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Rencontre au front avec Marie Lyne Boucher
Marie Lyne ne pouvait pas se douter qu’en devenant technicienne d’intervention en loisir dans un CHSLD, elle pourrait communier, elle, chaque jour, au Corps du Christ, alors que le reste du monde en serait privé. « Le Corps du Christ ? Je le mange ici : cet amour universel bien concret, palpable. Je découvre la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Dieu. » (Ep 3, 19) Le loisir dans un milieu de vie (le CHSLD), « c’est le sel qu’on met sur le steak ! dit Marie Lyne. Ma job, c’est de faire vivre et d’animer le milieu de vie autant par ma
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L’abbé Huvelin, un célèbre pasteur inconnu
Per il mio pastore C’est le dimanche du Bon Pasteur, journée mondiale des vocations. Un temps pour prier pour nos prêtres – ces temps-ci certes quelque peu « virtuels », mais pourtant bien présents. Évoquer la figure du prêtre dans le monde, c’est presque immanquablement se heurter aux plaintes, aux dénonciations, etc. Les scandales remplissent trop souvent la place publique, et ce au détriment de tout le bien que font nos pasteurs. Benoît XVI, contre la résignation, le doute et le possible refus du clergé, propose à l’Église et au monde un remède très simple : méditer les exemples « des figures splendides de pasteurs généreux, de
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Faire son ménage du tout le temps
Entre ma fin de session et la fin de la COVID-19, le ménage du printemps est venu faire son tour par chez moi. Il faut bien tuer le temps, où le laisser revivre… Donc, j’ai fait le ménage. Après, je suis passée par le lavage. Puis encore le ménage. Mon appartement est devenu la terre des quêtes qui habitent mon cœur, confinement ou pas. La salle de bain au grand complet, la vaisselle, le salon, l’intérieur de mes 3000 paires de souliers (je ne savais pas que j’en avais autant ! Pourquoi ne pas faire un petit don à la Saint-Vincent-de-Paul ?),
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Petit éloge de Laurent Duvernay-Tardif, un héros actuel
Ces derniers temps, on a beaucoup souligné le travail de ces « anges gardiens » qui veillent sur nos parents, amis, voisins dans les CHSLD et dans les hôpitaux de plus en plus surchargés. Cette semaine, Laurent Duvernay-Tardif fait la une du Sports Illustrated. Le grand gaillard des Chiefs de Kansas City, premier joueur de la NFL à avoir obtenu son diplôme de médecine, acceptait de prêter mainforte aux préposés aux bénéficiaires et autres infirmières débordées. C’est absolument admirable. De Louis Cyr à Maurice Richard, nos héros masculins étaient souvent issus des basfonds, sans éducation. Bien qu’admirables, leurs succès reconduisaient souvent une conception un peu
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Le travail pour prendre soin des autres
Un texte de Mgr Fernando Ocáriz Braña Aujourd’hui, fête des travailleurs, et de leur patron saint Joseph. C’est une occasion privilégiée de réfléchir à bien des aspects de la réalité trop souvent oubliés, mais mise évidence par la crise du coronavirus : D’abord, qu’il y a tant et tant de bonnes personnes dans le monde ; ensuite, que le progrès doit aller de pair avec une maitrise de la nature qui soit respectueuse ; aussi, que nous dépendons les uns des autres et que nous sommes tous vulnérables ; enfin, qu’une société qui se veut humaine doit être solidaire. Les professions liées à la santé
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Vers une simplicité involontaire?
