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  • Photo: Jametlene Reskp (unsplash.com).

    Debout devant la croix

    À la suite de mon dernier texte intitulé « Plus jamais », Mathieu Hart a écrit un commentaire en me posant une question plus que pertinente : quels sont, selon moi, les éléments « que nous voulons collectivement le moins questionner ? ». Cela faisait référence à la vision psychanalytique de Carl. A. Jung pour qui les solutions à nos problèmes se trouvent souvent là où nous voulons le moins regarder. J’aimerais aujourd’hui lui répondre en plus de manifester en quoi l’Église pourrait ressortir grandie de cette expérience traumatisante. Deux niveaux d’analyse Dans un premier temps, nous devons reconnaitre que cette méthode jungienne est

  • Un État fort, vraiment?

    Le 28 mars au matin, à Québec (nuageux, risques de tempête), un nouveau projet de loi sur la « laïcité de l’État » était déposé sur les planches de travail de l’Assemblée nationale. Journalistes, organismes de défense de ceci et de cela, partis politiques, commentateurs de bas de page et autres twitteux étaient prêts à reprendre le combat, les armes déjà affutées par les rondes précédentes. Le gouvernement caquiste s’est-il lancé dans une impasse, prenant le risque de défigurer le visage bienveillant de la Belle Province? Rappelons les grandes lignes du projet de loi no21, « Loi sur la laïcité de l’État », connues depuis

  • Photo: Pawel Szvmanski (unsplash.com).Photo: Pawel Szvmanski (unsplash.com).

    Quand la raison s’enferme hors du monde

    Peut-on tout comprendre? Et si oui, est-ce nécessaire pour raisonner adéquatement? Notre blogueur s’appuie sur la riche réflexion de Gilbert K. Chesterton développée dans Orthodoxy pour examiner la question. « Tous les gens veulent me tuer », dit le paranoïaque. « Mais non, personne ne veut te tuer », répond le thérapeute. « C’est exactement ce que diraient les gens s’ils voulaient me tuer! », conclut le paranoïaque. La folie du sceptique Avec un peu de recul, il faut admettre que le raisonnement du paranoïaque est sans faille. Si les gens voulaient le tuer, on ne le lui dirait pas. On le lui cacherait, et on inventerait

  • Photo: Maryon Oliveira (unsplash.com).Photo: Maryon Oliveira (unsplash.com).

    D#5/ Je suis un mortel qui ne sait pas se nommer

    D#5/ Discernement. Cela signifie faire la part des choses. C’est faire preuve de perspective. La grande mésentente de notre époque porte sur la confusion à propos des mots. De toute urgence, il faut faire preuve de discernement face aux mots et à leur usage. Éviter la confusion sur le sens des mots, c’est le premier pas, je le crois, vers une société meilleure. Pour lire les autres textes de la chronique Discernement, cliquez ici. Le Verbe, pour son numéro de printemps, aborde la thématique sur la mort. Quelle belle idée ! Parce que, disons-le franchement, on ne parle pas de la mort.

  • Attaque à l’Oratoire: le temps des fruits

    L’attaque au couteau de ce matin à l’Oratoire Saint-Joseph est affligeante. Je suis soulagé d’apprendre que le père Grou est hors de danger et je prie pour son prompt rétablissement. Sans aucun doute, cet évènement fera couler beaucoup d’encre dans les prochains jours. On essaiera, collectivement et individuellement, de réfléchir aux motifs de l’agresseur, de décortiquer la séquence de ses actions. Toutes ces démarches sont parfaitement légitimes. Je crains toutefois que l’on passe à côté de la réelle portée d’un tel évènement si on réduit notre analyse aux éléments idéologiques, sociologiques ou même psychiatriques de l’affaire. La descente La première

  • Vile mairie

    Quand les murs de nos mairies seront tous beiges, purs et propres, lisses et fades, vides d’histoire, d’art, de sang et de larmes, mais pleins de présomption de neutralité. Quand les places de nos villes seront des centres d’achat, des boutiques, des foires et des cirques parce que nous aurons enfin déboulonné les dernières statues des oppresseurs, bouffeurs de « territoires non cédés » et autres conquérants en délire mystique. Quand, pour accueillir le malheureux, le dépouillé des droits élémentaires et alimentaires, la veuve, l’orphelin et l’étranger, quand pour l’inviter à prendre un repas à la maison et à se reposer autour

  • Photo: Clem Onojeghuo (unsplash.com).Photo: Clem Onojeghuo (unsplash.com).

