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  • Fresque de l'église Theotokos Bitola, Macédoine, Petar-Milošević (Wikimedia-CC).

    Le Christ: saint ou spadassin?

    Nous connaissons tous le passage du Nouveau Testament en Matthieu 10, où le Christ affirme qu’il n’est pas venu apporter la paix, mais le glaive. Cette déclaration intrigue, sinon trouble plusieurs lecteurs de la Bible. Le Christ n’est-il pas le prince de la paix? N’a-t-il pas dit de tendre l’autre joue si quelqu’un nous frappait? Sa mort sur la croix n’est-elle pas la parfaite manifestation de son refus de la violence? Et pourtant, il dit apporter le glaive! Devant cet apparent paradoxe, certains lecteurs impuissants à résoudre la contradiction s’enferment dans la perplexité. D’autres, parfois très diplômés, mais aussi très ignorants

  • Photo: Pixabay - CC.Photo: Pixabay - CC.

    Oppression systémique ou misère morale?

    Un texte de Jeffrey Elawani Quand on emploie un outil pour la première fois, il arrive qu’on succombe à une volupté maniaque de l’employer à tout. Je m’explique. Donnez la tâche à votre neveu d’arroser le jardin au boyau d’arrosage. Il donne de l’eau à un premier rang de tomates, comprend comment varier la pression, noie un second rang, arrose la clôture et le chien, mime de pisser au ciel et dirige finalement le boyau contre sa sœur. Ce genre de comportements n’épargne pas les plus sages des hommes adultes. Davantage, il possède un pendant intellectuel : la manie sybarite d’expliquer tout

  • Crédit photo: Paroisse Saint-Thomas d'Aquin, Québec.Crédit photo: Paroisse Saint-Thomas d'Aquin, Québec.

    Rebâtir, un coeur à la fois

    À l’église Saint-Thomas-d’Aquin à Québec, de jolies pousses herbacées fraient leur chemin dans les fissures du parvis. La vie y est plus forte que le béton qui s’érode. Pendant qu’on parle de gestion de la décroissance, des clochers à sauver ou du départ des communautés religieuses, la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin annonce prophétiquement l’évangile de la croissance à une assemblée fournie, tous les dimanches. Récit d’une paroisse québécoise qui prend en main sa reconstruction. Le 24 mai dernier, un frénétique roulement de tambours secoue les tables du Bistro du curé, au sous-sol de l’église Saint-Thomas. On s’apprête à annoncer le montant amassé

  • Photo: Bureaux de Facebook à Menlo Park, Californie (Wikimedia - CC).Photo: Bureaux de Facebook à Menlo Park, Californie (Wikimedia - CC).

    Un cri dans la caverne. Mais où est donc l’interrupteur?

    Notre collaborateur Sébastien Gendron slamme, médite et poétise sur l’Église et le monde. Un texte à lire à voix haute, sans gêne aucune. Ce monde fractionne ma personne entre les rengaines du mal privé et le malmenage du bien commun; on durcit les borderline de mon identité nationale tout en vidant de son essence la culture d’un new world order; on isole les démunis dans leur crasse, mais que voyage le touriste et le banquier par qui transige le cash. Le libéralisme nouveau rend cyniques et pourtant dévots à l’oligarchisme politique; mais rassurons-nous, les Jedis de Lucas défendent la démocratie impériale à coup

  • Photo: Dublin (Pixabay - CC).Photo: Dublin (Pixabay - CC).

    Le cheval de Troie de l’économisme sauvage

    Samedi dernier, les Irlandais étaient appelés à s’exprimer par voie de référendum sur le maintien de l’Amendement constitutionnel (no8. 40.3.3) protégeant l’enfant à naitre. Notre collaborateur Francis Denis lis cette nouvelle à la lumière du récent document Oeconomicae et pecuniariae quaestiones du nouveau Dicastère pour le Service du Développement intégral et de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Malheureusement et sans grande surprise, c’est par une majorité de 66.4 %que les électeurs irlandais ont dit « oui » à la légalisation sur l’avortement. Malgré la promesse des différents lobbys « pro-choix » de ne pas célébrer leur éventuelle victoire, les « Dubliners » furent néanmoins témoins

  • Illustration: Caroline Dostie / Le Verbe.Illustration: Caroline Dostie / Le Verbe.

