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Le retour du bien commun
Vous connaissez la devise des mousquetaires ? « Un pour tous et tous pour un ! » En ce temps de crise sanitaire, l’ensemble de la population est invitée à se rallier à ce cri et à jurer allégeance à une étrange entité : le bien commun. Notion parfois honnie, oubliée ou incomprise, le bien commun est ce pour quoi tant de personnes font aujourd’hui de nombreux sacrifices et efforts. Le bien commun, une sorte de beau-frère éloigné qui ne se pointe qu’en temps de crise ? Non pas. Dans les faits, ce bien est présent dans nos vies à tout instant, mais il est un
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Quand Louis-Jean monte
Louis-Jean Cormier n’aurait pas pu mieux planifier la sortie de son dernier opus. On peut écouter Quand la nuit tombe depuis le 20 mars. Musicalement très réussi, l’album illustre aussi la quête existentielle qui torture l’artiste. En cette période de confinement, quel adon que le nouvel album d’un compositeur apprécié ! Louis-Jean Cormier n’aurait pas pu mieux planifier la sortie de son dernier opus : pendant cette pause imposée, on peut l’écouter pour vrai. Quand la nuit tombe, disponible sur les plateformes d’écoute depuis le 20 mars, regroupe 10 titres aux airs tantôt électros, tantôt pop, tantôt doux et simples. Après une pause de cinq
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Dieu dort-il dans la barque?
Un texte d’Édouard Malenfant Le confinement actuel nous a fait basculer de l’extérieur vers l’intérieur. Car il ne s’agit pas seulement d’un moment pour nous demander si nous allons réussir à revenir à « la vie normale ». C’est l’occasion de comprendre ce qu’il faut changer dans cette vie : essayons de voir pourquoi Dieu semble nous laisser dans la tempête. Il me semble que le temps n’a plus la même densité depuis que nous sommes séparés physiquement les uns des autres. J’ai l’impression de me retrouver les dimanches après-midi de mon enfance quand mes parents âgés faisaient la sieste pendant que mes
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Découverte du vaccin contre la coronanxiété
Le coronavirus se répand partout dans le monde et propage avec lui un virus spirituel : la coronanxiété. Zoom sur cette autre épidémie qui attaque nos âmes plus que nos corps. La courbe de coronanxiété Avec la peur de la mort qui envahit les esprits, c’est une véritable épidémie de peur qui se répand. Alors que depuis quelques années, nous entendons parler d’« écoanxiété », depuis quelques semaines nous assistons à une nouvelle forme de pathologie sociale que l’on pourrait nommer la « coronanxiété ». Trois facteurs aggravants peuvent expliquer que la courbe de coronanxiété augmente plus vite que celle du coronavirus : La surabondance médiatique à
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Pour la suite du monde
Je n’avais jamais voulu avoir d’enfants. D’autres autour de moi souffraient de ne pas en avoir. Je ne les comprenais pas vraiment. Je n’étais pourtant pas fermée à la vie, je savais que j’allais accueillir mon enfant si Dieu m’en faisait le don. Mais je ne désirais pas être mère plus qu’il n’en faut. Je prenais la pilule pour un problème de santé. Et ça m’arrangeait d’une certaine façon. Désolée de le dire si crument, mais les mères m’inspiraient un certain dédain. Ma journée s’ouvrait sur des projets exaltants pendant que la pauvre mère était seule avec son enfant dans
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L’heure de notre mort
Le grand écrivain israélien David Grossman vient de publier dans Libération un article remarquable intitulé Questions pour temps d’épidémie dans lequel il constate que la pandémie sévissant actuellement dans le monde entier a rendu la mort « très tangible ». On est en droit d’espérer qu’il en restera quelque chose de salutaire et qu’on saura reconnaitre par la suite encore mieux la grandeur des soins palliatifs proprement dits en leur respect authentique de tout être humain à l’heure de sa mort. Le point d’orgue Cela dit, le dernier acte de notre humaine vie est la mort, instant final qui détermine tout ce qui a précédé, ainsi
