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  • Rémi Brague et Le règne de l’homme

    Il y a un siècle déjà Chesterton écrivait : « Supprimez le surnaturel, il ne reste que ce qui n’est pas naturel. » Ce à quoi Rémi Brague pourrait aujourd’hui ajouter: « Supprimez ce qui dépasse l’homme, il ne reste plus d’homme. » Telle est, grossièrement résumée, la thèse qu’il défend dans son dernier ouvrage, Le Règne de l’homme, sous-titré : Genèse et échec du projet moderne. Titre paradoxal, puisque ce « règne de l’homme » que le philosophe Francis Bacon (1561-1626) souhaitait que l’on réalisât, correspond précisément à la disparition de l’homme. Émancipation totale? Le « règne de l’homme », c’est son émancipation par rapport à tout ordre qui lui

  • Déco trash-écolo

    Ma mère collectionne les cloches et les coqs. Depuis toujours la cuisine est remplie de coqs, les uns plus stylisés que les autres. Certains sont de véritables œuvres d’art. Dans sa chambre trône une magnifique armoire remplie de cloches de tous les pays du monde qu’elle a visités. Moi, je collectionne les croix et les bidules religieux. Ce n’est pas par choix ou par envie de collectionner quelque chose. C’est par « hasard ». L’icône On venait d’emménager dans notre nouvelle demeure et nous devions nous rendre au dépotoir de la ville pour jeter des matériaux inutilisables. En mettant les pieds dans le

  • Photo: Pixabay (SnapwireSnaps - CC)Photo: Pixabay (SnapwireSnaps - CC)

    Femme libérée (des pharmacos)

    Un texte de Stefany Paulin-Gagné À toutes celles qui se sont fait conseiller la pilule au début de l’adolescence, qui l’ont prise en continu jusqu’à la mi-vingtaine et qui maintenant se posent des questions. À tous ceux et celles qui se demandent comment les adolescents font pour avoir une opinion sur la contraception en général. Je vous partage ici, à la veille de la Saint-Valentin, ce témoignage fort touchant d’une amie qui a décidé d’arrêter la pilule, sur un coup de tête prémédité, il y a de cela un an. « Ce texte s’adresse à mon prochain chum (qui que ce

  • Le sexe à l’école. L’amour nulle part.

    Jeudi dernier, je devais participer à l’émission de débat Open Télé animée par Sophie Durocher, sur MAtv. Je n’ai pas pu, j’étais malade. Le sujet? L’éducation sexuelle à l’école. Lise Ravary du Journal de Montréal a écrit un billet hier sur le sujet, et je me dois d’écrire ici ce que je serais allé dire ce soir-là en studio. Lise affirme que ce sont les parents « surtout dans les domaines religieux » qui ont contesté le cours obligatoire d’éducation sexuelle très explicite que l’Ontario s’apprête à donner en septembre, dès le primaire. D’abord, le fait que ce soit surtout

  • Photo: Immeuble résidentiel au coeur de la zone de conflit - région de Donetsk (Fotolia, Evgeny Govorov)Photo: Immeuble résidentiel au coeur de la zone de conflit - région de Donetsk (Fotolia, Evgeny Govorov)

    L’Ukraine et le mythe des frontières

    Un texte de Rodrigue Allard Voici! Les nations sont comme une goutte d’eau au bord d’un seau. (Isaïe, 40, 15) Le statu quo des frontières en Ukraine justifient-elles une guerre nucléaire ? Depuis un peu plus d’un an, le monde est aux prises avec la crise ukrainienne. Les populations de langue russe de l’Est et du Sud de l’Ukraine rejettent l’autorité du nouveau gouvernement ukrainien, un gouvernement qui a pris le pouvoir en Ukraine par la pression de la rue. Dans les 12 derniers mois, ces populations ont formées des milices qui ont enlevé le contrôle de plusieurs bouts de

  • Photo: Carl Hêtu © - CNEWAPhoto: Carl Hêtu © - CNEWA

    Chrétiens d’Orient réfugiés: l’urgence de réagir

    À cette heure, le compte des chrétiens exilés, mutilés et tués dans les pays d’Orient continue d’augmenter. Des organismes comme CNEWA (Association catholique d’aide à l’Orient) ont la mission de leur venir en aide. Mais ils ne peuvent eux-mêmes l’accomplir sans notre soutien. Il y a un mois, Le Verbe publiait un photoreportage en collaboration avec cette agence d’aide. Aujourd’hui plus que jamais, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants attendent notre réponse à leur cri de détresse. Le drame en chiffres « Depuis 1948, la population chrétienne dans les territoires palestiniens n’a cessé de baisser, passant de 20% à seulement

