Nos articles
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Heureux ceux qui pleurent
La petite Émilie voit le jour à Montréal en 1800. L’enfant perd sa mère à l’âge de quatre ans. Puis, dix ans plus tard, son père décède aussi. À 23 ans, elle épouse Jean-Baptiste. Les deux premiers fils du couple ne vivent qu’une saison avant de mourir. Le troisième enfant nait en octobre 1826. Un an plus tard, l’époux d’Émilie rend son dernier souffle. L’automne suivant, son dernier fils, âgé de 21 mois, décède à son tour. Job Si le livre biblique de Job est un récit qui n’a rien d’historique, l’histoire d’Émilie Tavernier-Gamelin, elle, est bel et bien arrivée. Mais elle
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« Roadtrip » chez les chrétiens d’Amérique
Pour tout chrétien marri et mortifié par la déchristianisation de l’Occident, le phénomène des églises en croissance a de quoi surprendre, fasciner, puis ébaudir. À contrecourant des tendances prévalant par exemple en France, où la pratique dominicale est au plus bas (seulement 3% des baptisés vont à la messe le dimanche), il interpelle ceux des fidèles qui, à l’instar d’Agathe et Jean-Baptiste Bonavia, rêvent d’une Église florissante, en mesure de répandre la bonne odeur du Christ entre ses murs d’abord, et ensuite au-delà. Compte-rendu de In Church we trust. Ayant ouï parler de la vitalité et du dynamisme missionnaire de certaines églises
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Bouquinerie II
Notre lecteur compulsif Alex La Salle nous gratifie ici de quelques recensions initialement publiées dans l’édition papier de la revue Le Verbe. Bonne lecture! * La fécondité des petits groupes Une dépêche du printemps nous le confirmait: la grande braderie continue! La grande liquidation du parc immobilier de l’Église bat son plein! Et les choses vont rondement! Depuis 2011, on se débarasse de quarante lieux de culte déplâtrés par année, pour un total d’environ 500 bâtiments fermés ou vendus depuis 2003. Ce qui constitue 18 % de l’ensemble des 2751 nefs qui accueillaient les Québécois il y a encore quatorze ans. On serait tenté
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Élections : un appel à la responsabilité
La présente campagne électorale au Québec aura tout fait… sauf susciter de l’engouement de la part de la population. À en lire les journaux ou à en écouter la radio, les journalistes semblent désespérés de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Crisettes de conflits d’intérêts, problèmes personnels, manigances électoralistes et carriérisme politique auront été, semble-t-il, les faits saillants de cette élection 2018. Vu cette impasse journalistique découlant d’une part, de l’aseptisation des débats et, d’autre part, des invectives prudentielles des agences de communication, nous serions tentés de dire aux grands médias de laisser tomber le superficiel une
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La noblesse du métier
Le travail manuel n’a pas la cote, celui-ci étant associé à des conditions salariales moindres et à un statut social inférieur. Il suffit de voir la réticence de nombreux parents d’élèves à la perspective que leur enfant d’une intelligence abstraite moyenne s’engage dans une filière technique. Or, le métier comporte une forte composante manuelle, bien plus qu’une carrière ou qu’une profession. Le philosophe Jean-Philippe Trottier nous propose ici une réflexion où il exalte la noblesse du travail manuel. Il est rare, de nos jours, que l’on se définisse par son métier. Les formulaires d’identification s’intéressent davantage à notre état civil
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Pourquoi vivre ensemble ?
