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    La vie intellectuelle (pour les nuls)

    J’appartiens à une génération d’étudiants qui n’a pas connu de professeurs. Les maitres auxquels nous avons eu affaire exerçaient la fonction d’enseignant ; ils se définissaient d’abord comme des « passionnés » et se montraient dès lors moins soucieux de nous former, de nous donner une éducation solide et cohérente, que de nous « transmettre leur passion ». Ces professeurs que je n’ai pas eu la chance de rencontrer, je me fais un devoir de leur réserver une section de ma bibliothèque, où j’accumule précieusement leurs ouvrages, dans l’intention non seulement de les relire, mais encore de les léguer à mes enfants un jour. Parmi

  • Et si nous vivions déjà dans un monde idéal?

    J’ai récemment visionné le film Brave New World (v.f. Le Meilleur des Mondes), réalisé en 1998. Ce film est basé sur le roman du même nom, écrit en 1931 par Aldous Huxley, qui présente une vision dystopique* de ce que notre société pourrait devenir. J’ai grandement apprécié la réalisation de ce film et je pense que, comme le roman, il pose une série de questions cruciales pour notre avenir. Voici quelques points saillants de la dystopie décrite par Huxley : Les enfants sont fabriqués dans des cuvettes plutôt qu’engendrés naturellement; Toutes les femmes sont stérilisées en permanence; La génétique est méticuleusement

  • GuadalupeGuadalupe

    L’incroyable histoire de la Vierge de Guadalupe

    Le samedi 9 décembre 1531, très tôt le matin, Juan Diego, un indigène de 54 ans converti au christianisme depuis quelques années, marche au pied de la colline du Tepeyac au nord-ouest de Mexico. Il entend alors un chant merveilleux d’oiseaux. Puis une voix féminine l’appelle: «Juanito, Juan Dieguito.» L’usage du diminutif fait penser à une mère qui appelle son petit enfant. Arrivé au sommet du mont, Juan aperçoit une très grande dame aux vêtements brillants comme le soleil. À ses pieds, la nature semble transfigurée en pierres précieuses. — Juanito, le plus humble de mes fils, où vas-tu? — Madame, je

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    L’État gestionnaire et marchand: comment s’en sortir?

    Depuis quelque temps déjà, l’actualité nous submerge de nouvelles sur la politique. Que ce soit les élections américaines, les primaires françaises ou les élections partielles au Québec, les médias, analystes, chroniqueurs et partis politiques n’ont de cesse de nous manifester l’importance des enjeux et du processus électoral de nos démocraties. Manifestement, l’Église ne manque pas le bateau avec la publication du document du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France intitulé Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique. Puisque, comme tous les citoyens, les catholiques doivent prendre leurs responsabilités en s’informant et en s’engageant dans

  • Grues de bon augure, 1112, Empereur Huizong. Encre et couleurs sur soie. Musée provincial du Liaoning. (wikimedia - CC)Grues de bon augure, 1112, Empereur Huizong. Encre et couleurs sur soie. Musée provincial du Liaoning. (wikimedia - CC)

    Être méconnu des hommes

    Ce n’est pas un malheur d’être méconnu des hommes, mais c’est un malheur de les méconnaître. Confucius (Ce texte est la suite de Simon Leys, le navigateur entre les mondes) De Simon Leys (1935-2014), on connaît peut-être tel ou tel titre (Les Habits neufs du président Mao, Ombres chinoises, La forêt en feu, George Orwell ou l’horreur de la politique, L’ange et le cachalot, Protée et autres essais, Les naufragés du Batavia), mais peut-être pas.  Et peut-être pas Simon Leys non plus. Comme le dit Philippe Paquet, son biographe, « Simon Leys (et a fortiori Pierre Ryckmans [c’est le vrai nom de Simon

  • Photo: Lydie Gagnon (© Renaud Philippe)Photo: Lydie Gagnon (© Renaud Philippe)

    Lydie, un ange chez les bisomiques

    Les Gagnon ont 16 enfants. Lydie est la petite dernière. Elle a dix ans. Avec ses yeux bridés, son rire contagieux et son visage tout rond, on la reconnait: c’est la trisomique. Pour vous couper l’herbe sous le pied, elle se présente, tout sourire: «Bonjour, je m’appelle Lydie et je suis trisomique.» Nécessairement, on passe à une autre question. Pour un chromosome de plus Pour Monique et Alain, avoir 15 enfants n’allait pas de soi, mais en recevoir un 16e qui, selon les dires, est un malheur garanti, ça leur faisait porter un joug pas léger du tout. «Après l’échographie, on avait

