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Dialogue avec le poète Fernand Ouellette
Réaliser une entrevue avec un poète, catholique de surcroit, peut entrainer le journaliste sur des chemins de traverse qu’il emprunte sans trop savoir où ils mènent. En ces moments, il doit laisser tomber ses questions, préparées pour suivre la voie tracée par l’amant des mots. L’entrevue se transforme alors en dialogue où l’on peut aborder des thèmes hors champ qui nous révèlent la profondeur d’âme de l’auteur. C’est ainsi que la petite Thérèse (sainte Thérèse de Lisieux) nous a amenés à parler de l’importance qu’elle avait dans sa famille. Je connaissais l’amour que lui porte Fernand Ouellette, mais je n’avais
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Dialogue avec Thomas De Koninck : de la musique avant toute chose
« La vertu est une musique et la vie du sage une harmonie », écrivait le polonais Henryk Sienkiewicz, Prix Nobel de littérature. Quelle est la nature du lien entre la musique et la vie humaine ? Le Verbe en a discuté avec le professeur de philosophie Thomas De Koninck pour savoir si l’amour de la sagesse est bien le chantre de l’inspiratrice de tous les arts. Le Verbe : « La musique creuse le ciel », a noté un jour Baudelaire dans son journal, juste après une réflexion sur la prière, comme si toutes deux étaient des voies privilégiées vers Dieu. Mystère qui conduit au Mystère par
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Résister en chantonnant
Pour la première fois de notre histoire, on nous a interdit de chanter ! Il parait que quand on chante on se crache les uns sur les autres et tout devient commun, les passions comme les virus. Voilà comment le chant, de la même manière que les poignées de main, les mariages et le sexe, est devenu une activité mortelle : il favorise la communion. Bref, chanter c’est communier et communier c’est donner la mort. On se croirait dans une dystopie orwellienne où les mots en sont venus à signifier leur exact opposé. Interdire à un peuple de chanter, c’est l’empêcher de respirer. Nul
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Grandeur et misère des complots
Les bouleversements entrainés par la pandémie ont redonné une plus grande visibilité aux théories du complot. En bien ou en mal, les commentaires à leur sujet se multiplient dans les médias et sur les réseaux sociaux. Cependant, on parle souvent de ces théories de façon confuse, ce qui brouille l’opinion qu’on peut se forger à leur sujet. Commençons donc par distinguer ce qu’est une théorie du complot pour ensuite envisager les problèmes qui y sont liés. Qu’est-ce qu’une théorie du complot ? Autant parmi les gens qui les soutiennent que parmi ceux qui les dénoncent, les théories du complot sont parfois
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Retour sur la tragédie de Lac-Mégantic : les brasiers ardents d’une catastrophe ferroviaire
Il y a des évènements qui ébranlent pour toujours. Des moments charnières qui font dévier des rails de la vie ordinaire. Même sept ans après le drame, les citoyens de Lac-Mégantic ont encore la mémoire marquée au fer rouge. Le train qui siffle trois fois par jour, l’absence de leurs proches et les nouveaux liens tissés leur rappellent sans cesse la tragédie du 6 juillet 2013. Autour de la table, au presbytère de Saint-Agnès du Lac-Mégantic, cinq victimes de la catastrophe se remémorent ensemble cette nuit où l’on voyait clair comme en plein jour. Ils me racontent aussi comment l’espérance ne s’est jamais éteinte
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Les étudiants victimes de la technique
Maxime Scrive est étudiant en théologie. Comme beaucoup d’autres, la pandémie l’a contraint à poursuivre sa maitrise dans le salon de son 4 ½. Récemment, le verdict de l’Université Laval, où il étudie, est tombé : pas de retour en classe à l’automne. Déjà critique de la technique, il n’en fallait pas plus pour qu’il se joigne au Comité québécois En cours pas en ligne. Le Verbe a voulu en apprendre davantage sur ce petit comité qui a lancé une pétition le 23 juin dernier. Comment as-tu vécu la fin de l’année scolaire ? À vrai dire, je me souviens clairement de ma dernière journée de travail
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Une colombe vole dans la nuit: Fernand Ouellette, le poète visité par la grâce
Le poète, romancier et essayiste Fernand Ouellette est un homme habité par une nuit. Une nuit au cours de laquelle l’Esprit Saint a soufflé si fort qu’à l’aube son âme a réclamé le sang et le corps du Christ après 40 années de jeûne. Cette nuit-là, le poète est devenu un homme eucharistique.