    L’étrange parenté entre le progressisme et le christianisme

    Je suis frappé par une similitude inattendue entre le progressisme et le christianisme : une radicale quête de rédemption. Malgré l’incompatibilité de leurs normes morales et de leur métaphysique, cette similitude est fondée sur une vérité profonde de l’expérience humaine : nous cherchons à (re)trouver un état d’innocence. Si les deux messages résonnent dans l’esprit humain, si les deux discours suscitent l’adhésion de gens condamnés par ces mêmes discours, c’est parce que, dans les tréfonds de notre conscience, nous savons que nous sommes coupables et nous souhaitons être disculpés. Nous désirons être émancipés de nos fautes. Nous aspirons à être libérés de

  • Photo: Nadine Shaabana (unsplash.com).Photo: Nadine Shaabana (unsplash.com).

    « Plus jamais »

    Poursuivant notre réflexion déjà amorcée précédemment sur l’interprétation fondamentale à donner à la crise des abus sexuels dans l’Église, j’aimerais aujourd’hui essayer de voir ce qui, dans cette situation tragique, est apte à la faire évoluer dans le bon sens, ce qui peut nous aider à opérer un renouvèlement global, à la hauteur des enjeux de notre temps. Suivant le tournant fondamental, sous-jacent au Sommet sur la protection des mineurs au Vatican, d’une Église « qui n’évite pas, mais qui affronte » ses problèmes (11:25), nous sommes appelés, à la fois, à une démarche de vérité sur nous-mêmes et à une véritable

  • L’article de la mort

    Au moment d’écrire ces lignes, je suis à l’article de la mort. Mauvais jeu de mots, convenons-en tout de suite, pour vous étaler ma vie privée, ou plutôt celle de mes plus intimes recoins, bref j’ai la gastro. Piètre et juteuse entrée en matière. Sujet amené. Chaque fois que je suis un tantinet malade, chaque fois que je souffre dans mon corps (nez qui coule, gorge qui tousse, ongle incarné qui pousse), c’est plus fort que moi, je pense à ceux qui sont vraiment malades. Ça me donne comme une impression de communion avec ceux qui souffrent en silence, loin

  • Photo: Sébastien Marchand (unsplash.com).Photo: Sébastien Marchand (unsplash.com).

    Le Canada français est-il l’avenir du Québec ?

    Il se publie chaque année des livres qui traitent de la société québécoise, au point où l’on se demande s’il est un peuple au monde qui a plus investi le champ de l’auto-interprétation que le nôtre. Cet automne, La Maison mère, du romancier Alexandre Soublière, a retenu l’attention. Au croisement du récit et de l’essai, ce livre, qui intéresse par son flair sociologique, a fait monter au créneau un certain nombre d’intellectuels nationalistes qui ont le projet de souveraineté du Québec chevillé au cœur. À travers leurs interventions médiatiques, une chose ne m’a jamais paru aussi limpide: projeter le destin

  • Photo: Matthew Henry (unsplash.com).Photo: Matthew Henry (unsplash.com).

    Un examen de conscience nécessaire

    Dimanche dernier se clôturait au Vatican le Sommet sur la protection des mineurs. Rétrospectivement, on peut dire que la semaine dernière fut un véritable chemin de croix pour l’Église. Or, comme catholiques, nous savons que la Passion est un évènement aussi douloureux que salutaire. Nous pouvons affirmer que ce nouveau positionnement d’une Église qui, au lieu de chercher plus à se protéger elle-même, se met plutôt en position d’accueil et d’accompagnement des victimes sur le chemin de la guérison, est un immense pas sur le chemin de la conversion. Alors que le Saint-Siège faisait son mea culpa institutionnel, les acteurs et

  • Pour en finir avec les prêtres pédophiles

    La rencontre des évêques catholiques pour la protection des mineurs vient de prendre fin. Un peu avant, le journaliste Frédéric Martel publiait, aux quatre coins de la planète, un ouvrage de 600 pages qui documente l’homosexualité au sein de la curie romaine. On assiste au plus grand consensus dans l’histoire de l’opinion publique: hécatombe religieuse, perte totale de crédibilité morale, fin de l’Église catholique en Occident. Que dire de plus là-dessus? C’est à se demander si Martel n’avait pas prévu son coup de pub. Mais il s’en défend lui-même, expliquant ce croisement pour des raisons techniques. Soyons bienveillants, accordons-lui le

  • Photo: Josefin (unsplash.com).Photo: Josefin (unsplash.com).