Pourquoi vivre ensemble ? Voilà la question fondamentale du dernier livre de Rachida Azdouz : Le vivre ensemble n’est pas un rince-bouche, publié cette année au Québec par la maison d’édition Édito. Régulièrement, nous nous posons les questions suivantes : « qu’est-ce que vivre ensemble ? » ou encore, « quelles sont les façons de vivre ensemble ? ». Tout cela est important, tandis que la question principale nous échappe. En fait, sommes-nous obligés de vivre ensemble ? Voilà qui nous pose un problème. Est-ce par choix ou par nécessité ? Rachida Azdouz invite à y réfléchir : « …que ce soit par l’intuition religieuse, par l’instinct de conservation, par le sens d’intérêt
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Mère Teresa: prendre la vie à bras-le-corps
Un texte de Jacinthe Allard, fmj L’Église et le monde entier célèbrent désormais, tous les 5 septembre, une mère universelle, une femme simple et pourtant si bouleversante de courage et de bonté. Prendre la vie à bras-le-corps au cœur même de ce qui la rend si tragique, c’est l’appel de cette mère, Teresa de Calcutta, et aussi le mouvement de sa vie livrée aux plus pauvres d’entre les pauvres par amour du Christ. L’icône offerte à notre contemplation (en tête de cet article) traduit ce mouvement de la charité que rien n’arrête. Elle a été écrite par Marysia Kowalchyk, membre de
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Le cœur sur la main
«Si vous restez à l’intérieur des corridors marqués par les lignes jaunes, vous êtes en sécurité!» Je partage un regard inquiet avec la photographe, accoutrée comme moi du kit de l’ouvrier (casque, lunettes, dossard et bottes à caps d’acier). François Doré, machiniste, nous reçoit – tout sourire – à l’atelier d’usinage qui l’emploie, en plein quartier industriel à Québec. Son quart de travail tire à sa fin. Ça ne l’empêche pas de prendre tout le temps nécessaire pour bien nous expliquer à quoi sert chacun de ces immenses engins qui meublent son travail quotidien. [Cet article a été publié initialement dans
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Une laïcité d’idiots?
Au Québec, les polémiques autour de la « laïcité » de l’État ressurgissent avec une fréquence et une vigueur impressionnantes. Récemment, c’est la Coalition Avenir Québec qui, à l’aube de la période électorale, a mis la laïcité en vitrine de sa campagne. On se dispute alors sur les spécificités du « modèle québécois », mais peu remettent absolument en question ce qui est devenu une référence commune de la politique moderne. Pourtant, la laïcité en elle-même est bien loin de garantir le bien commun et l’épanouissement des personnes. Tout d’abord, il faut bien sûr distinguer la laïcité comme doctrine de prudence politique (l’Église ne
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Mourir à soi pour vivre en poésie [3/3]
Un texte d’Émilie Théorêt Le Verbe vous propose une incursion en trois temps dans l’univers de l’écrivaine Rina Lasnier. Afin d’apprivoiser cette œuvre majeure de l’histoire littéraire québécoise, une première partie s’attache à la trajectoire de l’auteure, une deuxième permet d’apprivoiser son écriture à travers quelques textes, alors que cette dernière offre une analyse de l’œuvre. On connait les raisons et les conditions qui ont mené à la création de l’histoire littéraire québécoise telle quelle est. Encore aujourd’hui, le concept de rupture, qui fut si important au moment de cette élaboration historiographique, semble vouloir prédominer et continuer de s’ériger en valeur.
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Lettre du pape François sur les abus sexuels: dix attitudes
« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12,26). C’est ainsi que le pape François introduit sa lettre au peuple de Dieu, publiée le 20 aout, moins d’une semaine après la publication du rapport accablant sur les cas d’abus sexuels de la part d’environ 300 prêtres de la Pennsylvanie entre les années 1950 et 2010. Rédigée dans l’urgence, la lettre est un véritable cri du cœur où le pape exprime sa douleur et sa honte, sa solidarité avec les victimes. L’objectif est de mobiliser toute l’Église catholique à mettre fin à une culture du silence et du
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«Cet assassin est votre fleur»