  • «tout inclus»«tout inclus»

    Les revues qu’on lit à l’urgence psy

    Le chemin entre mon appartement et l’hôpital l’Enfant-Jésus m’est familier.  Je l’ai parcouru maintes fois les mains chargées de fleurs ou de biscuits, tout dépendant.  Cette fois-ci, j’ai préféré apporter à ma mère le dernier exemplaire du magazine Le Verbe, et une ancienne édition de La Vie est belle!. Samedi après-midi, l’air est chargé à l’urgence psychiatrique.  Une dame vient de déféquer sur le sol, un préposé s’affaire à nettoyer.  Un homme fait des aller-retour dans la salle étroite où l’on retrouve huit lits alignés les uns à côté des autres.  Il tourne vivement la tête vers moi et me

  • Photo: fotoliaPhoto: fotolia

    Des aveugles juchés sur des épaules de géants

    25 remarques désobligeantes sur le temps qu’il fait 1. L’amour transforme la contingence d’un être en une nécessité. 2. Seule vaut l’esthétique qui vise un au-delà de l’esthétique. 3. Sans Dieu, il n’y a ni blasphème, ni péché, ni transgression. Dussent-ils s’en aviser, la plupart des artistes et littérateurs contemporains se retrouveraient aussitôt sans emploi. 4. Mieux qu’aucune autre, la musique jazz possède la faculté d’embourgeoiser n’importe quelle atmosphère. 5. Aujourd’hui, est qualifié d’« érudit » quiconque possède un viatique intellectuel d’une douzaine de livres. 6. Le démocrate est « un homme comme tout le monde ». C’est pourquoi il a le droit de

  • Photo: Pixabay (Succo -CC)Photo: Pixabay (Succo -CC)

    Dieu, la Cour suprême et le père Noël

    La semaine dernière, la Cour suprême du Canada émettait un jugement contre la récitation de la prière avant l’ouverture du Conseil municipal de la ville de Saguenay. À l’heure où les municipalités s’interrogent sur la portée de cette décision, il me semble qu’une analyse rétrospective s’impose. En effet, tout le débat et le jugement qui vient d’être livré sont des exemples frappants d’une mécanique qui affecte plusieurs questions de société et qui émerge de plus en plus à mesure que nous avançons sur ce chemin de l’histoire. Une police de la pensée En faisant mes recherches pour préparer cet article,

  • Photo: Pixabay (jarmoluk - CC)Photo: Pixabay (jarmoluk - CC)

    Du CPE à l’université

    Réponse à l’article L’université n’est pas un lieu de culture par Michaël Fortier Toute crise sociale prend, de près ou de loin, racine dans la famille. Ce premier lieu d’existence en société pour l’homme est le socle du plus haut lieu d’existence communautaire, la société civile. De cette crise, des incompréhensions, tantôt historiques et tantôt philosophiques s’en suivront allant jusqu’à modifier les principes qui régissent nos institutions. Dans cet article, l’école du passé sera confrontée à l’école présente. Brassant les termes et les conceptions nous désirons donner un éclairage sur la crise universitaire actuelle. Hadjadj « en-saigne » Dans son dernier essai

  • Photo: Pixabay (CC)Photo: Pixabay (CC)

    La quête à travers l’art

    L’art visuel contemporain paraît vide et dénué de sens aux yeux de plusieurs, particulièrement chez les croyants. À l’inverse, la recherche de sens existentielle vers une transcendance et le témoignage de foi chrétien par l’art sont vus comme suspects  – voire inquiétants – aux yeux des habitués du milieu. Au Québec, toute démarche créative en ce sens est quasi de facto disqualifiée. On donne par contre la chance à l’occasion à certains artistes non-croyants d’aborder ces questions, pour autant que leurs œuvres  – et surtout leur démarche en général – ne prennent pas trop parti pour la religion. Stéphanie Chalut

  • Photo: Wikimedia - CC (Taxiarchos228)Photo: Wikimedia - CC (Taxiarchos228)

    Le jugement de la Cour supprime

    Il supprime quoi? Les dernières traces institutionnelles d’une des plus nobles traditions intellectuelles de l’Occident. Cette tradition concevait les rapports de l’Église et de l’État sous l’angle de l’autonomie respective des sphères politique et religieuse en même temps que sous celui de leur collaboration nécessaire, pour le bien intégral des personnes et des peuples [1]. En empêchant les instances municipales d’invoquer l’ordre divin et d’appeler la bénédiction du Très-Haut sur les affaires de la cité (2), les juges du plus haut tribunal du pays creusent un peu plus le fossé qui sépare les pouvoirs spirituel et temporel, et risque en