    De l’arbalète aux drones: entretien avec Jean-Claude Guillebaud

    Dans votre essai Le tourment de la guerre (Iconoclaste, 2015), vous présentez une évolution chronologique des formes de la guerre. Elle est, selon vous, passée d’une forme caractérisée par la barbarie dans l’Antiquité, à une forme plus élitiste au Moyen Âge, où seuls les nobles se font la guerre, à une forme plus égalitaire dans la Modernité, où ce sont les peuples qui s’entretuent. Quel sera, au 21e siècle, le statut de la guerre? Votre question nécessite une mise en perspective. Donc, avant de vous répondre, j’aimerais revenir sur le statut de la guerre à l’époque prémoderne, c’est-à-dire entre la fin de l’Antiquité

  • blogue-lumiere-egliseblogue-lumiere-eglise

    La foi n’est pas un doute affadi (2e partie)

    [Pour lire la première partie, cliquez ici] « Toi qui scrutes les profondeurs de Dieu, Toi qui illumines les yeux de notre coeur, Toi qui te joins à notre esprit, Toi par qui nous réfléchissons la gloire du Seigneur, Nous te magnifions. » Feu et lumière (chant à l’Esprit Saint – Communauté de l’Emmanuel) En mars, j’ai écouté l’émission Répliques du 24 février 2018, intitulée Être catholique aujourd’hui, dans laquelle Alain Finkielkraut interrogeait, à titre d’animateur, deux figures du catholicisme français: Denis Moreau et Rémi Brague. Devant ses invités croyants, le penseur incroyant s’est cru autorisé à faire de la foi une variante du doute et de l’angoisse.

  • croix-cimetierecroix-cimetiere

    La foi n’est pas un doute affadi

    Lors d’une émission de radio intitulée Être catholique aujourd’hui, Alain Finkielkraut, philosophe juif et incroyant, retraité de l’enseignement, auteur de nombreux essais sur la culture et l’esprit du temps, interrogeait, avec toute la courtoisie possible, deux figures du catholicisme français: Denis Moreau, venu présenter son livre Comment peut-on être catholique? (Seuil, 2018) et Rémi Brague, auteur de l’essai Sur la religion (Flammarion, 2018). Si je n’avais guère lu une ligne du premier invité au moment d’écouter cette livraison de l’émission Répliques (je n’ai toujours rien lu à ce jour, mais c’est davantage faute de temps que d’intérêt et je ne désespère pas de remédier prochainement à

  • magazine-raphael-refugies-mossoul1magazine-raphael-refugies-mossoul1

    Entre Mossoul et Amman: l’exil des chrétiens d’Orient

    Lorsque je voyage, j’aime me frotter à différentes communautés chrétiennes pour apprendre leur tradition et connaitre la réalité concrète de ces frères et sœurs. Je chérissais l’idée d’aller à la rencontre des chrétiens d’Orient depuis un moment. Je voulais rencontrer les gens et voir les visages derrière les statistiques présentées dans les médias. Lors d’un récent périple, j’ai eu la chance d’être accueilli dans plusieurs missions de l’organisme SOS-Chrétiens d’Orient en Jordanie ainsi qu’en Irak. Des rencontres marquantes m’ont permis de comprendre ce qu’ils ont vécu ces dernières années, d’écouter leurs rêves, de prier à leur côté et, par le

  • Aimer son corps comme soi-même

    Dans une lettre d’opinion publiée le 11 mai par Le Devoir, l’écrivaine Martine Delvaux dénonce les codes et les normes vestimentaires des écoles québécoises. En plus de cibler les jeunes filles, cette pudibonderie cacherait en fait, selon l’auteure, l’incapacité des adultes (c.-à-d. les enseignants) de voir les corps autrement que comme un objet de désir sexuel. On retrouve toutefois une certaine confusion dans le propos de Mme Delvaux, ce qui n’aide pas le débat sur la présence de codes vestimentaires dans nos écoles et sur notre rapport au corps en général.   Notons d’abord que les codes vestimentaires sont généralement

  • Les saints ne sont pas des anges

    Je donne toujours ce conseil aux nouveaux époux: Disputez-vous autant que vous le voulez. Si les assiettes volent, laissez-les. Mais ne laissez jamais la journée finir sans faire la paix! – Pape François Il y a de ces moments où on dirait que rien ne fonctionne. Hier soir, on rêvait de coucher les enfants à une heure décente, on fantasmait à l’idée d’un peu de quiétude autour de la table du souper et, d’une manière plus fantaisiste encore, on espérait que la recherche d’une paire de bobettes propres pour A. (6 ans) qui sort du bain ne se transforme pas en fouille

  • magazine-franck-dupere-armeemagazine-franck-dupere-armee

    L’homme qui a vu la mort

    Quand on écoute le caporal Franck Dupéré raconter son histoire, on se sent tout à coup bien apathique et enfoncé dans la ouate d’une petite vie monotone. Son témoignage a de quoi désarçonner nos peurs, nos lâchetés et nos découragements, et pour cause. Survivre à un kamikaze taliban qui s’explose à deux mètres de soi, on s’en doute, fait éclater des pans de vie en mille morceaux et exige une bonne dose de courage pour se relever. Jusque-là, tout allait bien. Franck, arrivé à ses 16 ans, rêve d’aventure, comme tout jeune de son âge. L’armée devient le lieu tout désigné

