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Identité et puissance des médias
Comment devient-on soi-même ? Quelles sont les réalités qui jouent un rôle important dans la formation de notre identité ? La réflexion sur ces deux questions est au centre du nouveau roman d’Antony Doerr (prix Pulitzer 2015): Toute la lumière que nous ne pouvons voir (All the Light We Cannot See). Ce livre s’ouvre sur deux citations. La première est celle de Philip Beck : lors de la libération de la France en Août 1944, la ville de Saint-Malo gardera seulement 182 de ses 865 bâtiments intramuros. La deuxième citation n’est rien d’autre que la phrase du ministre de la propagande du
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Jeanne Mance, féministe béatifiée?
On apprenait en septembre dernier que Jeanne Mance, cofondatrice de Montréal, était en route pour la béatification, et ce «juste à temps» pour les fêtes du 375e de la fondation de la métropole. Si, du côté catholique, on se réjouit d’une telle nouvelle, la Ville de Montréal, elle, ne semble ni préoccupée par l’histoire de sa fondation, ni par le caractère français qui est censé être le sien. Montréal, deuxième plus grande ville française au monde après Paris ? Depuis plusieurs années, ce n’est plus le cas! On voit venir les gestionnaires et autres agents de programmes festifs de la Ville
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Le sexe, du bout des doigts
J’ai été chaviré par le documentaire de Sophie Lambert, diffusé à Télé-Québec cette semaine (deux volets déjà en ligne ici). Comment un portrait aussi triste peut-il susciter en moi autant d’espérance? Voici 5 pistes de réflexion autour de L’amour au temps du numérique. Si c’est loin d’être la première fois qu’on traite de la sexualité des jeunes dans un film québécois, L’amour au temps du numérique aborde la question comme jamais auparavant. Puis, rarement on a vu une réalisatrice réussir à s’approcher autant de ses sujets (parfois un peu trop), jusqu’à leur faire oublier la caméra. Juste pour ça, ça
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Notre sœur la mort
La Rochefoucauld disait que « ni le soleil, ni la mort ne se peuvent regarder fixement ». Pourtant, alors que le mois des morts vient de se terminer, dans les médias on parle abondamment de la mort ces dernières années. On n’a qu’à penser à la « Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité », ou encore au récent jugement de la Cour suprême du Canada demandant l’accès à l’euthanasie. Malgré les apparences, je crois que La Rochefoucauld a raison. Aujourd’hui, dans nos sociétés modernes et sécularisées suivant les nouveaux dogmes laïques, la mort ne représente plus rien : que la fin,
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Quelques mots après Paris…
Un texte de Laurent Penot Difficile d’écrire sur ce sujet, et en même temps c’est impossible de ne pas en dire un mot sur ce site. Ce sera très partiel, partial, personnel. Quelques jours à peine après la célébration du Christ Roi de l’univers, le scandale est encore plus grand. À moins que la nouvelle ne s’épuise dans une chasse aux sorcières infiltrées en Occident, ou une prétention à nettoyer le monde de ces « parasites »… Comment ce Dieu qui se révèle en Jésus Christ peut-Il permettre ça? Il semble que notre capacité d’indignation s’accroît avec notre capacité à nous identifier
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La frustration de l’impuissance
Lorsque je prends connaissance des horreurs commises par l’État islamique, je ressens un désir impérieux d’agir afin d’y mettre fin. Les égorgements filmés en série, l’esclavage sexuel normalisé par la théologie et la destruction d’un patrimoine historique millénaire font partie des crimes auxquels cette déviation de l’islam nous habitue. Les attentats du 13 novembre à Paris ont exacerbé ce désir d’action. L’immoralité de l’État islamique est telle que même Al-Qaïda le dénonce. Aussi légitime soit-il, je me demande s’il est sage de se laisser guider par un tel désir d’action. Au courant des derniers mois, j’ai plaidé avec ferveur pour
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Le silence
Deux semaines. Même pas quinze jours et déjà, on n’en parle pas de la même manière qu’au début. Et dans 15 jours, on n’en parlera peut-être plus du tout. Même si on ne peut pas dire que c’était une immense surprise (Brague, de Montbrial), les attentats de Paris ont violemment secoué l’Occident. Dans le tourbillon médiaticopolitique des jours suivants, nous avons assisté au triste spectacle de la haine et de la simplification. Certes, ces innombrables coups de gueule de nos prêcheurs modernes et autres faiseurs d’opinions nous ont privés du silence et de la distance nécessaires à la saine réflexion.
