Nos articles
Magazine-
La fin du monde est à cette heure
Quand le téléjournal nous assomme avec la réalité, une des meilleures solutions pour fuir mentalement, ça reste de voir ce que la fiction a à nous offrir. C’est qu’on nous en propose, sur les plateformes du type Netflix et Crave, des séries de fiction ! Et parmi les plus populaires, on retrouve toujours les dystopies et les séries postapocalyptiques. Analyse. Il y a de ces semaines où c’est mieux, pour garder le moral, de ne pas regarder les nouvelles. Voyons un peu : Catastrophes naturelles de tous genres. À gauche, des incendies sans précédent ; à droite, des inondations rocambolesques ; au nord, des
-

De l’importance d’avoir des après-midis libres
On sait que la terre tourne autour d’elle-même à une vitesse de plus de 1000 km/h. Simultanément, elle voyage autour du soleil à un rythme de 108 000 km/h. On estime que le système solaire, lui, fonce à travers la galaxie à une vitesse qui varie entre 720 000 km/h et 900 000 km/h. Et notre amas de galaxies se balade dans le cosmos à quelque chose comme 2,1 millions de km/h. On a beau prendre une pause pour attacher nos lacets anagogiques, on n’est jamais tout à fait immobiles. Notre situation dans l’univers n’est rien d’autre que la pointe d’une flèche qui avale les kilomètres à un
-

Et si la fête des Mères n’avait pas lieu…
Au moment d’écrire ces lignes, la distanciation sociale est encore obligatoire. On peut penser que bon nombre de mamans ne pourront pas serrer leurs enfants dans leurs bras pour la fête des Mères cette année. Plutôt que de nous apitoyer sur nos sorts, je convie les mamans à réfléchir avec moi sur la nature de notre rôle maternel. L’amour donneur C.S. Lewis, l’intellectuel anglais et auteur des fameuses Chroniques de Narnia, propose une définition de l’affection. Au sujet de ce type d’amour caractéristique de la relation mère-enfant, il écrit : Les besoins et l’amour demandeur de l’enfant […] sont manifestes, tout comme
-

La peste et les chrétiens : une histoire d’amour ?
Entre 165 et 190, une épidémie de ce qu’on pense aujourd’hui être la variole éclot dans l’Empire romain. De l’année 250 à l’année 266, c’est la rougeole qui décime entre un quart et un tiers de la population de l’Empire. L’historien Rodney Stark estime que, lors de ces crises, les actions des chrétiens pour aider les malades ont été si exceptionnelles et transformatrices qu’elles ont contribué à la montée décisive du christianisme. Ce qui choque dans les témoignages de l’époque, c’est, comme l’a analysé l’historien Rodney Stark dans son ouvrage L’essor du christianisme (1996), la réaction extraordinaire des chrétiens durant cette pandémie. Les « Galiléens » : les soldats
-

Rencontre au front avec André, postier
André est fidèle au poste depuis 30 ans. Il est « chef d’équipe », mais autrefois, on appelait ça « maitre de poste ». Derrière son comptoir, c’est habituellement un homme enjoué et engageant qui nous accueille, mais avec la pandémie, pour la première fois de sa vie, c’était la peur qui le dominait. « Les médias ne parlaient que d’infirmières, de préposés ou autres services de santé, mais moi, postier, j’étais aussi un service essentiel, j’étais aussi en première ligne ! « À part mettre les enveloppes et les colis dans les casiers, le gros de mon travail, c’est le service à la clientèle. Il y
-

Fiancés, confinés et séparés
Le temps des fiançailles est béni. Mais que se passe-t-il quand soudain, à cause d’un virus mortel, le monde s’arrête ? Deux couples de fiancés ont partagé au Verbe ce qu’ils vivent en cette période de grandes incertitudes. Raphaël, 24 ans, est étudiant en génie électrique à l’Université du Québec à Rimouski. Il travaille pour une firme spécialisée dans le traitement des eaux. En 2016, la famille de Raphaël, membre du Chemin néocathécuménal, décide de s’installer à Rimouski afin d’aider Mgr Denis Grondin dans son projet d’évangélisation. Le jeune étudiant au cégep tient fermement à demeurer à Québec. Pour ce faire, il
-