    Écolo jusqu’au bout des bobettes

    Dans la lettre encyclique Laudato si’, le pape François nous invite à reconnaitre «la culture du déchet» et à adopter «un nouveau style de vie». Il précise notamment que «le fait de réutiliser quelque chose au lieu de le jeter rapidement, parce qu’on est animé par de profondes motivations, peut être un acte d’amour exprimant notre dignité». Il est une chose que les femmes jettent régulièrement: les serviettes et tampons hygiéniques. Messieurs, ne partez pas déjà! (Sinon, qui conseillera cet article à votre femme?) Cet article a été publié initialement dans le numéro d’hiver 2019 de la revue Le Verbe. Comme les couches, les

  • Photo: Galen Crout (unsplash.com / CC).Photo: Galen Crout (unsplash.com / CC).

    La prise du pouvoir par les sans-calottes

    Si l’art de la controverse s’est perdu (quelque part entre les deux guerres), Alex La Salle s’affaire à maintenir en vie ce type de joute littéraire qui, au risque de froisser quelques surplis bien repassés et quelques t-shirts fluos de « JÉSUS », a au moins l’avantage de nous servir la langue de Bloy comme remède à la langue de bois. « Si une erreur s’introduit dans les esprits, c’est grâce toujours à quelque vérité qu’elle déforme. Il doit y avoir au coeur de la Réforme luthérienne quelque illusion foncière qu’il importe de rechercher. Pour cela, il n’est pas de meilleure méthode que

  • La distinction et les rebellocrates

    J’écris dans un centre d’achats. Je me la joue poète dans un espace aussi dénué de poésie qu’un centre commercial. Je suis un être plein de contradictions. Devant moi, défile un étudiant chaussé des Doc Martens d’un punk-à-chien tout en arborant un manteau Canada Goose qu’il aurait pu avoir volé à un bourgeois de la upper middle-class. Mais c’était le sien. Tout comme les bottes. C’est à ce moment que je comprends qu’en termes de contradiction, je suis un amateur. De la même manière que je suis attablé devant une pile de bouquins savants avec un gros casque d’écoute de

  • Populisme ou la vie en jaune

    Alors qu’en France la mobilisation des  « gilets jaunes » se poursuit depuis près de quatre mois, le Royaume-Uni avance divisé et sans filet vers une sortie de l’Union européenne. La politique, sur le Vieux continent comme sur le Nouveau, semble être aux prises avec un problème « inédit » : le peuple. Pour le meilleur selon certains, pour le pire selon d’autres. Les gouvernements ou les mouvements qualifiés aujourd’hui de « populistes » présentent des traits distincts qui rendent difficile une définition claire. Certains groupes sont plus proches de l’anarchisme et avancent une critique radicale de l’État comme institution illégitime. Parmi eux, l’imaginaire assorti à des

  • Photo: Unsplash.com (CC).Photo: Unsplash.com (CC).

    Voici l’homme!

    «Voici l’homme!» C’est l’exclamation prononcée par Ponce Pilate quand il présente un Jésus ensanglanté, trahi, fatigué, sale. Quelque chose de plus profond, de plus poignant que l’apparence physique ou les paroles d’un Jésus complètement anéanti saisit tous ceux qui le rencontrent. Quoi? Qu’est-ce qui fait qu’un homme peut être si attirant, si beau et bon, et ce, même – surtout – s’il est muet et défiguré? Afin de comprendre le cœur de la masculinité et, surtout, tout son charme, Paul-Émile Durand nous propose cette réflexion, appuyée par celle de deux autres philosophes, Martin Steffens et le père Olivier Bonnewijn. S’il

  • Illustration: © Marie-Pier LaRose.Illustration: © Marie-Pier LaRose.

    Revue scientifique sur la théorie du genre

    Qu’est-ce que le sexe? Qu’est-ce que le genre? Sont-ils indépendants? Hommes et femmes existent-ils, ou ne sommes-nous que des constructions sociales, physiquement différenciées pour des raisons purement reproductives? Ces questions n’agitent pas que les philosophes, mais aussi les scientifiques de tous horizons. Par le biais de cette revue de littérature scientifique sur le sexe et le genre, tentons d’y voir un peu plus clair. En linguistique, le genre lexical différencie les êtres selon leur sexe : un élève est de sexe masculin, alors qu’une élève est de sexe féminin. De son côté, le genre grammatical est une caractéristique intrinsèque des noms qui permet d’utiliser correctement adjectifs, verbes

  • Photo: Caroline Hernandez (unsplash.com).Photo: Caroline Hernandez (unsplash.com).

