: sentio, ergo sum; je sens, donc je suis. Les émotions sont aussi intenses qu’éphémères. Jusqu’au prochain massacre. Le bémol avec les dièses Je ne fustige pas
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L’ADN de Dieu
Un texte d’Édouard Malenfant Il ne se passe pas une semaine sans qu’un nouvel ouvrage n’apparaisse en librairie avec le nom de François ou sa photo en page couverture. Cette fois-ci, avec Le nom de Dieu est miséricorde, la formule est un peu différente puisqu’on a regroupé dans une première section du livre une conversation avec le Pape François menée par le journaliste de la Stampa, Andrea Tornielli (1). Dès les premiers échanges, on saisit bien que, pour François, la Miséricorde n’est pas un thème de plus à promouvoir. Il ne s’agit pas non plus d’un concept creux avec lequel
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Cheyenne Carron et les (nouveaux) tabous dans l’art
Ce qui est super avec l’avènement d’Internet, c’est que les œuvres circulent comme jamais auparavant. Plusieurs artistes talentueux ont pu se faire connaitre grâce à ce média. On n’a qu’à penser à la chanteuse britannique Adele, par exemple… ou à Cheyenne Carron. Son nom vous dit quelque chose ? Peut-être pas encore. C’est une cinéaste française autodidacte. Elle a une foi assumée et fait des films tout à fait étonnants sans l’appui du système. Après l’avoir découverte à l’été 2014 et entrepris une correspondance avec elle, j’ai rédigé un texte sur son excellent film l’Apôtre pour la revue de cinéma
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Sexplora la conformiste
Vous avez écouté la grand-messe dominicale de Tout le monde en parle (remarquez que je ne publie pas l’hyperlien de l’émission…), faisant l’éloge des chirurgies de changement de sexe pour enfants et de la soft-porn financée par l’État? Moi non plus. J’étais trop occupé à plier du linge en regardant les premiers épisodes de Like-moi. En fait, pour être franc, je n’ai réussi qu’à plier deux serviettes pendant que mon épouse-ex-employée-du-mois-chez-Simons pliait trois paniers bien tassés de caches-couches et de chaussettes dépareillées. Like-moi, antidote à TLMEP? Mais revenons-en à Like-moi. Outre l’excellent thème musical rétro « Ça fait boom boom pow »
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Une croyante peut-elle étudier les sciences humaines?
J’assistais récemment à la première séance du cinquième cours de méthodologie que je fais depuis mon entrée au Cégep. Je ne sais pas si c’est parce qu’on remet souvent en question la scientificité des sciences humaines qu’elles ressentent autant le besoin de s’attarder sur la méthodologie de leurs recherches. Six années d’études plus tard, me voici à la maitrise et j’ai pourtant l’impression qu’on me sert la même soupe réchauffée: méthode scientifique, étude systématique, empirisme, positivisme, démarche hypothéticodéductive, etc. Ceci n’est pas une science Toujours est-il qu’on m’a encore expliqué ce qu’est la science et, surtout, ce qu’elle n’est pas.
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Heureux d’un printemps
Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver. C’est vrai pour cette saison interminable, c’est surtout vrai pour l’univers médiatique québécois. Mais dernièrement, on a le bonheur de sentir les bonnes odeurs du printemps. Depuis plusieurs années, c’était vraiment l’hiver ici. Il n’était plus possible de regarder les chaines qui, auparavant, faisaient l’unanimité dans la populace, autant au niveau radiophonique que télévisuelle. Il y a huit ans, nous avons même décidé, sponsalement parlant, de débrancher la télé. Elle est là, certes, mais simplement pour le cinéma maison et internet. L’hiver de force Les journaux? Même chose. À part quelques
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La mort tout de suite, un bain plus tard
Moins long d’obtenir une injection létale qu’un bain? Il semble qu’au Québec, de nos jours, ce soit le cas. Le premier ministre Couillard avait annoncé en campagne électorale qu’il ferait des soins à domicile (SAD) une des priorités en santé de son gouvernement. Moins de deux ans plus tard, un reportage nous apprend (ou nous rappelle, pour madame Tremblay qui le savait déjà) que l’attente pour les services de maintien à domicile des CLSC peut durer jusqu’à 8 mois. « Le cout net d’une place en CHSLD public pour une personne âgée varie de 42 000 $ à 71 000 $ par année », rapporte-t-on dans l’article
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Un couple pas comme les autres