La fin des possibles
Il y a deux mois, je pensais que pour moi tout était possible. J’ai de l’argent, j’ai du temps.Je n’ai ni enfants ni engagements.Pas même un appartement. Tout est possible, me disais-je naïvement. Je peux aller où je veux, faire ce que je veux.Je peux dorer sur les plages des Seychelles, danser sur le pont d’Avignon.Je peux marcher sur le chemin de Compostelle, prier au mur des Lamentations. Il y a deux mois, je croyais que tout était possible. Mon seul défi était de me décider devant ce choix surabondant,de me fixer dans mes désirs changeants. Aujourd’hui, j’ai encore plus
-

Rencontre au front avec Marie Lyne Boucher
Marie Lyne ne pouvait pas se douter qu’en devenant technicienne d’intervention en loisir dans un CHSLD, elle pourrait communier, elle, chaque jour, au Corps du Christ, alors que le reste du monde en serait privé. « Le Corps du Christ ? Je le mange ici : cet amour universel bien concret, palpable. Je découvre la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Dieu. » (Ep 3, 19) Le loisir dans un milieu de vie (le CHSLD), « c’est le sel qu’on met sur le steak ! dit Marie Lyne. Ma job, c’est de faire vivre et d’animer le milieu de vie autant par ma
-

L’abbé Huvelin, un célèbre pasteur inconnu
Per il mio pastore C’est le dimanche du Bon Pasteur, journée mondiale des vocations. Un temps pour prier pour nos prêtres – ces temps-ci certes quelque peu « virtuels », mais pourtant bien présents. Évoquer la figure du prêtre dans le monde, c’est presque immanquablement se heurter aux plaintes, aux dénonciations, etc. Les scandales remplissent trop souvent la place publique, et ce au détriment de tout le bien que font nos pasteurs. Benoît XVI, contre la résignation, le doute et le possible refus du clergé, propose à l’Église et au monde un remède très simple : méditer les exemples « des figures splendides de pasteurs généreux, de
-

Faire son ménage du tout le temps
Entre ma fin de session et la fin de la COVID-19, le ménage du printemps est venu faire son tour par chez moi. Il faut bien tuer le temps, où le laisser revivre… Donc, j’ai fait le ménage. Après, je suis passée par le lavage. Puis encore le ménage. Mon appartement est devenu la terre des quêtes qui habitent mon cœur, confinement ou pas. La salle de bain au grand complet, la vaisselle, le salon, l’intérieur de mes 3000 paires de souliers (je ne savais pas que j’en avais autant ! Pourquoi ne pas faire un petit don à la Saint-Vincent-de-Paul ?),
-

Petit éloge de Laurent Duvernay-Tardif, un héros actuel
Ces derniers temps, on a beaucoup souligné le travail de ces « anges gardiens » qui veillent sur nos parents, amis, voisins dans les CHSLD et dans les hôpitaux de plus en plus surchargés. Cette semaine, Laurent Duvernay-Tardif fait la une du Sports Illustrated. Le grand gaillard des Chiefs de Kansas City, premier joueur de la NFL à avoir obtenu son diplôme de médecine, acceptait de prêter mainforte aux préposés aux bénéficiaires et autres infirmières débordées. C’est absolument admirable. De Louis Cyr à Maurice Richard, nos héros masculins étaient souvent issus des basfonds, sans éducation. Bien qu’admirables, leurs succès reconduisaient souvent une conception un peu
-

Le travail pour prendre soin des autres
Un texte de Mgr Fernando Ocáriz Braña Aujourd’hui, fête des travailleurs, et de leur patron saint Joseph. C’est une occasion privilégiée de réfléchir à bien des aspects de la réalité trop souvent oubliés, mais mise évidence par la crise du coronavirus : D’abord, qu’il y a tant et tant de bonnes personnes dans le monde ; ensuite, que le progrès doit aller de pair avec une maitrise de la nature qui soit respectueuse ; aussi, que nous dépendons les uns des autres et que nous sommes tous vulnérables ; enfin, qu’une société qui se veut humaine doit être solidaire. Les professions liées à la santé
-

