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L’Église pratique-t-elle un seul rite ?
Plusieurs pensent que la messe, c’est toujours pareil ! Certains aiment la routine, d’autres pas. Mais est-ce que c’est bien vrai que les messes sont toutes identiques ? Déjà, d’un célébrant à l’autre, on remarque quelques différences. Il y a aussi les temps liturgiques qui font varier la liturgie (carême, Pâques, avent, Noël, fêtes, etc.) et ensuite, bien sûr, l’homélie. Par contre, c’est vrai, il y a un cadre assez strict et une manière de faire assez structurée. On ne peut pas faire n’importe quoi. C’est ce cadre qui nous parait quelquefois ennuyeux, répétitif, répétitif, répétitif et fade. Voilà justement la raison
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Paul Racette : la foi en action
L’homme que je regarde dans mon écran d’ordinateur est installé au milieu d’une vaste pièce tout en bois, d’où émane une éclatante lumière. Nous nous sommes connus lors de mon reportage sur la pastorale maritime, qui sera bientôt publié dans le magazine de septembre du Verbe. Il m’a fasciné. J’ai donc voulu en savoir davantage sur sa vie ainsi que sur son cheminement spirituel qui l’ont mené vers le diaconat permanent et sur le chemin de Compostelle. Lorsque Paul Racette partage à sa femme, Lise, son souhait de devenir diacre permanent, elle lui répond du tac au tac qu’il s’implique déjà suffisamment. Sa
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Pour en finir avec la légende noire du catholicisme
Les dernières semaines ont été marquées par la montée du mouvement antiraciste partout dans le monde à la suite de la mort de George Floyd. En pleine pandémie de Covid-19, des citoyens de tous les horizons semblent avoir ressenti le besoin de sortir de leur hibernation sociale pour prendre la parole. Malgré sa juste cause, le mouvement antiraciste à l’œuvre s’accompagne d’un projet de révisionnisme historique exempt de nuances. Iconoclaste, ce courant radical entend rayer tout monument, ou presque, rappelant le fait colonial dans les Amériques. Bonne cause, mauvais moyens Aux États-Unis, des manifestants ont endommagé puis retiré de leur
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Édith Stein : sainte, juive, catholique et philosophe
« Une vie dans l’abondance et le confort bourgeois est en contradiction avec l’esprit d’une sainte pauvreté et sépare du Pauvre crucifié » Édith Stein, La crèche et la croix Il y a 78 ans aujourd’hui, la carmélite Thérèse-Bénédicte de la Croix, sa sœur Rosa et presque mille autres déportés juifs mourraient gazés au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Quelques jours auparavant, lorsque les deux sœurs Stein se font arrêter au Carmel d’Echt, aux Pays-Bas, Édith aurait adressé cette ultime exhortation à l’endroit de Rosa : « Viens, allons, pour notre peuple. » Ces paroles révèlent la grandeur d’âme et l’attachement profond que la sainte juive portait à sa
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L’option dominicaine : comment vivre en chrétien dans un monde qui doit le redevenir
L’option bénédictine En 2017, le chrétien orthodoxe Rod Dreher publiait L’option bénédictine que le New York Times a qualifié d’essai religieux le plus important et discuté de la décennie. L’option bénédictine, ce n’est pas un choix d’œufs pour un bon déjeuner ! Pour le résumer en une phrase, dans les mots mêmes de Dreher, il s’agit d’une stratégie inspirée de la règle de saint Benoît pour vivre en chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Dreher propose ainsi de redécouvrir l’ascétisme, le sens de sacrifice, l’ordre, la stabilité, le silence et l’autarcie en s’inspirant de la règle de vie légendaire des plus
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Dieu punit-il l’injuste ?