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La loi, l’Occident et l’islam
Le 18 novembre dernier, quelques jours seulement après les attentats de Paris, le philosophe français Rémi Brague (1) s’est déplacé à Montréal pour y donner une conférence intitulée Three Foundations of Law (2). Le Verbe a assisté pour vous à cet évènement. Provenant de Paris, il n’aura mentionné les récents attentats qu’à la toute fin de son allocution (3). Or il n’avait pas besoin de le faire. Tout le propos que le professeur Brague venait de développer pouvait aider à comprendre cette tragédie, qui ne serait pas tant l’histoire d’une confrontation entre les « valeurs » de l’Occident et la « barbarie » d’un
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Les grands vents de novembre
Souviens-toi de ma misère et de mon angoisse : c’est absinthe et fiel! Elle s’en souvient, elle s’en souvient, mon âme, et elle s’effondre en moi (Lm 3, 19-20). Le 8 novembre dernier, un article de La Presse + consacré au « discours inspirant » que le cinéaste Bernard Émond a prononcé au Forum sur le patrimoine religieux nous rappelait cette statistique : tous les dix jours, depuis 12 ans, une église disparait du paysage québécois. Notre peuple a donc bazardé ou démoli 432 églises depuis 2003. Si, en tant que chrétien, vous avez comme priorité de maintenir debout l’optimisme, quitte à ce qu’il
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Les croyants et le bénévolat
Par Daniel Guérin, Ph.D. Contrairement à ce qu’avance une récente étude publiée par Le Monde, les croyants du monde entier contribuent au mieux-être de leur société d’appartenance par leur intense engagement social. En ces années où le terrorisme à connotation religieuse fait la manchette régulièrement dans les médias du monde entier, plusieurs remettent en question le phénomène religieux lui-même, qui serait selon eux une source de divisions et de conflits dans nos sociétés plutôt qu’une source de paix et de concorde comme il devrait l’être normalement. Il est toutefois important de distinguer le phénomène religieux dans son ensemble, de son
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La liberté selon René Girard
Le 4 novembre dernier, le philosophe René Girard s’éteignait à l’âge de 91 ans. Ce professeur de l’université Stanford en Californie, membre de l’Académie française, aura certainement eu une influence importante pendant toute sa carrière. Toutefois, je crois que cette influence ne fait que commencer. Je ne suis pas un spécialiste de la pensée de Girard. Cependant, par pure coïncidence, j’ai lu un de ses livres pas plus tard que l’été dernier. Dans ce livre qui s’intitule « Le Bouc émissaire », il répond à plusieurs critiques de sa grande thèse sur les processus sacrificiels. J’y ai découvert un philosophe
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Trainspotting ou le vide existentiel
Un texte de Stefany Paulin-Gagné La pièce s’ouvre sur le récit d’une anecdote de marde, au sens propre (!), une vraie histoire d’excréments. Le personnage principal se réveille chez son ex-copine, s’étant vidé de toutes les façons inimaginables dans son lit, dues à un mélange de drogues multiples et ce pendant son sommeil. Il descend avec les draps les plus souillés du monde, en vue de s’éclipser les laver, mais oh c’est le brunch familial du dimanche, chez son ex-copine. L’adaptation en québécois nous offre quelques fois un spectacle décalé, entre drapeau du UK et sacres en joual québécois, on retrouve
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À la défense des maisons bien remplies
Le journal Le Soleil d’hier publiait un « Manifeste pour une maison libre », témoignage d’un homme vivant dans un grand loft vide au cœur du Vieux-Québec – archétype de l’homme postmoderne, dont la liberté déliée peut bien plaire à nos médias et nos élites. L’homme explique comment sa simplicité volontaire – au reste assez sélective et bourgeoise – a affecté son mode de vie et l’aménagement de son logement. Il n’a pas de four, ni de frigo; il dort sur un matelas gonflable; un morceau de bois et quelques coussins lui font office de table et de chaises. Mais il fait
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Le cri qui vient d’Orient