Je m’apprêtais à répondre à un ami qui s’indignait de cette nouvelle formulation du Catéchisme de l’Église catholique disant que la peine de mort, dans le contexte actuel de notre monde, n’est plus admissible. J’aurais baragouiné mollement quelque chose comme: « le Christ n’a-t-il pas payé de son sang la condamnation que nous méritions tous? » Puis, la Providence, dans sa magnanimité sans bornes, laissa tomber entre mes mains ce morceau de littérature comme il s’en fait trop peu de nos jours. Le vieux bourru de Léon Bloy (qu’on ne peut certainement pas accuser d’être adepte des Bisounours) semonce ici, en des
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Vie ou mort du regard chrétien de Rina Lasnier? [2/3]
Un texte d’Émilie Théorêt « Tant d’originalité confond, surtout à un moment de l’histoire canadienne où la religion, apparemment bien installée dans ses routines séculaires, est à la veille de perdre beaucoup de son importance et de ses privilèges. » – André Brochu Le Verbe vous propose une incursion en trois temps dans l’univers de l’écrivaine Rina Lasnier. Afin d’apprivoiser cette œuvre majeure de l’histoire littéraire québécoise, une première partie s’attache à la trajectoire de l’auteure, une deuxième permet d’apprivoiser son écriture à travers quelques textes, alors qu’une dernière offre une analyse de l’œuvre. Dans la première partie de cette série d’articles sur l’écrivaine québécoise
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Peine de mort : la doctrine de l’Église mise à jour
Jeudi dernier, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Luis F. Ladaria s.j., publiait une version ajournée du numéro 2267 du Catéchisme de l’Église catholique. La modification n’a pas manqué de susciter de nombreuses et diverses réactions, tant chez les fidèles que dans les milieux séculiers. Portant sur la peine de mort, cette volonté de reformulation avait été déjà annoncée par le Saint-Père, il y a quelques mois, alors qu’il affirmait que ce thème « devrait trouver dans le Catéchisme de l’Église Catholique, un espace plus approprié ». Ainsi, nous sommes passés d’un jugement sur la peine
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Du bio plein le panier
L’été est là, saison des récoltes! Il est encore temps de s’inscrire pour recevoir des paniers de fruits et légumes locaux. Mais pourquoi acheter ses légumes en panier plutôt qu’à l’épicerie? 1) Ils sont très frais et de très bonne qualité. 2) Ils sont tous locaux, ce qui diminue le transport des aliments et leur transformation. 3) S’ils sont bios, ils sont moins chers qu’en épicerie. 4) Cela soutient directement des fermiers et dynamise l’économie locale. 5) Cela nous rappelle la saisonnalité des produits. 6) Cela nous fait découvrir des fruits et légumes très variés. Voici quelques organismes qui gèrent la distribution de paniers durant
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Sept fois mieux qu’une Porsche
Pour souligner les cinquante ans de la controversée encyclique Humanae Vitae sur le mariage et la régulation des naissances, publiée en 1968 par le Pape Paul VI, Le Verbe a rencontré Paul-André et Marie, un couple qui a toujours cherché à vivre cette fécondité «au naturel» telle qu’enseignée par l’Église catholique. Si, lorsqu’elle étudiait la médecine, vous aviez dit à Marie qu’elle serait un jour mère au foyer de sept enfants, elle vous ne vous aurait certainement pas cru. De même son mari, qui pensait épouser une future médecin, se voyait davantage au volant d’une Porsche que d’une mini-fourgonnette. Il
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La fin du travail
Qu’est-ce que travailler au XXIe siècle ? Voilà une question on ne peut plus pertinente tant le monde de l’entreprise semble être en crise, poussant de plus en plus d’individus à se questionner quant à leur rapport au travail. Le travail, aujourd’hui, semble davantage être synonyme de souffrance. L’augmentation du nombre de cas d’épuisements professionnels, voire de suicides sur le lieu de travail, vient par ailleurs souligner les dérives d’une économie où le travail est devenu une activité nihiliste, quand elle n’est pas complètement aliénante. L’histoire récente de l’organisation du travail – c’est-à-dire celle qui va de l’apparition de la Révolution
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Fruits de la terre
En cette saison estivale 2018, on recense 14 000 travailleurs et travailleuses migrants agricoles, répartis dans plusieurs dizaines de fermes maraîchères presque partout sur le territoire du Québec. Ces ouvriers agricoles travaillent en moyenne 70 à 80 heures par semaine, six jours par semaine. Le dimanche 8 juillet dernier, ils étaient nombreux à se joindre à la 16e édition du Pèlerinage annuel des travailleurs agricoles latino-américains, célébré à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, sous le thème « Les fruits de la terre et du travail des hommes ». Comme le veut la tradition, une grande variété de produits agricoles ont été déposés au