Devant la fortune de certains grands profiteurs, ou l’apparent bonheur de gens de mal, nous sommes parfois tentés de croire que Dieu ne punit pas l’injuste. Il faut toutefois aller plus loin, et voir que la punition se trouve souvent dans la faute, et que Dieu sait aussi ajouter des corrections qui suscitent le repentir. À la suite de mon dernier article sur la punition divine, j’ai eu la chance de recevoir, publiquement et en message privé, quelques réflexions intéressantes. De fait, pareil thème ne laisse pas indifférent. Et plusieurs questions s’en dégagent. On m’a suggéré notamment — en paraphrasant —
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Ce que Paul Claudel avait à dire
Si l’œuvre littéraire de Paul Claudel (1868-1955) se compare esthétiquement à une fresque contenant toutes les nuances possibles, son message, lui, est univoque. « J’ai une chose à dire et il faut absolument que je la dise. » Cette chose le presse, le met en route, l’enrôle. Désormais, ses poèmes, ses essais, ses pièces de théâtre et surtout son immense correspondance se calquent sur cette chose mystérieuse, irréfutable. Depuis le 25 décembre 1886, Claudel ne peut plus se taire. Quand il franchit le porche de la cathédrale de Notre-Dame de Paris pour assister aux vêpres de Noël, il n’a pas la foi
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Pourquoi je suis conservateur
Enrobé d’un brouillard sémantique, le mot fait sourciller. Il suscite les moqueries, pour ne pas dire qu’il est marqué au fer rouge de l’inacceptabilité sociale. Pour aller droit au but, je suis conservateur. Avant même d’être de gauche ou de droite. Pour certains, cette disposition et cette sensibilité sont naturelles, alors que, pour d’autres, elles s’acquièrent. Je ne suis pas de ceux qui ont toujours été partisans de l’autorité, de l’ordre, de la tradition et de la propriété privée. Ce qui ne m’empêche pas de penser aujourd’hui que le conservatisme est non seulement un frein salutaire devant les promesses démesurées
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L’envers du miracle
Il y a eu mille manières de vivre la crise sanitaire. Certains se sont donnés au front ; d’autres, sans emploi, ont appris à pétrir le pain, à rapiécer des vêtements, à travailler le bois ; plusieurs parents ont réinventé l’art de jouer avec leurs enfants. Sara Chapdelaine, elle, a réappris à marcher, après 14 années passées à rouler en fauteuil. Par écrans interposés, Sara m’apparait en plan buste et je ne vois pas qu’elle a une prothèse. J’aurais été ébahie de l’apercevoir se lever tout bonnement pour aller chercher un verre d’eau. La dernière fois que je l’ai croisée, elle roulait dans son
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Que nous prépare le Père Dom Cuisine ?
Pendant le confinement, les fidèles ont pu nourrir leur foi grâce aux nombreux rendez-vous en ligne du père Dominic LeRouzès, réalisés en collaboration avec l’Église catholique de Québec. Le nouveau responsable de la pastorale jeunesse a également lancé, début juillet, son émission de cuisine Père Dom Cuisine. Le Verbe a pu s’entretenir avec lui afin de découvrir l’origine de cette nouvelle occupation plus qu’originale, et pour revenir sur son expérience personnelle et professionnelle au cours de la pandémie. Pendant le confinement, vous avez conclu un partenariat avec l’ECDQ, comment ce projet a-t-il vu le jour ? J’étais assis à mon bureau lorsque l’annonce
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Jadis, la formation philosophique à l’Université de Louvain : entretien avec Benoît Patar
Benoît Patar est médiéviste. À 81 ans, ce docteur en philosophie et lettres de l’Université de Louvain poursuit son patient et méticuleux travail de traduction et d’annotation de textes issus de la tradition scolastique. En 1992, il a obtenu le grade de maitre-agrégé en philosophie, pour une édition latine du Traité de l’âme de Jean Buridan, philosophe du XIVe siècle dont il est aujourd’hui l’un des plus éminents spécialistes. Depuis lors, il s’est chargé de l’édition critique, en version latine ou en traduction française, de plus d’une dizaine d’œuvres de Jean Buridan, Nicolas Oresme et Albert de Saxe. Comme il a reçu sa
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Gunman n’a pas peur de mourir