    La standardisation des produits

    La semaine dernière était publiée une lettre ouverte signée par 45 pédiatres sonnant l’alarme contre le recours « trop facile aux médicaments pour traiter des symptômes s’apparentant au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ». Bien qu’il ne soit pas mention en soi de la possibilité des surdiagnostics, beaucoup de pédiatres reconnaissent la possibilité d’être « allés trop loin ». D’abord, le simple fait que la validité du diagnostic du TDAH fasse encore l’objet de débat au sein de la communauté scientifique exige notre appel au « principe de précaution ». En effet, certaines sommités dans le domaine le considèrent comme un

  • Les Filles au Moyen Âge en première québécoise

    Le 7 février 2019, l’équipe du magazine Le Verbe met le cap sur Montréal afin de présenter en grande première québécoise le film Les Filles au Moyen Âge. La soirée, qui se déroulera à la salle d’Auteuil du Gesù, débutera à 18h avec un apéro. La projection commencera à 19h, avec en première partie deux courts métrages québécois. L’événement se conclura ensuite par une discussion. Pleins feux sur cette soirée que vous ne voulez pas manquer! (Ah, et réservez vos places avant qu’elles ne s’envolent toutes!) En première partie : deux courts métrages québécois Tu es poussière de Stéphanie Chalut (première

  • Sylvain, Laure et leur fille (photo: Raphaël de Champlain).Sylvain, Laure et leur fille (photo: Raphaël de Champlain).

    Nos histoires compliquées

    La plupart des jeunes catholiques, comme leurs contemporains, ont vécu des expériences amoureuses de toutes sortes. Ces relations, ponctuées de joies, de peines et de déceptions, les ont façonnés comme hommes et comme femmes. En témoignent un couple et un jeune homme qui nous parlent de leur apprentissage de l’amour, de la sexualité et finalement d’eux-mêmes, et un prêtre qui nous partage le fruit de ses expériences d’accompagnement. Cet article a été publié initialement dans le numéro d’hiver 2019 du Magazine Le Verbe. En chemin Laure et Sylvain vivent leur cinquième année de mariage. Ils ont une petite fille âgée

  • Le saint cathodique

    Bien qu’il soit décédé en 1979, Fulton Sheen demeure aujourd’hui une véritable célébrité dans les milieux catholiques américains et un pionnier de l’évangélisation par les nouveaux médias. On lui donne d’ailleurs souvent le titre de premier télévangéliste, ce qui, à en juger par la qualité de ses successeurs, pourrait sembler une insulte plutôt qu’un compliment. Or, il suffit de l’écouter parler quelques minutes pour comprendre que ce titre ne se réfère pas seulement à sa primauté chronologique, mais peut-être surtout à son ordre dans la qualité. Portrait d’un homme d’Église bien de notre temps. Cet article a été publié initialement

  • Photo: Rawpixel (unsplash.com).Photo: Rawpixel (unsplash.com).

    Sérotonine ou la communion dans le dégout

    À travers les dialogues mentaux de son personnage principal, Michel Houellebecq dégage, dans Sérotonine, une honnête description des effets psychopathologiques de cette volonté toute soixante-huitarde de se soustraire à la « dureté du réel ». Un compte-rendu de notre collaborateur Francis Denis. Sorti quelques semaines après les fêtes, le dernier roman de Michel Houellebecq s’est offert la petite gêne de ne pas jeter une torpeur supplémentaire sur les moments de bonheur qui accompagnent, dans nos sociétés sécularisées, ce temps d’illusion programmé qu’est Noël. Il n’en demeure pas moins que plusieurs chèques-cadeaux de librairie ont dû servir à se le procurer. Que reste-t-il

  • Une scène de Beef au Théâtre Premier Acte (photo: Facebook).Une scène de Beef au Théâtre Premier Acte (photo: Facebook).

    Non, ce pays n’est pas pour les «fifs»

    Beef de Dayne Simard, présenté au Théâtre Premier Acte, nous entraine avec beaucoup d’humour au sein d’une réalité qu’on peine à croire vraie. L’auteur nous livre ici, dans sa première pièce, une caricature illustrant les basfonds de la vie rurale où les quatre-roues et ski-doo de ce monde règnent en maitres. La masculinité s’y révèle peut-être dans ce qu’elle a de plus machiste: tout ce qui diffère de la normalité ambiante est alors targué de « fif ». Les lumières s’éteignent. La pièce commence. C’est ensevelie d’une montagne de terre que la protagoniste Manon, interprétée par Nathalie Séguin, apparait. Le ton est donné

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