  • Austérité pour les autres

    Le Québec est agité par une lutte sociale centrée sur les finances de l’État. Les uns clament que les dépenses publiques sont hors de contrôle et que le Québec est au bord de la faillite. Les autres rétorquent que l’urgence n’est pas si grande et qu’il serait plus juste d’équilibrer les finances publiques en retraçant les riches qui évitent de payer leurs impôts. Les arguments fusent, le ton monte et le désordre se pointe. Il devient difficile d’imaginer une solution rationnelle face à un problème qui semble reposer sur des visions de la réalité économique qui sont étrangères l’une de

  • Photo: FotoliaPhoto: Fotolia

    L’islam en trois mots

    Dans un article précédent (1), nous avons renoncé à trouver une définition de l’islam émanant d’une autorité magistérielle reconnue comme unique véritable dépositaire de la révélation coranique, attendu qu’une telle instance n’existe pas dans le monde musulman. Nous avons subséquemment résolu, à l’instar de R. Brague et avec lui pour guide (2), de réorienter un temps notre travail. Ainsi, plutôt que de chercher à répondre immédiatement à la question « Qu’est-ce que le vrai islam? », essaierons-nous d’abord de « faire prendre conscience de la largeur de l’éventail sémantique que recouvre l’expression ‘‘vrai islam’’ (3) », car, force est de le constater, l’expression peut

  • Photo: Pixabay (Desertrose7 - CC)Photo: Pixabay (Desertrose7 - CC)

    L’art contemporain et les cathos

    Les catholiques sont-ils réfractaires de facto à l’art contemporain? Y a-t-il une place pour la tradition dans la modernité avancée? Il y a quatre ans, à pareille date, dans un article intitulé Peace Christ: de l’affaire Serrano au mystère de Pâques, l’écrivain et philosophe catholique Fabrice Hadjadj réagissait à la controverse d’Avignon (1) en ces mots: Indubitablement, nombreux sont les catholiques ignorants de l’art contemporain: ils oscillent entre un rejet en bloc et un accueil sans discernement. Nostalgie académique, qui passe à côté du temps présent; ouverture à tout vent, qui interdit l’hospitalité véritable. Un des motifs de cette ignorance

  • Illustration: Judith RenauldIllustration: Judith Renauld

    Le Cardinal Turcotte ou le courage de l’Amour

    Nous apprenons aujourd’hui une bien triste nouvelle : celle de la perte d’un homme qui fut pour plusieurs un pasteur, un ami, un père. À l’heure où les personnalités publiques prononcent tour à tour leurs hommages, les fidèles de Montréal se rassemblent pour implorer le regard bienveillant du Seigneur en faveur de celui qui les aura accompagnés dans ce pèlerinage terrestre pendant 22 ans. À la suite de l’annonce du décès du † Cardinal Jean-Claude Turcotte, nous nous sentons tous aujourd’hui un peu plus seuls ici bas. En effet, la mort de l’Archevêque émérite de Montréal nous rappelle que la nature

  • Photo: Pixabay (Hans -CC)Photo: Pixabay (Hans -CC)

    L’université n’est pas un lieu de culture

    Il est de bon ton, au sein de la classe soi-disant pensante, de faire du parti libéral un repoussoir absolu de l’intelligence. La méthode n’est pas sans charme, mais le réflexe de canaliser vers un parti politique en particulier une sorte d’inquiétude diffuse ne doit pas nous abuser. On accuse l’austérité d’être une mesure « idéologique ». Certes, mais cela ne veut pas dire grand-chose, à moins de croire qu’il est suffisant de pointer la nature « idéologique » de l’austérité pour être soi-même à l’abri de l’« idéologie ». On peut être pour ou contre l’austérité, cela dépend de l’orientation qu’on souhaite donner à l’État.

  • Démineurs évangéliques

    Crises. Voilà sans doute le mot qui revient le plus souvent dans les médias depuis un an ou deux. Un peu partout sur la planète, nous assistons à des manifestations contre des mesures d’austérité qui fragilisent le tissu social dans de nombreux pays et provoquent parfois des réactions violentes dirigées vers l’étranger, le réfugié, le croyant que l’on considère comme un païen. Devant ces tensions de plus en plus marquées, le chrétien peut avoir l’impression de marcher sur un terrain miné. En effet, comment répondre aux cris des désespérés sans pour autant tomber dans l’activisme politique? Le Verbe est allé

  • universunivers

    Qu’est-ce qui fait changer Hippocrate d’idée ?

