
Religieusement actif et sexuellement épanouis
Les couples mariés sont aujourd’hui plus sexuellement actifs que les jeunes. Selon le dernier sondage commandé par Playboy, un cocktail complexe de finances, d’anxiété et d’influence numérique tue le sexe chez les 18-29 ans. À l’inverse, les couples mariés sont ceux qui s’unissent le plus souvent et avec la plus grande satisfaction. Et s’ils fréquentent régulièrement un lieu de culte, les chiffres sont encore plus élevés! Monde à l’envers ou monde à l’endroit?
Drame dans les chambres à coucher: les jeunes font de moins en moins l’amour. Étrange paradoxe de notre époque, alors que plus rien ne semble tabou et que le mariage ne balise plus les activités sexuelles depuis longtemps. Déjà, en 2019, 30% des hommes et 20% des femmes de 18 à 30 ans n’avaient pas eu la moindre relation sexuelle dans la dernière année aux États-Unis. La génération Z, née entre 1997 et 2012, subit-elle la même récession sexuelle?
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Les jeunes aiment-ils encore le sexe?
C’est ici que Playboy entre en scène. Le célèbre magazine érotique, sans doute soucieux de rester une référence en matière de sexe, a demandé à l’Institut Kinsey — centre de recherche dont les activités tournent autour du sexe depuis 1947 — de mener une enquête sur les activités sexuelles des jeunes. Ainsi, 2373 adultes américains âgés de 18 à 29 ans ont été sondés.
Les résultats sont encore plus surprenants qu’en 2019: un jeune sur cinq n’a jamais eu de relation sexuelle. Pas seulement dans la dernière année, mais jamais. D’ailleurs, un quart des jeunes n’a même jamais eu de relation amoureuse tout court. Pourtant, ce n’est pas le désir qui manque! Les répondants, dans 80% des cas, évaluent que leur «désir sexuel» est modéré, élevé ou très élevé, et 40% aimeraient vivre plus de relations sexuelles.
Pourquoi cette différence entre les désirs et les actes? Assiste-t-on au retour de la vertu? Le sondage pointe plutôt du doigt la difficulté grandissante à rencontrer des partenaires et la capacité économique déclinante des répondants. En effet, 66% des jeunes sondés déplorent les occasions de rencontre limitées et l’usage épuisant des applications. Du côté financier, 64% vivent encore chez leurs parents où l’intimité est relative et 43% estiment que leurs finances sont un obstacle au dating.
L’anxiété semble aussi être un enjeu important: un jeune sur trois prend des antidépresseurs — une consommation qui est en hausse dans plusieurs tranches de la population ces dernières années — et deux jeunes sur trois ont simplement peur de se faire rejeter. Enfin, près d’un jeune sur trois ne sort carrément plus de chez lui et préfère vivre des relations romantiques ou sexuelles dans le monde virtuel plutôt que des rencontres en personne.
Et parce que des résultats surprenants ne viennent jamais seuls, un autre sondage secoue la sexosphère: celui du magazine The Atlantic. Il révèle que le secret d’une vie sexuelle épanouie est le mariage et la fréquentation d’un lieu de culte!
Pardon? Les croyants pratiquants, ces créatures prudes, coincées, voire frigides, seraient les plus sexuellement actifs?
Déboulonner les mythes
Les jeunes ne sont pas les seuls touchés par le déclin de la sexualité. Publiées quelques jours après le sondage de l’Institut Kinsey, les données des journalistes de The Atlantic sur les 20-54 ans montrent que les couples s’unissent moins souvent. La moyenne chez les couples non mariés est d’une fois par semaine pour 35% d’entre eux, contre 40% en 2000 et 42% en 1990.
La tendance est similaire chez les couples mariés, bien que les pourcentages soient plus élevés (la proportion passe de 64% en 1990 à 48% en 2024). Une courbe cependant refuse de flancher: celle des couples mariés qui fréquentent régulièrement un lieu de culte. Ces derniers s’unissent au moins une fois par semaine chez 60% d’entre eux, un pourcentage stable depuis les années 1990.
Pardon? Les croyants pratiquants, ces créatures prudes, coincées, voire frigides, seraient les plus sexuellement actifs?
Oui, et ce n’est pas tout. En plus de ne pas bouder la chambre à coucher, ces couples y prennent même beaucoup de plaisir! Ils décrivent plus souvent leur vie sexuelle comme étant «excellente» ou «très bonne» que leurs pairs non mariés. Et les résultats sont similaires quand on leur demande de décrire leur vie de couple en général.
Pour expliquer ces résultats, les journalistes émettent l’hypothèse que «lorsque le mariage et la sexualité sont empreints d’un caractère sacré, ils ont davantage de chances d’être épanouissants». Le pardon, la fidélité, la générosité et les croyances partagées de ces couples forgent leur intimité, tandis que la participation fréquente à une communauté de prière les soutient tout en les sortant de leur bulle. Ils sont ainsi mieux protégés d’une possible influence négative des réseaux sociaux ou de chambres d’écho.
S’investir dans une communauté de croyants, vivante et réelle, tout en ayant l’audace de croire aux liens du mariage, c’est peut-être ce qui manque pour pimenter la vie sexuelle des générations Z, Y et X?
Ne le dites pas trop fort; il ne faudrait pas qu’on soit trop nombreux à être heureux.