Encouragés par le récit d’Emmanuelle et Nicolas, qui ont bravement osé parler de leur « parentalité » postmoderne dans Marie Claire, Simon et Marie-Hélène ont décidé eux aussi de sortir de l’ombre. Histoire rocambolesque d’un couple de marginaux qui défie toutes les normes en vigueur. Un témoignage troublant. Simon et Marie-Hélène* ont la mi-vingtaine. Elle finit un bac en histoire et lui est ouvrier depuis deux ans dans une usine de pièces d’autos. Ils se sont rencontrés dans une soirée de prière, à la paroisse, en mars 2011, puis se sont mariés l’été dernier. Marie-Hélène se rappelle encore la réaction de ses
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Le nouveau culte dominical
Le standard beauté des années 2010 n’est plus seulement dans la minceur, mais dans la musculature. On n’a qu’à ouvrir une revue de mode pour s’en rendre compte: un gilet-bedaine, ça se porte avec un six-pack bien découpé. Vous vous demandez comment atteindre cet idéal de la Caramilk abdominale? Un nouveau rituel vous aidera à y parvenir. On se figure que dans « le vieux Canada français » – tsé, celui de la Grande Noirceur? – plusieurs petits groupes de personnes se rendaient fidèlement à l’église, le dimanche matin, pour la messe. Un professeur m’a dit récemment qu’aujourd’hui, on avait évolué : la religion,
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Comme toi-même
Quand un émigré viendra s’installer chez toi, dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas ; cet émigré installé chez vous, vous le traiterez comme un indigène, comme l’un de vous ; tu l’aimeras comme toi-même… Lv 19, 20 L’épidémie d’agressions sexuelles en Allemagne a occulté une nouvelle moins stupéfiante, mais d’une portée peut-être plus grande encore, diffusée sur le site du Point, le 11 janvier dernier. À cette date, l’hebdomadaire nous apprenait qu’en Allemagne, « Lors de la première semaine de janvier, 22 000 demandeurs d’asile ont été enregistrés par les autorités [et que] les communes ne savent plus où les
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Claude-Henri Grignon, homme de gauche sans le savoir
Un texte de Charles-Valentin de la Roche-Jagu Il est clair pour moi qu’il a œuvré à l’intérieur d’un carcan, qu’il s’est autocensuré, même si l’essentiel est demeuré, soit l’idée de raconter son coin de pays. Honnêtement, j’ai moins le sentiment de le trahir que de lui rendre justice. – Gilles Desjardins, scénariste des Pays d’en-haut On se souvient de la campagne d’indignation qu’avait déclenchée Jean-François Nadeau, en mai dernier, à l’annonce d’un remake des Belles histoires des pays d’en-haut. Ce remake menaçait très sérieusement de détourner la mission de Radio-Canada, dernier rempart de la liberté de pensée, et de reconvertir la
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Adieu Pierre
Au Rendez-vous Centre-ville, centre communautaire dans le sous-sol de l’église Saint-Roch à Québec, l’atmosphère est chargée en émotions. Bien que résidente de Saint-Roch, je n’avais pourtant jamais mis les pieds dans ce lieu bondé de vie. Sans doute me suis-je arrêtée à la meute de fumeurs agglutinée qui bloque souvent l’entrée. C’est Pierre Bilodeau – dont on a appris le décès plus tôt cette semaine – qui m’y fait entrer la première fois pour m’accorder une entrevue. Sans le savoir, il m’a aidée à franchir la frontière psychologique omniprésente dans le quartier. Les gens aisés d’un côté et le monde
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L’aveuglement laïciste de Charlie
Il y a maintenant un an, une attaque terroriste d’une rare violence provoquait l’assassinat de sang froid des auteurs et caricaturistes du magazine satirique Charlie Hebdo. Bien que j’aie déjà exprimé mon opinion sur le problème que me pose le contenu de ce journal, il m’apparait important de revenir sur la page-couverture de l’édition soulignant ce triste anniversaire. Plusieurs l’ont vu, la caricature principale présente Dieu – prenant la fuite, kalache en bandoulière et tunique maculée de sang – comme le véritable responsable de l’attentat. Cette accusation mérite qu’on s’y attarde puisqu’elle est, selon moi, une des manifestations de notre
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La Maestà ou la découverte d’un cinéaste
Le film s’ouvre sur une image subdivisée qui défie complètement les proportions du cadre cinématographique traditionnel. L’œil perçoit d’abord ce qui semble être des peintures. Puis, de vrais acteurs entrent dans le tableau du centre : il s’agit de la scène de crucifixion de Jésus. Bienvenue dans l’impressionnant dernier film d’Andy Guérif! Alors que l’action continue, la caméra recule en zoom arrière (une introduction de 11 minutes en un faux plan-séquence!) pour laisser découvrir un polyptyque reprenant l’un des plus importants retables italiens de l’histoire de l’art, La Maestà de Duccio. Andy Guérif, artiste et cinéaste français, est diplômé de l’École