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Un vrai travail de moine
En se rendant à l’abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, dans les Cantons de l’Est, on se doutait bien qu’on gouterait à la beauté d’un lieu où tout – l’architecture, la liturgie, la nature – invite à la contemplation. Mais ce reportage a aussi été l’occasion de découvrir la grande dignité accordée au travail manuel dans la vie des moines, dont le quotidien est rythmé par la célèbre devise ora et labora et lega (prie, travaille et étudie). Depuis plus de 50 ans, les moines de l’abbaye de Saint-Benoît-du-Lac s’adonnent à la fabrication du cidre mousseux selon la méthode champenoise de la double
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Arcand et Bergoglio: même combat
La dernière fois que je suis allé au cinéma, c’était pour voir Le pape François : un homme de parole. Juste avant le film, on présentait la bande-annonce du plus récent opus de Denys Arcand. Un collègue m’avait d’ailleurs signalé de manière dubitative que la bande-annonce de La chute de l’Empire américain précéderait le programme principal. Et moi j’avais rigolé un peu : «Bah quoi? Le pape François et Denys Arcand dénoncent tous les deux la même affaire après tout : l’hégémonie de l’argent!». Je suis ressorti du documentaire de Wim Wenders avec un sentiment plutôt étrange. Alors que la première moitié du
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Il faut ressusciter Rina Lasnier [1/3]
Un texte d’Émilie Théorêt Le Verbe vous propose une incursion en trois temps dans l’univers de l’écrivaine Rina Lasnier. Afin d’apprivoiser cette œuvre majeure de l’histoire littéraire québécoise, une première partie s’attache à la trajectoire de l’auteure, une deuxième permet d’apprivoiser son écriture à travers quelques textes, alors qu’une dernière offre une analyse de l’œuvre. Rina Lasnier est née en 1910 à Saint-Grégoire d’Iberville. Elle grandit au sein d’une famille aisée et ouverte sur les arts. Marchand de profession, son père est aussi violoniste à ses heures. Pour sa part, la jeune Lasnier pratique le violon et le piano. Quant à
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Visite à Dharavi
Vue du ciel, Dharavi a l’air d’un amas indistinct de tôle et de boue. De loin, le million de personnes qui y vivent et y travaillent se confondent dans une masse aux contours flous. Pour l’Occidental moyen, le bidonville incarne le summum de la misère. Les personnes qui y habitent ne sont souvent dignes que de pitié. Grâce au tourisme, il est maintenant possible de poser un regard sur cette réalité et, ce faisant, de la reconnaitre comme valable. On qualifie généralement de bidonvilles les quartiers où l’on retrouve une très forte densité de population, un accès restreint aux services publics
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Une guerre peut-elle être juste?
Phénomène humain aussi tragique que tenace, la guerre a façonné l’identité géographique, sociale et politique de notre monde. Une longue tradition de pensée, nourrie par l’Église catholique et plusieurs philosophes, soutient que la guerre est acceptable dans certaines conditions. Justifie-t-on l’injustifiable? La doctrine de la guerre juste puise dans le droit des gens romain, le jus gentium, qui concernait les nations étrangères et leurs ressortissants. Sur fond de stoïcisme, le droit des gens se fonde sur l’existence de lois naturelles valant pour tous les êtres humains, ce qui inclut les ennemis et les prisonniers. On doit toutefois la première élaboration systématique
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Honore ton père !
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Dieu a commandé : Tu « aimeras » le Seigneur ton Dieu et Tu « honoreras » ton père et ta mère? Pourquoi il n’a pas plutôt commandé : Tu « honoreras » le Seigneur ton Dieu et Tu « aimeras » ton père et ta mère? La raison est très simple. C’est qu’il n’est pas si difficile d’aimer son père et sa mère, mais il est beaucoup plus ardu de les honorer comme il faut ! Inversement, il n’est pas si difficile d’honorer Dieu, tous les peuples l’on fait d’une manière ou d’une autre, mais ô combien les hommes peinent à aimer Dieu de tout leur