    Hippocrate, le père de tous les médecins, mentionne dans son célèbre serment : « Jamais je ne remettrai du poison, même si on me le demande, et je ne conseillerai pas d’y recourir. » La question se pose : quels sont les causes et facteurs qui encouragent et rendent sympathique à certains aujourd’hui la pratique de l’euthanasie dans notre société ? Bref, qu’est-ce qui fait changer Hippocrate d’idée ? Dès l’Antiquité, plusieurs grands penseurs condamnaient l’euthanasie. Cicéron, avant l’arrivée du christianisme à Rome, s’opposait déjà à l’euthanasie au nom du respect de la vie et de Dieu : « Toi, ô Publicus, et toutes les personnes droites, vous

  • La passion d’Augustine

    Un texte de Stefany Paulin-Gagné Commentaire d’une jeune Québécoise à une réalisatrice Suisse sur une période que ni l’une ni l’autre n’ont vécu. Du moins, pas directement. La réalisatrice Léa Pool (Anne Trister, À corps perdu, Emporte-moi) tente de nous transporter dans le Québec des années soixante, un Québec qui bégaye la période post-Vatican II, qui s’affirme mal qui cherche et qui se plante. Si la Passion d’Augustine eut été un éloge de la vie religieuse traditionnelle, au départ l’ambiance était très réussie, voire saisissante, les religieuses (en habit) respirent cette époque ; le bonnet blanc, le voile noir qui le

  • L’amour ignore le respect

    Chère Irène, Les mots me manquent… ou bien est-ce parce que je ne suis pas capable de clarifier mes pensées, de leur donner une certaine consistance et une structure moins anarchique que de coutume? Que pourrais-je bien te raconter alors? La question me ronge depuis un mois (presque deux déjà)… Beau temps, mauvais temps 2015 est partie comme une balle. L’expression est faible. Ce mois de janvier gardera une amertume immarcescible pour l’Occident. C’est en direct du Caire, cette immense capitale égyptienne, que j’ai suivi les évènements du Charlie Hebdo et leurs retombées. Je ne te mens pas en disant

  • Photo: fotoliaPhoto: fotolia

    Le beau métier de tueur en Syrie

    Le 15 mars dernier, les médias nous signalaient que le conflit syrien entrait dans sa cinquième année. Ce qui dans la foulée du « printemps arabe » avait démarré comme une révolte populaire contre le régime dictatorial de Bachar el-Assad s’est mué, quatre ans plus tard, en une énième guerre du Moyen-Orient où cette fois les pays occidentaux essaient de ne pas trop s’embourber, en espérant que leurs alliés régionaux (Arabie Saoudite, Qatar, Turquie) pourront faire le gros du travail au sol. Si personne aujourd’hui ne voit la fin à court terme du conflit, il n’en était pas ainsi en 2011 et

  • Est-ce de l’art?

    L’art contemporain nous laisse souvent perplexes. Certaines performances, parfois à la limite du supportable, nous dérangent. Notre blogueuse lance ici une riche réflexion sur l’art « extrême ». Une salle de concert. Un public. Sur la scène, un piano. Le musicien entre, s’assoit devant l’instrument. Il ferme le couvercle du clavier. Quelques instants plus tard, il ouvre le couvercle. Le referme. Silence. Le rouvre. Le referme, silence, et l’ouvre à nouveau. C’est la fin du morceau. Cette pièce, c’est 4’33’’, de John Cage. Un homme et une femme en relation veulent rompre. Ils se rendent aux extrémités opposées de la Grande Muraille de

  • Photo: Martin Strachoň / Wikimedia CommonsPhoto: Martin Strachoň / Wikimedia Commons

    Lettre à Joël

    Par Samuel Augustin-Tremblay NDLR Ce texte nous est récemment parvenu par un lecteur, lui-même homosexuel, qui désirait exprimer son ras-le-bol de l’hypocrisie ambiante face à l’homosexualité. Nous tenons à vous avertir qu’il contient des détails crus qui pourraient être dérangeants pour le lecteur. Nous avons tout de même jugé qu’il était nécessaire de ne pas le biffer afin de laisser l’auteur lever le voile sur la réalité de ceux qui souffrent, en vue d’annoncer l’espérance qui sauve.   Cher Joël, Suite aux récents évènements te concernant, je décide de t’écrire pour te partager mon expérience et mes réflexions sur l’homophobie. Je

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