1983. À 23 ans, Pierre est le criminel dangereux le plus recherché au Québec. Il s’est évadé encore une fois. Depuis ses 14 ans, les vols à main armée, les évasions, les séquestrations et les prises d’otages, c’est sa vie. Quand il est arrivé dans la prison pour adultes, la toute première fois, à 18 ans, il avait fait une entrée héroïque : il revenait de l’hôpital, car il avait été tiré à bout portant par les policiers qui avaient eu trop peur de lui avec son « 12 pompeux » artisanal entre les mains et son révolver à la ceinture. Pour les détenus, c’était Gunman. Un gars
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La foi composée
Mozart, Vivaldi, Haendel, Bach. Parmi les grands compositeurs, ces quatre maitres ont en commun d’avoir laissé à l’humanité un legs musical impressionnant. Ce qu’on oublie parfois, c’est que plusieurs de leurs œuvres ont été écrites pour Dieu. Une enquête historique de Frédérique Francœur. En marchant vers l’église, j’ai des papillons dans l’estomac. Je me tourne vers mon mari et je lui demande : « Quels chants vont-ils chanter ce soir, tu penses ? » J’y ai pensé pendant tout le trajet en voiture. La musique. C’est pour moi l’élément le plus touchant des célébrations religieuses. L’une des manières les plus dignes de louer le
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Le poteau d’Hydro
Par la fenêtre de ma cuisine, j’ai pu admirer, tout au long de mon confinement, le jeu de séduction d’un petit couple de moineaux. Matin après matin, petit à petit, ils ont fait leur nid dans la cabane à oiseaux qu’on avait posée sur le poteau d’Hydro. Ce poteau m’a toujours dérangée. Ça fait 12 ans qu’on habite cette maison, et je n’ai toujours pas compris pourquoi Hydro a décidé de planter son poteau juste en face de ma fenêtre. Ils auraient pu le planter un peu plus à gauche — à peine deux mètres — et ça aurait tout changé.
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À propos « Des prêtres catholiques mariés » de Laurent Turcot
J’apprécie généralement le travail de vulgarisation de Laurent Turcot. Or, les raccourcis historiques de sa dernière capsule renforcent malheureusement certains préjugés sur l’Église catholique. Force est de constater qu’il n’y a aucun spécialiste de l’histoire de l’Église ou de théologien catholique dans les auteurs de ce texte utilisé par M. Turcot, lesquels auraient grandement aidé à la rigueur de sa capsule. Quelques inexactitudes : « Le pape François est pressenti comme celui qui peut ouvrir un peu les portes sur ce sujet […] Pendant plusieurs siècles, l’Église accepte sans problème des prêtres mariés ». Et elle en accepte toujours !
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L’éducation, c’est toujours la même histoire
Bien qu’on la tienne souvent pour acquise, l’éducation est encore une priorité pour les Québécois. Lorsqu’on compare la proportion de notre budget annuel accordée à ce domaine avec celle d’autres pays, on voit comment cet intérêt est loin d’être partagé par tous. Le livre collectif Une histoire de la formation des maitres au Québec, dirigé par Michel Allard, nous aide à mieux comprendre les raisons et les processus historiques qui rendent compte de l’importance qu’a aujourd’hui l’éducation au Québec. D’abord, ce livre nous permet de situer plusieurs des grands débats actuels en matière d’éducation. Alors que nos sociétés changent à un
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Alcool et conduite irréprochable ?
En rapport aux dénonciations d’agressions sexuelles, Florence Malenfant, dans son dernier article, a voulu aller à la racine du problème. Je voudrais, pour ma part, aller plutôt comme à la « périphérie » du problème et examiner une circonstance particulière entourant les actes commis : l’abus d’alcool de ceux qui posent de tels gestes. C’est en effet une bizarrerie à mes yeux. À écouter le discours ambiant, on devrait pouvoir se souler tranquillement, sans que rien d’insensé n’en découle. Autrement dit, on voudrait perdre la raison (car boire à l’excès cause cela) et toujours, pourtant, se comporter raisonnablement, tenir une conduite irréprochable. On s’attend
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Les exvotos de la bonne sainte Anne
Encore une fois cette année, ma chronique du mois de juillet portera sur l’une des saintes les plus populaires du Québec, celle que l’on nomme tout candidement « la bonne » sainte Anne. L’an dernier, je me suis intéressé aux origines de la dévotion envers la grand-maman du Christ. Pour ce second opus, je vous propose d’examiner l’un des éléments les plus caractéristiques du sanctuaire de Beaupré : les exvotos. Tout d’abord, définissons ce qu’est un exvoto. Le mot provient de l’expression latine exvoto sucepto, qui signifie « selon le vœu fait ». Un exvoto est simplement un objet commémorant un vœu. Il existe plusieurs artéfacts qui nous permettent de