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    Délit d’entrave (version québécoise)

    Là, c’est urgent. Pas de niaisage. À l’heure où la France est en plein débat sur la question du délit d’entrave numérique, le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette légifère en accéléré! Allez, pas de nouveau projet de loi – ça prend trop de temps – on va en amender un existant. La cause de cette presse? Les mautadits manifestants « anti-choix ». Eux autres! Des vrais p’tits voyous. Tellement qu’ « en février 2016, la députée péquiste Carole Poirier avait dévoilé le projet de loi 595, destiné à aménager une zone permettant aux anti-choix d’ ‘exerce[r] leur droit de manifester’ aux abords

  • Extrait du film Hacksaw Ridge (photo tirée de Facebook)Extrait du film Hacksaw Ridge (photo tirée de Facebook)

    Tu ne tueras point

    Tu ne tueras point (intitulé Hacksaw Ridge au Québec) est le dernier film de Mel Gibson… et son premier après 10 ans d’attente. Une attente qui nous valut probablement le meilleur film de l’année et le meilleur film de guerre de tous les temps. Le plus violent certes, mais surtout le plus profond et le plus poignant. Et ces 10 années de travail de Gibson lui valurent 10 minutes d’ovation debout pour la première à Venise en Italie ! Le film raconte l’histoire vraie de l’américain Desmond T. Doss qui servit durant la bataille d’Okinawa lors de la Deuxième Guerre.

  • Photo: Valérie LaflammePhoto: Valérie Laflamme

    Une nuit en prison

    Au réfectoire, j’aperçois une photo d’époque. Tous les prisonniers sont assis dans ce qui semble être une chapelle. Un prêtre ensoutané les regarde de haut, l’air autoritaire. J’en profite pour questionner André* à ce sujet. Il nous apprend qu’au moment où il était lui-même incarcéré, la messe était obligatoire chaque matin. Celui qui s’en absentait n’avait pas droit au petit déjeuner. « J’dis pas que Dieu existe pas, lance André. Mais j’peux te garantir que je l’ai jamais vu ici. » Mes élèves mangent leurs céréales en silence. Ils ont passé une soirée mouvementée. Les gardiens, qui sont en fait des comédiens,

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    Salvifique vulnérabilité 

    La mort. La mort universelle, sans discrimination. Voilà la seule certitude des agnostiques. Nous allons tous mourir un jour. Mais si cette vérité pouvait être à son tour ébranlée? Si l’immortalité était tout juste à notre portée? Tuer la mort Face à la mort, l’homme se révolte. C’est injuste ! Je ne suis pas fait pour mourir ! De fait, il y a quelque chose en moi qui aspire à toujours plus. Il y a en moi un désir d’éternité. Si je meurs, tout prendra fin. Si je meurs, les meilleures choses frapperont le mur de l’absurde. À quoi bon

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    Petit éloge de l’autodafé

    Le texte qui suit appartient au genre désuet de l’apologue. C’est une introduction à une réflexion sur la parole que j’ai l’intention de mener dans une série d’articles à paraitre prochainement. Le problème du collectionneur de livres, ce n’est pas le temps ; c’est l’espace. Le collectionneur ne s’inquiète pas d’accumuler des livres qu’il ne lira probablement jamais : des œuvres de deuxième ou de troisième ordre, par exemple, ou encore des ouvrages correspondant à des gouts passagers. Que ces livres l’attendent un mois, un an, dix ans, voire toute une vie sur les étagères de sa bibliothèque, cela lui est égal.

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    Sortir de l’aveuglement collectif

    Le 9 novembre dernier, au petit matin, Donald J. Trump devenait le 45e président des États-Unis. Cette élection, qui fut une surprise pour plusieurs, est révélatrice pour les raisons mêmes qui la rendirent imprévisible aux experts. Ce n’est pas un hasard si bon nombre d’articles écrits après l’élection n’ont pas seulement disserté sur celle-ci. Ils se sont, en effet, penchés sur le mirage qu’a représenté, à bien des égards, la couverture médiatique de cette campagne. Comment les médias et sondeurs ont-ils pu se tromper à ce point ? Bien sûr, cette stupéfaction générale s’explique en partie par la marge d’erreur