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La palpation de Thomas
À ma mère pour son anniversaire Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux condisciples :« Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! »Jn 11, 16 L’apôtre Thomas est le genre de gars qui, en pleine pandémie, se sacrifie pour l’équipe en allant faire l’épicerie. Quand tout le monde est terré dans son trou par peur des juifs (et du virus) il accepte lui de sortir, de s’exposer. Quand le Christ, au moment des adieux, consolait ses disciples et les appelait à croire et à ne pas se troubler en disant qu’Il allait leur préparer une place, Thomas répondait un peu confus : « Seigneur, nous ne savons
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Comment j’ai fait la paix avec la reine
Je n’ai jamais vraiment souligné la fête du Canada. Elle m’a toujours laissé indifférent, de même que le pays qu’elle évoque. J’ai le même rapport à la fête des Patriotes… Ou de la Reine : Un congé ? Pourquoi pas ? Le 1er juillet, sinon, est aussi la journée du déménagement. N’est-ce pas éloquent que la fête du Canada soit la journée des Québécois pour déménager ? Bon, vous allez dire que c’est parce que les baux se terminent le 30 juin et vous aurez raison. N’empêche qu’un gars comme Clotaire Rapaille dirait sans doute que c’est révélateur d’un certain inconscient collectif. Clotaire qui ? La fièvre bleue Beaucoup disent
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Le roi David et George Floyd
George Floyd a été tué il y a un peu plus d’un mois. Peu après ont débuté des manifestations massives et parfois violentes, ainsi que des représailles souvent très sévères pour les réprimer. Si la question de la justice pour les personnes noires et les personnes de couleur aux États-Unis n’est pas nouvelle, elle n’avait pas suscité de mouvement de cette ampleur dans les dernières décennies. Comment faire sens de cette immense mobilisation à ce moment-ci de l’histoire ? Serait-il possible que la crise de la COVID-19 ait contribué à son déclenchement ? Une partie de la réponse réside sans doute dans
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L’évangile selon Air Jordan
Sortie en pleine pandémie, la série The Last Dance a su tenir un nombre record de téléspectateurs sur le bout de leur chaise pendant cinq semaines d’affilée. Analyse d’une série documentaire retraçant la saison 97-98 des Chicago Bulls et de leur star, Michael Jordan. 2020 restera pour longtemps dans les annales. La crise sanitaire à l’échelle mondiale ne laissera personne indifférent. Il y a cependant deux événements dignes de mention qui ont marqué le monde du sport et de la culture, notamment dans le giron du basketball professionnel : la mort tragique de Kobe Bryant, de sa fille et de 7 autres
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Le racisme, un problème d’exclusion
Le racisme soulève avec raison les indignations sociales actuelles. Mais la question est hautement passionnelle, donc volatile. Il n’est alors pas inutile de prendre du recul et de l’examiner sous l’angle, plus froid, de l’exclusion. Cette exclusion qui risque fort de mener à une contre-exclusion si l’on ignore que le combat contre la déshumanisation de l’autre passe d’abord par la lutte personnelle au plus intime du cœur de l’homme. Le racisme, une question à refroidir La question du racisme est brutalement revenue sur le devant de l’actualité, d’abord états-unienne, puis occidentale. Pas ailleurs, bizarrement : l’Occident qui naguère dominait le monde,
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L’autre moitié de la modernité
Pour plusieurs, déconfinement rime avec réouverture des librairies et découverte des nouveaux livres publiés qui, pour cause de pandémie, n’ont pu recevoir toute l’attention méritée. Espérons-le, cette attente aura pour effet de stimuler l’ardeur et l’appétit des lecteurs. C’est dans ce contexte que sort ces jours-ci le livre « L’autre moitié de la modernité : conversations avec Joseph Yvon Thériault », qui aborde de manière sociologique le Québec d’aujourd’hui. On trouve dans ces pages une bonne introduction à la pensée du sociologue acadien qui, tout au long de sa carrière, a cherché à comprendre notre époque aussi complexe que paradoxale. Sous la forme