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Dialogue virtuel avec un ermite urbain
Ermite urbain. Voilà qui sonne comme une contradiction à nos oreilles. En effet, dans notre imaginaire, ce mot est associé à la forêt ou encore à une grotte dont l’accès est difficile. Pourtant, des hommes et des femmes ont décidé de suivre cet appel de la vie érémitique au cœur des villes. C’est le cas de l’abbé Jacques Larose. Discret, il a répondu à nos questions par courriel. Ces réponses lèvent le voile sur une partie de sa vie quotidienne, spirituelle… et virtuelle. Une vie virtuelle ? Vraiment ? Tout à fait ! L’ermite urbain possède sa page Facebook, son propre blogue et
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À l’orée d’un camp de réfugiés au Rwanda
Nous avons rendez-vous près de l’église afin de rencontrer les enfants du camp de réfugiés de Gihembe. À l’heure convenue, nous les voyons arriver au loin par dizaines. Sac d’école au dos, ils courent le long du sentier qui longe la colline. Ils sont accueillis à bras ouverts par sœur Épiphanie, qui prend des nouvelles de chacun d’eux. Elle secoue la tête en riant : « Tous les enfants de la paroisse sont venus. » Il m’est impossible de distinguer les réfugiés congolais des enfants rwandais. Spontanément, la marmaille se regroupe, tape des mains et entame des chants. À priori, la scène est
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Fière mère au foyer
C’est moi, dont la vie est dépeinte comme le pire cauchemar de toute femme, moi dont les gens pensent à la fois que j’abuse du système et que je me pogne le beigne toute la journée, sans toutefois être capables de s’imaginer mon quotidien. C’est moi qui ne m’habille qu’en mou et qui ne suis, à ce qu’on dit, rien d’autre que la boniche de la maisonnée. C’est moi qui n’ai aucune valeur aux yeux de la société, parce que je ne rapporte rien dans les coffres des gouvernements. Moi qui n’ai pas compris que d’autres sont payées pour éduquer mes enfants
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Des hommes d’intérieur : sept gars, trois canots et la Saint-Maurice
Un texte de Kevin Murray Sept valeureux aventuriers — un ainé, un prêtre et cinq moussaillons vingtenaires — ont quitté Grande-Anse, à 50 km au sud de La Tuque, pour pagayer sur la Saint-Maurice jusqu’à Québec. Véritable contrepied à l’appel du divan et du sportif de salon qui sommeille en chacun de nous, voici le récit d’une audacieuse sortie de gars qui n’ont pas eu peur de voyager à l’intérieur d’eux-mêmes. Le Verbe présente ici quelques bribes de l’épopée. Sept hommes, toutes générations confondues, du courage et peu d’expérience en canot. C’est un bon départ ! Première leçon : ne pas rester à l’ombre sans protection contre
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Hagia Sophia : tensions entre civilisations
Certains bâtiments sont si fortement chargés symboliquement qu’ils deviennent pour les sociétés les ayant érigés des lieux de références. Ils incarnent à eux seuls l’identité de la nation. C’est le cas de la basilique Hagia Sophia de Constantinople qui fait la une ces jours-ci. Le 10 juillet dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé de reconvertir en mosquée ce qui était un musée depuis 1934. Un peu d’histoire La première basilique paléochrétienne nommée Hagia Sophia a été érigée en 330 par l’empereur romain Constantin après sa conversion au christianisme. Il ne reste que peu d’éléments architecturaux de cette
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La mort de mon frère Chris
Un texte de Mgr Thomas Dowd, évêque auxiliaire de Montréal. Je pense mieux quand j’écris, et la mort récente de mon frère cadet Chris a suscité plusieurs pensées. Sa vie était pleine de sens… Et sa mort aussi. J’ai écrit ce texte pour partager quelques réflexions à propos de ce sens. Pour ceux qui ne connaissent pas le fond de l’histoire, on a diagnostiqué à Chris, il y a trois ans, une sclérose latérale amyotrophique (SLA). Cette maladie entraine la mort des neurones moteurs du système nerveux, provoquant graduellement une paralysie généralisée. La SLA est 100 % fatale. On ignorait combien