Vers une simplicité involontaire?
Le fait que l’économie s’écroule actuellement parce que les gens n’achètent que des biens et services jugés essentiels est très révélateur de l’aberration qui guide nos sociétés modernes. Le modèle de croissance économique se base sur la prétention d’une consommation continue qui se doit d’être toujours plus grande. Pour se faire, il faut gonfler artificiellement la consommation. Tout le système repose sur le désir du consommateur, on l’excite au moyen de manipulations psychologiques jouant sur l’idée du bonheur inhérente à tout être humain. En résumé : « puisque les gens désirent tous être heureux, vendons-leur du bonheur. » Vous me direz que j’y
-

Rencontre au front avec Isabelle Bouchard
Jusqu’au Vendredi saint, Isabelle faisait sa job d’infirmière auxiliaire au CHU de Québec comme toutes les autres. Elle avait pourtant réussi à s’adapter aux mille changements ; chaque matin, un nouveau département, de nouvelles personnes, d’autres pratiques. Ambiance lourde infinie. « Au début de la crise, j’étais en colère. Je trouvais injuste d’être obligée de travailler, alors que d’autres étaient payés à rester chez eux ! Je voyais tout négatif et je me battais intérieurement pour sortir de cet état d’esprit. » Puis, un jour, Isabelle a soudainement compris que tout n’était pas si noir. « Je me suis dit : “Voyons ! Je ne suis pas
-

Jean-Baptiste décapité: un regard neuf sur la Révolution tranquille
Depuis quelques années, on note un regain d’intérêt pour l’étude de ce qu’on appelle communément la « Révolution tranquille ». Geneviève Zubrzycki, professeure titulaire en sociologie à l’Université du Michigan, propose une perspective originale dans son récent essai Jean-Baptiste décapité : Nationalisme, religion et sécularisme au Québec. L’histoire habituellement transmise, celle de l’émancipation d’un peuple du joug trop zélé d’une Église omnipotente, est de plus en plus remise en question. Bien qu’on n’assiste que très rarement à une critique globale de ce que l’historien Michael Gauvreau nomme « l’orthodoxie libérale », je constate néanmoins un mouvement de fond qui, pierre par pierre, déconstruit ce qui
-

La dignité dans ma maison
Et l’autre reste là, Le meilleur ou le pire, Le doux ou le sévère. Cela n’importe pas, Celui des deux qui reste Se retrouve en enfer. Jacques Brel Plus les jours passent, moins les nouvelles sont bonnes, il me semble. Les CHSLD, qui font la une des journaux à la place des stars de cinéma, sont le théâtre d’horreurs indescriptibles. On réalise qu’il y a un sérieux problème dans la manière dont on s’occupe de nos vieux, à l’échelle nationale. Tout le monde trouve que c’est épouvantable, que ça n’aurait jamais dû se rendre jusque-là ; on essaie de mettre des Band-aids sur l’hémorragie
-

Accouchement et foi en temps de pandémie
Trois mères et une sagefemme croyantes offrent leur expérience de l’accouchement en ce temps de crise. Quatre récits uniques sur cette joie de donner la vie en toutes circonstances. L’accueil Noémie accouche de Théophane le jour du Mercredi des Cendres, avant la mise en place des mesures de confinement. « Ce drôle de carême » qui débute en même temps que son quatrième trimestre s’avère plus aride que prévu. « Au début de la crise, je me disais que ça ne changerait rien, car de toute façon, je ne sortais pas. Mon plus grand trajet était entre mon lit et la salle de bains.
-

Pleurer bibliquement la pandémie
La présente pandémie n’est pas sans rappeler quelques grands évènements de l’histoire humaine et, plus spécifiquement, de la Bible. Dans une entrevue accordée au Verbe, le bibliste Sébastien Doane nous montre que ces textes anciens ont quelque chose à nous enseigner au sujet des périodes tristes et difficiles. Sébastien Doane, bibliste, est membre de la Biblical literature and the hermaneutics of trauma, cellule d’étude elle-même rattachée à la Society of biblical literature. « Mes recherches tentent de comprendre comment des personnes et des groupes tentent de passer au travers d’évènements traumatiques et engendrer une littérature à partir de ces drames. » Il ne faut
-