Le fait que l’économie s’écroule actuellement parce que les gens n’achètent que des biens et services jugés essentiels est très révélateur de l’aberration qui guide nos sociétés modernes. Le modèle de croissance économique se base sur la prétention d’une consommation continue qui se doit d’être toujours plus grande. Pour se faire, il faut gonfler artificiellement la consommation. Tout le système repose sur le désir du consommateur, on l’excite au moyen de manipulations psychologiques jouant sur l’idée du bonheur inhérente à tout être humain. En résumé : « puisque les gens désirent tous être heureux, vendons-leur du bonheur. » Vous me direz que j’y
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Rencontre au front avec Isabelle Bouchard
Jusqu’au Vendredi saint, Isabelle faisait sa job d’infirmière auxiliaire au CHU de Québec comme toutes les autres. Elle avait pourtant réussi à s’adapter aux mille changements ; chaque matin, un nouveau département, de nouvelles personnes, d’autres pratiques. Ambiance lourde infinie. « Au début de la crise, j’étais en colère. Je trouvais injuste d’être obligée de travailler, alors que d’autres étaient payés à rester chez eux ! Je voyais tout négatif et je me battais intérieurement pour sortir de cet état d’esprit. » Puis, un jour, Isabelle a soudainement compris que tout n’était pas si noir. « Je me suis dit : “Voyons ! Je ne suis pas
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Jean-Baptiste décapité: un regard neuf sur la Révolution tranquille
Depuis quelques années, on note un regain d’intérêt pour l’étude de ce qu’on appelle communément la « Révolution tranquille ». Geneviève Zubrzycki, professeure titulaire en sociologie à l’Université du Michigan, propose une perspective originale dans son récent essai Jean-Baptiste décapité : Nationalisme, religion et sécularisme au Québec. L’histoire habituellement transmise, celle de l’émancipation d’un peuple du joug trop zélé d’une Église omnipotente, est de plus en plus remise en question. Bien qu’on n’assiste que très rarement à une critique globale de ce que l’historien Michael Gauvreau nomme « l’orthodoxie libérale », je constate néanmoins un mouvement de fond qui, pierre par pierre, déconstruit ce qui
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La dignité dans ma maison
Et l’autre reste là, Le meilleur ou le pire, Le doux ou le sévère. Cela n’importe pas, Celui des deux qui reste Se retrouve en enfer. Jacques Brel Plus les jours passent, moins les nouvelles sont bonnes, il me semble. Les CHSLD, qui font la une des journaux à la place des stars de cinéma, sont le théâtre d’horreurs indescriptibles. On réalise qu’il y a un sérieux problème dans la manière dont on s’occupe de nos vieux, à l’échelle nationale. Tout le monde trouve que c’est épouvantable, que ça n’aurait jamais dû se rendre jusque-là ; on essaie de mettre des Band-aids sur l’hémorragie
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Accouchement et foi en temps de pandémie
Trois mères et une sagefemme croyantes offrent leur expérience de l’accouchement en ce temps de crise. Quatre récits uniques sur cette joie de donner la vie en toutes circonstances. L’accueil Noémie accouche de Théophane le jour du Mercredi des Cendres, avant la mise en place des mesures de confinement. « Ce drôle de carême » qui débute en même temps que son quatrième trimestre s’avère plus aride que prévu. « Au début de la crise, je me disais que ça ne changerait rien, car de toute façon, je ne sortais pas. Mon plus grand trajet était entre mon lit et la salle de bains.
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Pleurer bibliquement la pandémie
La présente pandémie n’est pas sans rappeler quelques grands évènements de l’histoire humaine et, plus spécifiquement, de la Bible. Dans une entrevue accordée au Verbe, le bibliste Sébastien Doane nous montre que ces textes anciens ont quelque chose à nous enseigner au sujet des périodes tristes et difficiles. Sébastien Doane, bibliste, est membre de la Biblical literature and the hermaneutics of trauma, cellule d’étude elle-même rattachée à la Society of biblical literature. « Mes recherches tentent de comprendre comment des personnes et des groupes tentent de passer au travers d’évènements traumatiques et engendrer une littérature à partir de ces drames. » Il ne faut
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Déni de la mort, exclusion de la vieillesse
Un texte de Claude Simard La mort est consubstantielle à la vie, elle en est le terme incontournable. Dès qu’un être vient au monde, il est inexorablement voué à mourir un jour. Toute vie est mortelle. Dans la roue de l’existence, un vivant sera un mort, et un mort aura été un vivant. Telle est la loi implacable de la Nature. Qu’elle soit naturelle ou accidentelle, douce ou atroce, lente ou rapide, la mort provoque des sentiments de crainte et de répulsion chez la plupart des êtres humains. C’est l’épreuve suprême dont le caractère tragique entraine le vain désir de