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Pour une politique patrimoniale nationale
Les bâtiments patrimoniaux protégés au Québec sont nombreux. Cependant, le système comporte toujours des lacunes importantes. L’arbitraire et l’oubli de la hiérarchisation trouveraient certainement un remède dans la création d’un comité national d’experts. Le 29 mai dernier, le gouvernement du Québec émettait un avis d’intention de classement comme bien patrimonial de l’église du Très-Saint-Sacrement de Québec. Mon collègue Francis Denis a d’ailleurs écrit sur le sujet. La polémique autour de ce sujet révèle toutes les incohérences du programme de classement. Parce qu’au-delà des belles annonces des politiciens, il y a toute une façon de faire qui est complètement déficiente au niveau
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Au secours de la Saint-Jean-Baptiste
La fête de la Saint-Jean-Baptiste est le théâtre, depuis plusieurs années déjà, d’une ambigüité systémique. On fête une nation qui n’en est pas (encore) une. On souligne une fierté québécoise dont on oublie la source. Et les autorités insistent pour que le message soit inclusif et terne, parce que la plus grande crainte de ces fonctionnaires feutrés est de déplaire à quelqu’un. Dès lors, la table est prête pour le débat habituel. Ce jeu politique du consensus beige et de la plus basse platitude commune se trouve critiqué par les zélés de la cause souverainiste, et ceux qui insistent pour qu’on
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Quelque chose comme un grand saint
« Ce n’est jamais par la volonté d’un homme qu’un message prophétique a été porté :c’est portés par l’Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. »2 Pierre 1, 21 Nous fêtons aujourd’hui saint Jean Baptiste, patron des Québécois, connu pour son vêtement de chameau et son style marginal. Présentation d’un homme qui a toujours un message pour le Québec, d’un saint étrangement réactionnaire. Jadis au Québec, on se figurait saint Jean Baptiste comme un bambin aux cheveux blonds frisés et bien léchés. C’était l’image collective qu’on en avait lorsqu’il apparaissait encore dans les défilés et les festivités. Un saint
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Haut les cœurs (et les fleurs de lys)
En cette veille de la Saint-Jean-Baptiste, il est bon de voir ses amis, sa famille et de fêter la nation québécoise. Il est bon de sortir nos drapeaux, de les mettre sur notre dos, de les accrocher à nos balcons ou de les brandir fièrement. Mais savons-nous d’où vient l’emblème du Québec qui trône sur toutes nos institutions et, aujourd’hui, au milieu de toutes les rues ? La Saint-Jean-Baptiste, fête des Canadiens français, est à nos portes, amenant avec elle son lot d’organisation. Or, par-delà les préparatifs matériels, il n’est pas mauvais de se dépoussiérer la mémoire. La Saint-Jean-Baptiste est avant
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Jean-Paul II, qu’as-tu fait de ton baptême ?
Nous célébrons aujourd’hui le centenaire du baptême de Jean-Paul II. C’est l’occasion pour revenir sur un pape aujourd’hui saint, dont les grandes entreprises suscitent encore aujourd’hui la réflexion. Je l’avoue, depuis la dernière année, je m’intéresse beaucoup aux anniversaires de baptême. Sans doute parce que pour la première fois, je suis parrain (deux fois plutôt qu’une, salutations à Caterina et Klara !) et que j’ai été particulièrement interpelé par cette homélie lors de mon dernier passage à Paris. 20 juin 2020. Nous célébrons aujourd’hui le centenaire de l’anniversaire du baptême de Karol Józef Wojtyła. Quel heureux prétexte pour parler de sainteté, alors que ce sacrement lui est
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Aucune révolution à l’horizon : que restera-t-il de la crise ?