  • Mépriser les parents

    L’éducation sexuelle en milieu scolaire peut-elle être comparée à l’enseignement des mathématiques ? L’école a-t-elle la prérogative de l’éducation des enfants ou devrait-elle se limiter à soutenir le projet éducatif des parents ? Notre collaborateur répond ici à l’éditorial d’Alexandre Sirois, publié hier dans La Presse. Monsieur Sirois, Comment réagiriez-vous si vous appreniez que l’on enseigne à votre enfant à tirer de la carabine à l’école primaire ? Absurde, n’est-ce pas ? On pourrait penser qu’il relève du jugement des parents de décider quand, avec qui et de quelle manière leur enfant devrait-il être initié à la carabine. Vous me direz que

  • Pixabay (CC)Pixabay (CC)

    Dans les pas de Domitien

    La Providence a fait en sorte que mon article Big Caesar is watching you : l’Apocalypse, archétype dystopique? paraisse dans la revue Le Verbe (hiver 2018) au moment où les médias canadiens portaient à l’attention du pays les minables manigances ourdies par le gouvernement fédéral pour forcer les organismes communautaires qui n’ont pas l’heur de lui plaire à faire (par le biais d’un formulaire) une profession de foi progressiste (donc régressiste), sans quoi ce serait l’asphyxie financière. Or, mon modeste exposé sur quelques aspects du livre de l’Apocalypse de Jean voulait surtout rappeler comment les chrétiens de la fin du Ier siècle

  • Photo: Pixabay (CC).Photo: Pixabay (CC).

    Shabbat shalom

    Un texte de Léa Robitaille Un samedi ensoleillé, je reviens de la synagogue Beth Israel de Québec avec le pain brioché qu’on a béni après la lecture de prières. C’est moi, la jeune femme sans confession, à qui on a offert la hallah, tranchée et salée pour nous. Tu viens d’où? C’est la première question qu’on m’a posée. Malgré des traits faciaux de Polonaise, un look figé dans le siècle dernier et une dent pour les baguels, je ne suis assurément pas juive. En effet, qu’est-ce que je fais là, le jour du Shabbat? « C’est Paul qui m’a invitée. » Paul Estrin c’est mon pote juif.

  • Visibility patrolVisibility patrol

    Des éclats d’obus dans l’âme

    un texte de Martin Forgues [Cliquez ici pour voir la version papier de cet article publié dans le magazine du printemps 2018, Guerre] La guerre est la plus grande faillite morale de l’Humanité, n’en déplaise aux faucons et aux fanatiques qui ont l’arrogance d’invoquer la volonté divine pour lancer leurs sanglantes conquêtes. On peut souvent entendre ces faux prophètes pervertir Matthieu 10,34 afin de justifier cette soif de sang et de pouvoir, donnant à ce passage l’allure d’un appel aux armes de la part d’un Christ qui, plus tard, demande pourtant aux hommes de s’aimer les uns les autres. Comment le soldat peut-il garder

  • Isabelle Jobin et Gabrielle Tessier, les co-coordonnatrices générales du SPOT photographiées au bas de l’escalier patrimonial Saint-Joseph, au Vieux-Séminaire de Québec. Crédit photo Pascal Huot.Isabelle Jobin et Gabrielle Tessier, les co-coordonnatrices générales du SPOT photographiées au bas de l’escalier patrimonial Saint-Joseph, au Vieux-Séminaire de Québec. Crédit photo Pascal Huot.

    Le SPOT fait renaitre le parvis

    Le choix du SPOT (Sympathique place ouverte à tous) est maintenant connu. Après le succès de Saint-Roch (2015), de Saint-Sauveur (2016) et du Vieux-Québec (2017), le comité organisateur a retenu le quartier de Limoilou pour l’édition 2018. C’est à l’Espace parvis de l’église Saint-Charles que se tiendront les festivités gratuites du 15 juin au 25 aout prochain. Cette place publique éphémère est un projet des étudiantes et étudiants en architecture de l’Université Laval. Pour en savoir davantage sur ce projet qui souhaite mettre de l’avant le patrimoine architectural du site, nous avons rencontré les co-coordonnatrices générales du projet, Gabrielle Tessier et Isabelle

  • L'Apparition_photo_8L'Apparition_photo_8

    L’apparition: les preuves à l’épreuve

    L’intérêt pour le catholicisme au cinéma est bien réel depuis quelques années et c’est au tour du réalisateur français Xavier Giannoli de nous proposer un film aussi réaliste qu’énigmatique, L’apparition, qui sortira le 20 avril prochain au Québec. Jacques Mayano (Vincent Lindon), grand reporter pour un quotidien français, revient du Moyen-Orient où il vient de perdre son meilleur ami et collègue. Devenu en partie sourd à cause d’une explosion, il se mure chez lui, abattu et fragile. C’est alors qu’il reçoit un mystérieux coup de fil du Vatican. On l’informe qu’une jeune femme de 18 ans, Anna, vivant dans le

  • poidpoid

    Pas très futé, Weight Watchers!