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La mort, cet éléphant dans la pièce
La présente crise du Covid-19 nous a fait redécouvrir que nous étions fragiles, que le progrès ne pourrait pas toujours nous protéger des intempéries qu’il pouvait lui-même engendrer. La mondialisation est remise en question : l’humanité devra modifier sa manière de vivre à l’échelle de la planète. Sans ajustements, nous connaitrons de nouvelles crises majeures, qu’elles soient sanitaires ou environnementales. Bien des choses ont déjà été dites, mais je ne crois pas me tromper en soulignant qu’il flotte au Québec un important malaise. Peu d’observateurs ont cru bon de l’aborder. Comme diraient les anglophones, il y a un éléphant dans la
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Ces choses de la psychose pandémique qui m’exaspèrent
S’il y a un genre littéraire négligé, c’est bien celui de la liste. Voici donc celle des choses qui m’exaspèrent dans notre réaction commune à la situation flottante et anxiogène qui nous tarabuste l’existence. François Legault qui répète chaque jour que cette crise représente le plus grand combat de notre vie Je ne sais pas ce qui me décourage le plus. Que plusieurs parmi nous pensent cela, ou que ça soit peut-être vrai. On se rappelle que la consigne principale est de rester à au moins deux mètres les uns des autres. À l’ère du numérique, de la commande en
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Être catéchumène à l’heure du confinement
En accord avec les directives édictées par le gouvernement afin de lutter contre la COVID-19, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec a annulé toutes les célébrations publiques. Ce faisant, des centaines de jeunes et d’adultes qui devaient recevoir le baptême lors de la Veillée pascale sont actuellement confinés entre les murs de leur logis. Le Verbe a rencontré une catéchumène et deux catéchètes du diocèse de Montréal qui nous partagent leurs réflexions. « Mais pourquoi laisses-tu faire cela, Seigneur ? » Voilà le cri du cœur qu’a lancé Anne-Marie Bénédicte Aka, catéchumène de la paroisse Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de l’arrondissement LaSalle à Montréal, devant les
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Le Bon Dieu dans la rue
On est sorti pour peut-être se donner l’impression qu’on allait à la messe du dimanche des Rameaux. On a marché le long du fleuve comme on le fait tous les jours depuis le début de ce confinement. En regardant Montréal au loin. Et ici, les bernaches. On traverse la rue pour s’arrêter devant notre église fermée. On contemple le Christ qui est là, présent. Mon mari rompt le silence : « Tiens, v’là ton ami ! » André ? Depuis le confinement, je ne l’avais pas revu, ni lui ni son compagnon de tous les jours. On s’approche. « Tu es seul ? Où est Richard ? –
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Semaine sainte en détresse
La Semaine sainte est l’occasion de revivre la Passion et la Résurrection de Jésus-Christ. Ce point culminant de la vie chrétienne l’est encore davantage dans le contexte actuel de pandémie. Comment unir intimement d’un côté la détresse et la misère humaines, et de l’autre la liturgie et la musique ? La Semaine sainte prend une coloration sombre, très réelle, en raison de la grave pandémie qui secoue le monde en profondeur. Par le confinement généralisé, ces quelques jours sont l’occasion où les moins affectés par la crise peuvent scander intérieurement la douloureuse marche qui va des manifestations de liesse du dimanche
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Mes légumes
J’ai passé ma journée dans mes légumes. Ce matin, puisque je devais sortir pour le travail, je me suis dit que j’allais en profiter pour passer à l’épicerie en revenant, question d’acheter des fruits et des légumes. En arrivant, je vois qu’on attend en file indienne à deux mètres les uns des autres sous une petite pluie fine et froide. « Ah ! Non ! Pas encore ! » Cette fois, je n’avais ni gants, ni chapeau, ni foulard, ni même de parapluie. Fouille dans l’auto partout. Pas de parapluie ! Je grogne. Dans le hall, il y a des pastilles rouges collées au sol. On