  • Kintsugi

    Kintsugi : en japonais, jointure en or. Méthode de réparation des porcelaines et des céramiques brisées au moyen de laque faite de poudre d’or. En amour comme en céramique, tout passe. Tout casse. * Il y a 11 ans aujourd’hui, un 11 novembre, on frenchait pour la première fois, assis sur un trottoir de Sainte-Foy, au milieu de la nuit. Ensuite, pendant 2 ans, le stationnement chez tes parents fera office de parloir. Et la poutine du Ashton, celui juché en haut de la rue de la Suète, sera l’exutoire de nos élans passionnels maladroitement contenus. Puis, le grand jour. Puis

  • Donald Trump (photo par Gage Skidmore, Wikimedia - CC)Donald Trump (photo par Gage Skidmore, Wikimedia - CC)

    « Je ne crains aucun mal »

    Je n’ai pratiquement pas dormi de la nuit. En plus, j’ai un mal de chien dans le dos. Hier soir, en me couchant, j’avais encore un peu d’espoir. Mais ce matin, la réalité cogne dur : Trump est président des États-Unis. Merde. Ce n’est rien pour arranger mon humeur. (Cela dit, une victoire de Clinton n’aurait pas été non plus une occasion de faire la fête…) Mon Dieu! Où est-ce qu’on s’en va? J’écoute les commentaires des journalistes patentés, je regarde le thermomètre financier du monde et je constate que la page web d’Immigration Canada a explosé. Il y a de

  • Petit prophète du Centre-SudPetit prophète du Centre-Sud

    Le petit prophète du Centre-Sud

    En 1997, tel un pèlerin qui prend la route sans trop savoir vers où Dieu le guide, Daniel Paradis est venu vers la grande ville, vers Montréal, lieu riche en possibilités de toutes sortes. Comme seul bagage, un appel: l’appel prophétique à travailler auprès des exclus du rêve américain « made in Quebec ». Près de vingt ans plus tard, Daniel se retrouve à la tête de Présence Compassion, une organisation catholique qui intervient auprès des gens de la rue du secteur Centre-Sud. Nous sommes jeudi. Il fait beau. La température est douce. Le soleil est au rendez-vous et répand sa chaleur

  • Safia Nolin n’est pas Plume Latraverse

    J’écoutais Simon Jodoin au micro du 15-18 de Radio-Canada. Il faisait la comparaison flatteuse (et fortuite, semble-t-il) entre Plume et Safia. Voilà, effectivement, deux chanteurs québécois qui remettent en question l’ordre établi. À la différence près, je dirais, que Plume n’est pas surpris lorsque son irrévérence est conspuée sur la place publique. Sincèrement, je suis d’accord avec Safia sur plusieurs des idées qu’elle porte… aussi élégamment qu’un t-shirt de Gerry Boulet. Si certaines de ses opinions sont plus difficiles à endosser sans vérification préalable (sa sœur serait une « grosse conne »), d’autres, néanmoins, sont plutôt aisées à partager. Par exemple : Safia Nolin a

  • Maria lactans (auteur inconnu, école d'Antwerp), autour du 17e siècle. Wikimedia Commons.Maria lactans (auteur inconnu, école d'Antwerp), autour du 17e siècle. Wikimedia Commons.

    Les seins de la Vierge contre la pudibonderie?

    Dans l’émission du 31 octobre d’On n’est pas du monde, je m’inquiétais sur la place que prend de plus en plus la pornographie dans l’espace public. Mais je terminais en proposant, comme contrepoids à cette culture pornographique une redécouverte d’un art érotique authentique. Pour vaincre le mensonge, il ne suffit pas de crier dessus. Cela risque même d’avoir les effets contraires de ceux désirés et de donner plus d’emprise encore au mal. Contre le mensonge, il faut proposer la vérité. Aussi, contre le mensonge visuel qu’est la pornographie, il faut proposer la beauté. La beauté sauvera le monde. Dostoïevski « La

  • Photo: © Brigitte Bolduc / RAIIQPhoto: © Brigitte Bolduc / RAIIQ

    Personne n’est à l’abri

    Nous sommes très enthousiastes quand nous arrivons sur le site de la quinzième « Nuit des sans-abri » de Québec. Nous nous sommes engagés à rester ici jusqu’à minuit et demi, en solidarité avec les plus démunis. Il tombe des cordes et ça continuera jusqu’à dimanche. Même si la météo ne nous est pas favorable, nous sommes décidés à tirer le meilleur de notre court séjour dans le monde de l’itinérance. Tout près d’un kiosque sur les maisons de chambres, nous croisons Régis Labeaume. Avec son tact habituel, il déclare : C’est bien d’amener les p’tits bourgeois voir le monde. Régis Labeaume Les