Déni de la mort, exclusion de la vieillesse
Un texte de Claude Simard La mort est consubstantielle à la vie, elle en est le terme incontournable. Dès qu’un être vient au monde, il est inexorablement voué à mourir un jour. Toute vie est mortelle. Dans la roue de l’existence, un vivant sera un mort, et un mort aura été un vivant. Telle est la loi implacable de la Nature. Qu’elle soit naturelle ou accidentelle, douce ou atroce, lente ou rapide, la mort provoque des sentiments de crainte et de répulsion chez la plupart des êtres humains. C’est l’épreuve suprême dont le caractère tragique entraine le vain désir de
-

Histoire de famille
Depuis trois jours, j’ai la tête dans les souvenirs, le cœur dans le passé et les yeux dans l’eau. Je suis dans mes photos de famille. Mon salon et ma salle à manger ont l’air d’un entrepôt. J’ai sorti la grande table qu’on sort à Noël et j’y ai mis toutes les photos, les enveloppes, les albums, les boîtes. Il y a aussi cinq bacs de souvenirs de famille que j’ai sortis du garage. Tant qu’à être enfermée encore pour trois semaines, autant en profiter pour faire ce que j’ai toujours remis au lendemain. J’ai décidé de faire l’histoire de
-

Un Québécois errant à Mexico
Je n’avais jamais mis les pieds au sud des États-Unis quand, au mois de février dernier, j’ai atterri à Mexico en plein après-midi. C’était avant la crise du coronavirus qui referme l’ouverture tous azimuts de notre époque. À la sortie de l’aéroport, la chaleur contraste avec l’hiver permanent de mon pays. Pour me rendre en ville, une promenade dans une voiture jaune s’impose naturellement ; plusieurs disparitions surviennent à bord des taxis rose et blanc, souvent en bien mauvais état et pourtant emblématiques de la ciudad de México. Coyoacan, une enclave multicolore À bord du véhicule, ma connaissance rudimentaire de la langue
-

L’Annonce faite à Laurence
À Noël dernier, j’ai lu et relu L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel. Livre fascinant. Violaine, jeune fille d’environ 18 ans, dans un moment de joie enfantine, embrasse un pauvre lépreux, triste et déprimé. Un geste innocent, spontané. Comme un élan pour remercier Dieu de tout le bonheur dont il la comble : elle va bientôt se marier avec l’homme qu’elle aime ! Bien sûr, elle attrape elle aussi la lèpre et doit dire adieu au fiancé. C’est sa sœur qui l’épousera. Elle, elle se retrouve dans une grotte, isolée de tous, le visage déformé, les yeux consumés. Elle est aveugle et
-

Éloge de la beauté : de l’utilité de l’art en temps de crise
Je ne vous apprendrai rien : comme les médias nous le rappellent tous les jours, la période actuelle est difficile au plan sanitaire, social et économique. Nous vivons un drôle d’état de siège, confinés 24 h/24 h à la maison tout en ayant virtuellement accès au monde entier. Toutefois, c’est grâce à la technologie que, parallèlement aux mauvaises nouvelles en continu, la résistance au marasme social s’organise. Notamment par le biais de l’art. La situation actuelle a entrainé une accélération de la diffusion en ligne. Y participent les grandes institutions mondiales comme le musée du Louvre, le British Museum, le Metropolitan Museum of Art et la chapelle Sixtine ainsi
-

Petites pousses
Après avoir fêté la résurrection du Christ en touchant presque au Ciel, on est retombés les deux pieds sur la terre assez vite. Le matin de Pâques, on reçoit un texto de notre couple d’amis, Claire et Thomas, qui nous annonce que Charles, le père de Thomas, âgé de 85 ans, a déménagé chez eux depuis mardi. J’aime Charles. Depuis toujours. Même si, depuis toujours, il ne croit pas en Dieu, ou si peu, même s’il me met en pleine face les scandales de mon Église. Même s’il nous est arrivé deux fois plutôt qu’une de nous crêper le chignon sur