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Spaghetti, sauce à la vilénie
Plus tôt cette semaine, la presse nous apprenait, document officiel à l’appui, que la parodique « Église du Monstre en Spaghettis Volants » (ÉMSV), qui voue un simulacre de culte monothéiste à une grotesque divinité imaginaire, avait obtenu des autorités néozélandaises le droit de célébrer des mariages en toute légalité, repoussant ainsi les limites de la singerie irrévérencieuse qu’elle se plait à être. Au bénéfice de ceux que la Providence ineffable de Dieu aurait préservés jusqu’à ce jour de toute couverture médiatique du phénomène, il faut préciser que l’ÉMSV est une fantaisie sortie du cerveau facétieux d’un américain formé en physique, un
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Noël au temps du consumérisme
À l’approche de Noël, c’est inévitable, quelques classiques ressurgissent: les chansons, les décorations… et les chroniques dans lesquelles on se demande ce que peut bien encore signifier la fête de Noël. Et avec raison. Que ce soit dans les décorations, ou même dans le langage ordinaire – en fait foi l’expression désormais consacrée « joyeuses fêtes » – il semble que l’aspect religieux de cette fête est de plus en plus évacué au profit d’un sens commercial. Il est même devenu banal, aujourd’hui, de dire que, pour beaucoup, Noël est d’abord et avant tout une fête de la consommation: donner des cadeaux,
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Semer l’espérance
La Fraternité Saint-Alphonse, à Beauport, accueille et héberge des alcooliques et toxicomanes depuis plus de 20 ans. Le journaliste Jeffrey Déragon a rencontré le père André Morency qui y œuvre quotidiennement.
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Quelle identité?
Cette semaine, j’ai écouté le documentaire de Bernard Derome intitulé « Crise d’identité » et dans lequel il tente, selon le synopsis, de répondre à la question suivante : L’identité québécoise, composée d’une histoire, d’une langue et d’une culture distinctes, signifie-t-elle encore quelque chose en 2015? Bien que l’adage selon lequel « poser la question c’est y répondre » m’indiquait que les dés étaient pipés avant même que j’aie regardé le film, je me suis dit que le visionnement en vaudrait la peine, à tout le moins pour l’écriture de la critique que voici, souhaitant qu’elle serve éventuellement d’antidote. Le sujet m’intéressant à priori, j’étais
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Le thermostat, la COP21 et les échalotes
Dans notre vieille bicoque bicentenaire, l’hiver traverse les murs. Ma femme, goutte au nez et orteils bleus, me dit parfois : « est-ce qu’on se paie un ou deux degrés? ». Ça veut dire, grosso modo : le chauffage nous ruine déjà, mais pour ce soir, on se sent un peu foufous, on fait spécial, on crinque le thermostat à 22. En pater familias bienveillant, et soucieux d’éviter la pneumonie à nos héritiers, j’accepte volontiers. Alors, c’est la fête pendant quelques heures. Et le confort nous endort… jusqu’au réveil brutal de la réception du « bill d’Hydro ». *** Paris, Conférence sur le climat. Aujourd’hui, peut-être
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Jeter de l’eau sur la braise
– Madame, on va vous changer de bord, d’accord? L’infirmière fait signe de se tasser à la jeune fille accroupie à la tête du lit. Elle fait un signe pour s’écarter, mais sa grand-maman mourante ne lui lâche pas la main. – Je vais revenir, je ne pars pas… Ils vont juste te changer de bord. Je reste ici. Ne t’en fais pas. Ses yeux sont fermés : ils ne parlent plus. Son visage est à ce moment tendu : c’est avec lui qu’elle s’exprime. Tout ce que son corps absorbe, c’est ce qui endort sa douleur. Mais rien n’endort celle de la
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Vatican II – histoire d’un concile
À l’occasion du 50e anniversaire de la clôture du concile Vatican II (1962-1965), Le Verbe vous présente un résumé des premiers chapitres de l’ouvrage de Philippe Chenaux intitulé Le temps de Vatican II. Introduction à l’histoire du Concile*, où sont rappelés les étapes préparatoires et le déroulement session par session de ce que Charles de Gaulle considérait comme « l’évènement le plus important du XXe siècle. » L’ouvrage débute par une description du climat ecclésial qui prévalait à Rome et dans la catholicité en général avant l’élection de Jean XXIII. L’Église était alors soumise à deux influences ou dynamiques spirituelles majeures, soit