Du coup de fouet dans le dos je sens la morsure / De ma sueur dans les yeux je sens la brulure / Élohim, Dieu du ciel : entends-tu, ton peuple appelle! Ce vibrant appel d’une chanson d’un film pour enfants a provoqué chez moi un certain trouble. Bien assise et confortablement installée devant mon ordinateur, à réfléchir à des questions passablement théoriques et « élevées », j’ai ressenti une certaine honte, un certain malaise. Cependant, c’est en entendant ce cri déchirant que je me suis sentie retournée. Cet appel, Hans Zimmer l’a mis dans la bouche des esclaves hébreux dans le film
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Scoop : les cathos sont pas toujours fins
Une récente recherche scientifique révèle que les enfants de familles croyantes sont moins altruistes que ceux provenant de familles athées. Non seulement nous ne sommes pas surpris de ces conclusions, mais nous nous en réjouissons! Onde de choc. Consternation. Alors que tout le monde, depuis des lustres, pensait que nous étions parfaits, il semblerait que non. Alors que certains d’entre nous, les « bons catholiques », s’étaient même autocanonisés ante-mortem, c’était un leurre. Vous pensez encore que votre voisin (oui-oui, ce Ned Flanders qui va à la messe chaque dimanche) est un saint? Méfiez-vous. Une enquête scientifique, gentiment critiquée ici, récemment mise
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Il faut être absolument chrétien
Au terme de sa saison en enfer, dans son poème Adieu, se trouvant face à l’automne qui s’avance, et appréhendant la venue du confortable hiver, Arthur Rimbaud s’exclame : « Il faut être absolument moderne ». Sentence que bien des gens ont prise, à tord et à travers, pour slogan, et dont je ne peux me targuer d’en comprendre vraiment le sens. Mais j’en ai du moins tiré ici une inspiration. En ce jour de la Toussaint, me retrouvant face à la bienheureuse assemblée céleste, cette myriade de myriades toute de blanc drapée, formée de ceux qui viennent de la grande
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Comment diluer de l’essence
C’est bien connu, l’être en tant qu’être alimente les passions dans les cafés étudiants des facultés de philo autant que l’essence du Canada a fait carburer les conservateurs depuis 10 ans. Mais le brut canadien, une fois le baril dégonflé, a un peu de tar sands dans l’engrenage. Et en ce qui concerne l’essence du pays, c’est-à-dire ce qu’il est en tant que pays étant, j’ai dû être distrait : même avec 78 longues journées de campagne, je n’ai rien entendu sur le sujet. Entre calinours et psychorigides Plus de deux mois à se faire promettre « plus d’argent dans nos poches ». Mais
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La souplesse des identités partisanes
Cette campagne électorale, d’une longueur inégalée, a certainement permis à tous les Canadiens de se faire une idée du type de gouvernement qu’ils désiraient. Il y a quelques semaines, la Conférence des évêques catholiques du Canada publiait un guide pour aider les citoyens catholiques à voter en conformité avec les exigences de la charité dans notre monde d’aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, ce changement de garde sur la Colline nous suggère une certaine santé démocratique. L’élection derrière nous, il serait désolant de considérer notre devoir accompli. En effet, la politique demande une implication et un souci constants. Que ce soit
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La lutte avec l’ange: réflexions sur l’Occident (2 de 2)
Pour lire la première partie, cliquez ici. Depuis des lustres, l’Occident libéral-libertaire mène sa lutte contre l’ange de Dieu, à l’instar du patriarche Jacob. Et comme il n’a pas encore vécu l’échec cuisant (la blessure à la hanche) qui le guérira de sa démesure (ce que Bertrand Vergely appelle si justement « la tentation de l’homme-Dieu »*), il continue de se poser en juge imperturbable et inflexible de ce que fait et dit l’Église. À l’hostilité des critiques, que les gargouilles médiatiques dégorgent sans cesse, se mêle souvent l’espoir de voir l’Église changer. Au gré des déclarations perçues comme plus ou moins
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5 bonnes raisons de laisser Matt Damon sur Mars!