  • Photo: Sarah-Christine BourihanePhoto: Sarah-Christine Bourihane

    Communauté Cenacolo, un appel pour le Québec

    «Si j’avais connu la communauté du Cenacolo avant, j’aurais sauvé beaucoup d’années perdues.» C’est une remarque qu’on entend souvent à propos du Cenacolo, une communauté née en Italie qui accueille des jeunes en détresse. Au bout de seulement trois ans, les jeunes qui y entrent – qu’ils soient drogués ou en quête de sens – en ressortent complètement transformés. Fortement touchés par les fruits de cette œuvre de miséricorde, plusieurs Québécois souhaiteraient la voir fleurir au Québec… et– bonne nouvelle! – ils viennent de recevoir un appui important du cardinal Lacroix. Les statistiques sur le taux de suicide, les quantités

  • L’antichambre du paradis

    Aux confins de la ville de Montréal existe un lieu où les vivants vivent leur mort dans la sérénité et la dignité. Un lieu où ils sont accompagnés jusqu’aux portes du paradis. Un lieu où la beauté est omniprésente et où la nature fait sentir sa présence. Un lieu où les bénévoles et les professionnels de la santé sont comme des anges qui veillent sur ceux qui, tels des pèlerins, se préparent pour le dernier grand voyage. Un lieu dont l’âme est une religieuse au sourire éclatant qui aime la vie et son Créateur. L’Oasis de paix, tel est le

  • Le Bon Samaritain, Van Gogh, 1890 (CC-wikimedia)Le Bon Samaritain, Van Gogh, 1890 (CC-wikimedia)

    L’auberge « chez Dieu »

    Quand vous pensez à l’Église, quelle image vous vient d’abord à l’esprit? Pour d’aucuns, c’est la basilique cathédrale Notre-Dame de Québec; peut-être même est-ce Notre-Dame de Paris. Pour un grand nombre d’entre nous, c’est l’idée de hiérarchie : le pape, les évêques, les cardinaux, les prêtres et les diacres. Pour d’autres encore, c’est le peuple de Dieu, les laïcs. Toutes ces conceptions sont aussi justes que fragmentaires. En ce qui me concerne, maintenant, quand je pense à l’Église, je pense à une auberge. Oui! Oui! L’Église-auberge. Depuis les Pères de l’Église, l’Église est perçue comme auberge, en particulier dans la parabole

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    Scandales à l’IOR: l’Église n’est pas une utopie

    L’automne est arrivé et avec lui la rentrée scolaire, parlementaire et le retour des bonnes vieilles habitudes qui parsèment notre vie quotidienne. Pour compléter ce portrait quelque peu stéréotypé, il manquait cependant la polémique anticléricale de service. C’est certainement à cette intention louable que désirait répondre la diffusion du reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada sur le Vatican. Alors que je m’installais confortablement devant ce que j’imaginais déjà être une heure de « Church bashing », je suis resté surpris d’y voir un portrait nuancé de l’institution romaine. Réalisé par Alain Crevier, le reportage Les batailles de François détonne par rapport à

  • Ennuyante immortalité

    Philosophe enseignant à l’Université de Paris-Sorbonne, Jean-Michel Besnier siège aussi au directoire du Mouvement universel de responsabilité scientifique (MURS). En 2009, il a publié le livre Demain les posthumains, dans lequel il déploie sa réflexion sur l’avenir de l’humanité. Sarah-Christine Bourihane est allée l’interroger pour nous sur la question du transhumanisme, un phénomène bien en vogue. Qu’est-ce que le transhumanisme? En deux mots, le transhumanisme désigne un certain nombre de mouvements d’opinions qui réunissent des gens ayant en commun de considérer que les sciences et les technologies sont aujourd’hui capables de réaliser toutes les aspirations de l’espèce humaine. Ces mouvements

  • ©Marie-Hélène Bochud©Marie-Hélène Bochud

    La tentation transhumaniste

    Antoine Robitaille est-il un posthumain? Quoi qu’il en soit, il s’intéresse depuis une quinzaine d’années au transhumanisme et au posthumanisme. Bien qu’en progression au Québec, ces «-ismes» déferlent surtout sur le monde anglo-saxon: intelligence artificielle, clonage, cyborg, etc. Vous commencez à saisir? Si ces rêves technoscientifiques semblent relever de l’utopie, nous en sommes pourtant déjà bien imprégnés. Le nouvel homme nouveau, publié en 2007 chez Boréal, est le fruit d’une longue enquête journalistique sur le posthumanisme et, il faut le dire, la première contribution francophone sur le sujet. J’étais bien curieux de savoir pourquoi un politologue chevronné comme lui, éditorialiste

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