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Histoire de famille
Depuis trois jours, j’ai la tête dans les souvenirs, le cœur dans le passé et les yeux dans l’eau. Je suis dans mes photos de famille. Mon salon et ma salle à manger ont l’air d’un entrepôt. J’ai sorti la grande table qu’on sort à Noël et j’y ai mis toutes les photos, les enveloppes, les albums, les boîtes. Il y a aussi cinq bacs de souvenirs de famille que j’ai sortis du garage. Tant qu’à être enfermée encore pour trois semaines, autant en profiter pour faire ce que j’ai toujours remis au lendemain. J’ai décidé de faire l’histoire de
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Un Québécois errant à Mexico
Je n’avais jamais mis les pieds au sud des États-Unis quand, au mois de février dernier, j’ai atterri à Mexico en plein après-midi. C’était avant la crise du coronavirus qui referme l’ouverture tous azimuts de notre époque. À la sortie de l’aéroport, la chaleur contraste avec l’hiver permanent de mon pays. Pour me rendre en ville, une promenade dans une voiture jaune s’impose naturellement ; plusieurs disparitions surviennent à bord des taxis rose et blanc, souvent en bien mauvais état et pourtant emblématiques de la ciudad de México. Coyoacan, une enclave multicolore À bord du véhicule, ma connaissance rudimentaire de la langue
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L’Annonce faite à Laurence
À Noël dernier, j’ai lu et relu L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel. Livre fascinant. Violaine, jeune fille d’environ 18 ans, dans un moment de joie enfantine, embrasse un pauvre lépreux, triste et déprimé. Un geste innocent, spontané. Comme un élan pour remercier Dieu de tout le bonheur dont il la comble : elle va bientôt se marier avec l’homme qu’elle aime ! Bien sûr, elle attrape elle aussi la lèpre et doit dire adieu au fiancé. C’est sa sœur qui l’épousera. Elle, elle se retrouve dans une grotte, isolée de tous, le visage déformé, les yeux consumés. Elle est aveugle et
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Éloge de la beauté : de l’utilité de l’art en temps de crise
Je ne vous apprendrai rien : comme les médias nous le rappellent tous les jours, la période actuelle est difficile au plan sanitaire, social et économique. Nous vivons un drôle d’état de siège, confinés 24 h/24 h à la maison tout en ayant virtuellement accès au monde entier. Toutefois, c’est grâce à la technologie que, parallèlement aux mauvaises nouvelles en continu, la résistance au marasme social s’organise. Notamment par le biais de l’art. La situation actuelle a entrainé une accélération de la diffusion en ligne. Y participent les grandes institutions mondiales comme le musée du Louvre, le British Museum, le Metropolitan Museum of Art et la chapelle Sixtine ainsi
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Petites pousses
Après avoir fêté la résurrection du Christ en touchant presque au Ciel, on est retombés les deux pieds sur la terre assez vite. Le matin de Pâques, on reçoit un texto de notre couple d’amis, Claire et Thomas, qui nous annonce que Charles, le père de Thomas, âgé de 85 ans, a déménagé chez eux depuis mardi. J’aime Charles. Depuis toujours. Même si, depuis toujours, il ne croit pas en Dieu, ou si peu, même s’il me met en pleine face les scandales de mon Église. Même s’il nous est arrivé deux fois plutôt qu’une de nous crêper le chignon sur
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Le retour du bien commun
Vous connaissez la devise des mousquetaires ? « Un pour tous et tous pour un ! » En ce temps de crise sanitaire, l’ensemble de la population est invitée à se rallier à ce cri et à jurer allégeance à une étrange entité : le bien commun. Notion parfois honnie, oubliée ou incomprise, le bien commun est ce pour quoi tant de personnes font aujourd’hui de nombreux sacrifices et efforts. Le bien commun, une sorte de beau-frère éloigné qui ne se pointe qu’en temps de crise ? Non pas. Dans les faits, ce bien est présent dans nos vies à tout instant, mais il est un
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Quand Louis-Jean monte
Louis-Jean Cormier n’aurait pas pu mieux planifier la sortie de son dernier opus. On peut écouter Quand la nuit tombe depuis le 20 mars. Musicalement très réussi, l’album illustre aussi la quête existentielle qui torture l’artiste. En cette période de confinement, quel adon que le nouvel album d’un compositeur apprécié ! Louis-Jean Cormier n’aurait pas pu mieux planifier la sortie de son dernier opus : pendant cette pause imposée, on peut l’écouter pour vrai. Quand la nuit tombe, disponible sur les plateformes d’écoute depuis le 20 mars, regroupe 10 titres aux airs tantôt électros, tantôt pop, tantôt doux et simples. Après une pause de cinq
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Dieu dort-il dans la barque?