Prenez Matt Damon, plantez-le sur Mars, arrosez de 100 millions de dollars et vous obtenez le plus gros navet de l’année! Seul sur Mars (The Martian) est une mega production sans réflexions, sans émotion ni même action. Bienvenue dans l’espace sidéral des clichés. Série B Mélange indigeste de Cast away et Gravity, le dernier film de Ridley Scott propose autant de finesse que Donald Trump et d’excitation qu’Hillary Clinton. On baille déjà à la moitié et on comprend après trente minutes que devant chaque défi, une formule magique appelée mathématique, chimie ou informatique triomphera de tous les pépins. Personnage sans
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Le Baptiste et l’Incarnation
Que le tout-Canada s’intéresse soudainement au baseball a quelque chose d’attendrissant. Tu me diras : « j’suis ça depuis longtemps, moi, le baseball ». Je te croirai. Même quand tu mens. Car confessons-le, ce n’est pas un péché, nous suivons le baseball-en-général comme nous suivons le baseball-en-particulier. La saison est une métaphore de la partie : Pas possible d’être assidu, ni de rester assis. Pour la partie, on se lève pour quérir une broue, puis on revient à sa place pour constater qu’on a manqué le seul coup sûr de la soirée. Pour la saison, on allume la tivi quand la seule équipe du
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Enfin, la jeunesse éternelle!
Bonnes nouvelles pour ceux qui aiment les mauvaises nouvelles. Deux labos états-uniens ont fait simultanément une percée majeure dans le domaine de la longévité. En greffant deux souris l’une sur l’autre, nous dit-on dans une complaisance scientiste ahurissante, typiquement radiocanadienne, les chercheurs ont réussi non seulement à ralentir le vieillissement, mais à inverser ses effets. La méthode est d’une simplicité désarmante : on prend une vieille souris, on lui fait passer une batterie de tests. On fusionne ensuite son système sanguin à celui d’un spécimen plus jeune. Après un mois seulement, elle passe de nouveau les tests et on constate que
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La lutte avec l’ange: réflexions sur l’Occident (1 de 2)
Avec son message de miséricorde et de fraternité vécues, le pape François est parvenu à modifier l’attitude des grands médias occidentaux à l’égard de l’Église catholique. On peut se demander toutefois si la guerre froide médiatique entre l’Église et l’Occident libéral-libertaire ne reprendra pas bientôt. La contribution du pape François à l’assainissement des relations entre ces deux pôles de pouvoir idéologique (pour parler un langage de sciences humaines) est inestimable. Elle ouvre des chemins de dialogue nouveaux et pleins de promesses. Cependant, la détente qui prévaut grâce au pape argentin depuis 2013 pourrait connaitre une fin abrupte après la clôture du
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Une Église en « révolution permanente »?
Depuis son élection, le pape François ne cesse de surprendre la planète par son style personnel très marqué. Pour employer la célèbre formule du Concile Vatican II, le pape François évangélise gestis verbisque (en parole et en acte). Ces mots, qui furent également prononcés dans le discours de Barack Obama lors du passage du pape François à la Maison Blanche, expliquent à eux seuls l’immense succès, à tout le moins selon nos pauvres lunettes médiatiques, que remporte notre bienaimé pape. Selon moi, ce succès, dont l’accueil très positif des médias américains est un signe éclatant, est dû au fait que