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De l’insouciance à l’État de guerre. Récit de quatre étudiants exilés et confinés
Comme de nombreux étudiants partis en échange cet hiver, Michèle, Arnaud, Madeleine et Jacques ont dû revenir au pays à cause de la COVID-19. Les risques de contamination pour la population et le fait que l’un d’entre eux présente des symptômes du virus les obligent à demeurer en quarantaine quelques semaines dans un chalet. Exil et retour de quatre étudiants qui sont passés de la folie des aéroports au calme du fleuve et de l’amitié. En partant au mois de janvier pour Strasbourg, jamais les quatre étudiants n’auraient pensé revenir si tôt. La session se terminant à la fin avril,
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Ce qu’on a toujours voulu savoir sur les virus
Nous parlons tous les jours de la COVID-19, du virus qui a fait surface récemment. Mais savons-nous ce qu’est un virus ? Ariane Beauféray, biologiste, doctorante et journaliste scientifique, a répondu aux questions de Simon Lessard à On n’est pas du monde. Simon Lessard : Qu’est-ce qu’un virus ? Est-ce que ce sont des petits animaux microscopiques ? Est-ce que c’est la même chose qu’une bactérie ? Ariane Beauféray : Les virus ont une place à part en biologie : contrairement aux plantes, aux animaux et aux bactéries, ce ne sont pas des organismes cellulaires. Il existe d’ailleurs des débats actuellement sur leur appartenance ou
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L’amour au temps du corona
Il y a quelques semaines, Netflix mettait en ligne le film Paul, Apôtre du Christ (2018). Je vous livre ici quelques réflexions qu’il m’a inspirées par rapport à la situation actuelle. Toutefois, si vous croyez que je vous convie à un programme de divertissement qui vous détournerait de la crise que nous vivons, détrompez-vous. Bien au contraire, ce film nous y plonge et permet par là un ravissant recueillement. Je dois l’avouer, je n’ai pas visionné ce long métrage dès sa sortie : je m’attendais à quelque chose d’un peu mièvre et de démodé. En ces temps de réclusion, je songeais à
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Petit lexique apocalyptique
Walking Dead, Black Mirror, Hunger Games, crise climatique, postmodernité, hypermodernité… Qu’est-ce que ces émissions, ces films et ces concepts ont en commun ? Ils renvoient tous à un monde qui ne va pas en s’améliorant, pas très solide et sur le bord de l’effondrement. La culture populaire, les scientifiques et les philosophes semblent s’entendre sur une chose : il faut penser l’apocalypse. Simon Lessard, à On n’est pas du monde, a exploré le côté lumineux de trois concepts clés de l’apocalypse : la dystopie, la collapsologie et le complotisme. Car, de la même manière que l’apocalypse n’est pas seulement une destruction, mais aussi un dévoilement (ápó,
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L’anticommunisme au Québec
Depuis quelques semaines déjà, une bonne partie de la planète est en confinement. Si vous êtes comme moi, ce temps imprévu de réclusion vous a certainement permis de récupérer le retard que vous aviez pris dans vos lectures. La Peur Rouge : Histoire de l’anticommunisme au Québec 1917-1960 d’Hugues Théorêt fait partie de ces ouvrages dont je désirais ardemment entreprendre la lecture. Contrairement au défaut de trop nombreux livres d’histoire, ce livre ne tombe pas dans les jugements à l’emporte-pièce qui visent à susciter un sentiment de supériorité du lecteur face aux élites du passé. Cette objectivité méthodologique nous permet de mieux juger par
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Hier, on est sortis
Hier soir, on est sortis en douce, presque en cachette. On a fait des hotdogs aux enfants en les installant devant un film, en bas dans la salle familiale. Ils jubilaient ! Manger devant la télé ? Ça n’arrive jamais ! On a même sorti deux bouteilles de Coke pour l’occasion. La totale, quoi. Nous deux, on est remontés en leur disant qu’on sortait. Ils n’avaient même pas l’air surpris. Ils avaient plutôt l’air de dire « Ouais, ouais… bon débarras ! » Doucement, on a refermé la porte de l’escalier. On a ouvert la radio. Notre émission du samedi commençait. Des petits airs des années quarante qu’on aime