    Écrit en collaboration avec la nutritionniste Pascale Bélanger. Weight Watchers, la plus ancienne et la plus vaste entreprise offrant des programmes de perte de poids au monde, a récemment annoncé qu’elle offrirait l’adhésion gratuite aux adolescents et adolescentes de 13 à 17 ans. Cette mesure vise à lutter contre l’obésité infantile et, accessoirement (mais pas tant que ça), à doubler les revenus de l’entreprise d’ici 2020. La nouvelle n’est pas passée sous silence, ni dans le réseau de la santé, ni sur la place publique. Plusieurs ont catégorisé cette décision d’irresponsable, de contre-productive, et même de dangereuse. Le régime du bon

  • rwandarwanda

    Le scandale du Rwanda

    Yvon Pomerleau, frère dominicain, a passé plus de vingt ans au Rwanda, où il a pu vivre l’évolution de l’Église et de la société. À son arrivée au «pays des mille collines», en 1968, il portait une vision de l’Afrique héritée, entre autres, des bandes dessinées (Tintin au Congo) de son enfance. L’observation de la nature et des oiseaux – ses loisirs préférés – lui révélaient l’image d’un Dieu bon et tout-puissant. Au moment où il a été placé devant la violence des conflits armés et des déplacements de population, Dieu est davantage devenu une question. [Pour voir la version

  • money bearmoney bear

    Jamais deux sans trois

    Depuis quelques semaines déjà, l’actuel gouvernement fédéral met de l’avant son agenda d’ingénierie sociale. « Jamais deux sans trois » comme le dit le proverbe. Après l’annonce de la réforme des programmes de subvention discriminant certaines positions philosophiques jugées intolérables  et l’imposition de directives niant les repères identitaires fondamentaux, il était donc à prévoir que le gouvernement Trudeau allait sortir un autre lapin de son chapeau. C’est ce qu’il a fait la semaine dernière en lançant sa sonde d’opinion selon laquelle il pourrait être possible dans un avenir rapproché de légaliser la rémunération des dites «mères porteuses». Bien qu’il se présente sous le

  • KitcisakikKitcisakik

    De Kitcisakik au Vatican

    Octobre 2017. Pendant cinq jours, j’ai accompagné un groupe d’une quinzaine d’élèves en territoire anishinabe. La rencontre de ce peuple des Premières Nations a bousculé nos représentations du Québec. D’un côté, nous avons été émerveillés par les richesses cette culture millénaire. De l’autre, nous avons été bouleversés par les récits souffrants qui ont traversé nos échanges. La très grande majorité des aînés que nous avons rencontrés sont passés par les pensionnats. Ceux qui y ont échappé ont été cachés par leurs parents, avec qui ils se sont enfuis en forêt. Non sans émotion, on nous a décrit les stratagèmes employés

  • RioRio

    Le Brésil face à la déferlante évangélique

    Des paroisses catholiques qui se vident de leurs fidèles au profit des églises évangéliques où les pregadores chantent et jouent de la guitare électrique. Des joueurs de football qui affichent leur foi à la fin des matchs en enfilant des bandeaux à la gloire de Jésus. Des quartiers situés en périphérie des grandes villes surnommés « ceintures pentecôtistes ». Des dizaines de parlementaires de tous les partis qui se coalisent pour défendre les intérêts de leurs églises. Une société réputée pour ses carnavals hauts en couleur où certains croyants choisissent désormais de s’habiller plus sobrement. Qui l’aurait cru ? Bienvenue dans le Brésil

  • Photo: Pixabay - CC.Photo: Pixabay - CC.

    Une parcelle de perfection

    On dit que la perfection n’est pas de ce monde, mais il y a parfois de ces chocs esthétiques qui vous renversent et vous donnent à gouter un peu de cette perfection. J’ai vécu quelques-uns de ces moments dans ma vie. Voici celui de l’année 2000, que j’ai choisi de vous présenter dans le contexte de la Semaine Sainte. J’ai 24 ans. Je suis dans mon logement de la rue Saint-Joseph à Montréal. C’est un soir d’hiver ou de printemps, je ne me souviens plus. Comme souvent, dans ma chambre, je vaque à mes occupations, en écoutant la désormais défunte

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