Un texte d’Édouard Malenfant Le confinement actuel nous a fait basculer de l’extérieur vers l’intérieur. Car il ne s’agit pas seulement d’un moment pour nous demander si nous allons réussir à revenir à « la vie normale ». C’est l’occasion de comprendre ce qu’il faut changer dans cette vie : essayons de voir pourquoi Dieu semble nous laisser dans la tempête. Il me semble que le temps n’a plus la même densité depuis que nous sommes séparés physiquement les uns des autres. J’ai l’impression de me retrouver les dimanches après-midi de mon enfance quand mes parents âgés faisaient la sieste pendant que mes
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Découverte du vaccin contre la coronanxiété
Le coronavirus se répand partout dans le monde et propage avec lui un virus spirituel : la coronanxiété. Zoom sur cette autre épidémie qui attaque nos âmes plus que nos corps. La courbe de coronanxiété Avec la peur de la mort qui envahit les esprits, c’est une véritable épidémie de peur qui se répand. Alors que depuis quelques années, nous entendons parler d’« écoanxiété », depuis quelques semaines nous assistons à une nouvelle forme de pathologie sociale que l’on pourrait nommer la « coronanxiété ». Trois facteurs aggravants peuvent expliquer que la courbe de coronanxiété augmente plus vite que celle du coronavirus : La surabondance médiatique à
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Pour la suite du monde
Je n’avais jamais voulu avoir d’enfants. D’autres autour de moi souffraient de ne pas en avoir. Je ne les comprenais pas vraiment. Je n’étais pourtant pas fermée à la vie, je savais que j’allais accueillir mon enfant si Dieu m’en faisait le don. Mais je ne désirais pas être mère plus qu’il n’en faut. Je prenais la pilule pour un problème de santé. Et ça m’arrangeait d’une certaine façon. Désolée de le dire si crument, mais les mères m’inspiraient un certain dédain. Ma journée s’ouvrait sur des projets exaltants pendant que la pauvre mère était seule avec son enfant dans
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L’heure de notre mort
Le grand écrivain israélien David Grossman vient de publier dans Libération un article remarquable intitulé Questions pour temps d’épidémie dans lequel il constate que la pandémie sévissant actuellement dans le monde entier a rendu la mort « très tangible ». On est en droit d’espérer qu’il en restera quelque chose de salutaire et qu’on saura reconnaitre par la suite encore mieux la grandeur des soins palliatifs proprement dits en leur respect authentique de tout être humain à l’heure de sa mort. Le point d’orgue Cela dit, le dernier acte de notre humaine vie est la mort, instant final qui détermine tout ce qui a précédé, ainsi
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La mort, cet éléphant dans la pièce
La présente crise du Covid-19 nous a fait redécouvrir que nous étions fragiles, que le progrès ne pourrait pas toujours nous protéger des intempéries qu’il pouvait lui-même engendrer. La mondialisation est remise en question : l’humanité devra modifier sa manière de vivre à l’échelle de la planète. Sans ajustements, nous connaitrons de nouvelles crises majeures, qu’elles soient sanitaires ou environnementales. Bien des choses ont déjà été dites, mais je ne crois pas me tromper en soulignant qu’il flotte au Québec un important malaise. Peu d’observateurs ont cru bon de l’aborder. Comme diraient les anglophones, il y a un éléphant dans la