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Une mzungu comme les autres
La veille de notre départ du Rwanda, le père Élie, directeur de l’antenne rwandaise des Œuvres pontificales missionnaires, nous a invités au restaurant. Il voulait nous faire oublier nos tracas en nous faisant découvrir une nouvelle table. Face à notre silence persistant, il a insisté : « Nous allons au restaurant. Ce n’est pas loin. Vous avez compris ?! » Pour tout dire, nous aurions été prêts à jeuner pour nous rendre directement à l’hôtel. Nous voulions nous connecter au wifi le plus rapidement possible afin de prendre les dernières nouvelles. Nos vols de retour étaient prévus le lendemain. Après avoir quitté Kigali, nous
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L’Italie, Marta et sa grand-mère
Marta Gelpi, Italienne d’origine, habite en Suisse, à trois kilomètres de la frontière italienne. Elle a accepté de me partager les moments douloureux qu’elle et ses proches affrontent en ces temps où son pays a atteint le record mondial de morts des suites du coronavirus. La foi est pour elle, et sa grand-mère vivant à Milan, une lumière obscure qui, l’espère-t-elle, illuminera les vies consumées par le virus et la solitude de la dernière heure. Pour Marta et le peuple italien, le drame secouant la Chine leur semblait bien lointain il y a quelques semaines. Pour le reste du monde, celui de
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La vie intérieure retrouvée
En ces temps de pandémie, je plains ceux qui se définissent uniquement par l’action ou par leur « utilité » dans le monde, ceux qui n’ont pas de vie intérieure. Je ne suis pas de ceux qui confondent vie intérieure et vie spirituelle, même si l’une et l’autre peuvent se superposer chez les croyants. Par vie intérieure, j’entends cet univers intime, ce lieu bien à soi, nourri par les expériences que nous avons vécues, mais aussi par les temps libres de réflexions sur la vie, son sens, ses finalités. Une certaine anthropologie chrétienne opposait le corps et l’esprit. S’il fallait bien se
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Le désert
J’ai pris mon courage à deux mains. Une fois arrivée, j’étais soulagée de voir un stationnement à moitié vide. Enfin ! La folie du Costco est finie ! J’ai mis de l’essence pour pas cher, je me suis stationnée presque heureuse et je me suis dirigée vers l’entrée. Quoi ? Une barricade ? Une file interminable ? Chacun à deux mètres de distance. Chacun, le cou rentré dans son manteau. Devant la barricade de palettes de bois, des employés aux airs de bouncer. Le long de la file, d’autres, dossard orange sur le dos, transmettent leurs directives. Au nom de ma famille, j’y vais ! Je marche
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Résister avec résilience à la pandémie
Je ne pense pas que ça va bien aller. Je n’ai pas l’enthousiasme de mon conseiller financier qui m’invite à acheter des actions au rabais parce que « c’est une pandémie, pas une crise économique ». J’envie la légèreté de ceux qui célèbrent, malgré tout, l’arrivée du printemps. Je n’ai pas l’optimisme béat, car je pense à tous ces gens qui vont mourir, seuls, face contre terre. À ces malades du cancer qui auraient été habituellement sauvés, mais qui ne pourront pas être opérés à temps. Je pense à mes amis qui viennent de perdre leur emploi et dont l’avenir, à court et
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La mission à Chypre au temps du COVID-19
Ce texte est une version augmentée d’une lettre que j’ai récemment envoyée à mes parents et mes amis alors que je vis un temps de mission à Chypre. Chers parents et amis, J’écrivais, il y a deux semaines, que le COVID-19 n’avait pas encore migré en direction de l’ile de Chypre. Et bien, je finissais à peine d’envoyer le message qu’on recensait les premiers cas d’infection. Aujourd’hui, ce n’est un mystère pour personne : cette épidémie a atteint des dimensions planétaires. Une rencontre aux allures banales Alors, mercredi matin, le 11 mars, j’allais tout bonnement à l’église pour prier les laudes avant