Avec la réouverture des restos, gyms, cinémas et lieux de culte, on peut dire que le confinement est passé, même si des mesures de distanciation demeurent. L’heure est aux bilans et perspectives : que restera-t-il de cette crise ? Va-t-elle transformer de manière profonde et durable notre monde ? Pas de révolution Difficile aux premiers abords de ne pas être cynique. Le déconfinement nous a prouvé que la logique économique allait toujours avoir le dessus dans un monde matérialiste. Les révolutions sociales, écologiques ou spirituelles attendues n’auront manifestement pas lieu. Depuis le début du confinement, la seule préoccupation des gouvernants comme des citoyens
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Le coronavirus est-il une punition divine ?
Le coronavirus est-il une punition divine ? Depuis le début de la pandémie, j’ai eu l’occasion de me frotter à diverses réflexions à ce sujet, réflexions me laissant souvent assez perplexe. La certitude avec laquelle certains répondent « oui » et d’autres « non » m’a en outre étonnée. Il y a somme toute quelque chose de surprenant à se prononcer aussi catégoriquement sur la volonté de Dieu à propos d’un évènement comme l’épidémie actuelle. Ce qui frappe également dans ces discours autour de la punition divine, c’est l’opposition radicale entre le « oui » et le « non ». Une chose est claire me semble-t-il : clamer que tous ceux
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Faire les séries
Imaginez une saison de sport qui dure en moyenne 82 matchs, mais qui peut se terminer après 13 ou 43 parties. Tous peuvent participer aux séries. Certains y travaillent avec cœur en espérant y prendre part, d’autres s’entrainent de manière exemplaire sans trop savoir s’il y a des séries. Étonnamment, beaucoup sont persuadés de l’impossibilité d’une après-saison. Qu’importe, quand les séries commencent, trois voies s’annoncent, et elles n’ont rien d’éliminatoire. Avec la populaire locution latine carpe diem […], il faut bien se rappeler aussi sa cousine memento mori. La première mène directement à la coupe, source de joie éternelle. La seconde nous
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La Société Saint-Vincent-de-Paul : lutter contre la faim du monde
Qu’est-ce qui fait qu’en 2020, dans nos rythmes de vie de fou, des gens trouvent le gout d’offrir gratuitement du temps à des œuvres de charité ? Maxime Boisvert, photographe, et moi sommes partis à la rencontre de trois bénévoles de la Société Saint-Vincent-de-Paul de Montréal (SSVP), fondée en France en 1834 par le bienheureux Frédéric Ozanam et arrivée au Québec à peine douze ans plus tard. Zoom sur les plus récentes évolutions de la SSVP, mais surtout sur les visages humains de ces bénévoles investis dans la société au service des plus pauvres. Myriam « En priorité, je te dirais que
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Patrimoine négligé : un rapport vicié au passé
Pas un mois, pas une semaine ne se passe sans que l’actualité ne ramène à l’avant-scène une vieille église ou une maison ancestrale sur le point de s’effondrer ou d’être démolies par des barons de villages ou des promoteurs sans scrupules. On s’indigne, on pointe du doigt Jean et Jacques, mais l’hécatombe se poursuit, comme si de rien n’était. Le dernier rapport de la Vérificatrice générale (VG) ne fait donc que confirmer ce que nous savions déjà : notre État « national » néglige le patrimoine bâti. Vous souhaitez qu’un bâtiment soit classé et protégé ? Deux fois sur cinq, vous risquez d’attendre au moins
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Cultiver pour donner : un jardin d’entraide
Le projet Cultiver pour donner est parti d’une simple passion pour le jardinage et d’un désir d’entraide. Aujourd’hui, l’organisme compte neuf terrains pour la culture et distribue ses produits à de nombreux bénéficiaires à Québec. Entrevue avec Jacques Bilodeau, diacre et fondateur. Passionné de jardinage depuis de nombreuses années, Jacques Bilodeau a voulu redonner au suivant. Il y a cinq ans, avec sa femme, le diacre de la paroisse Saint-François-de-Laval a cultivé chez lui des légumes qu’il a offerts à des familles démunies de Limoilou. Le projet Cultiver pour donner venait ainsi de naitre. « J’ai travaillé pendant 13 ans au
