

Juillet-aout 2023
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Mon Québec déraciné
Je suis nostalgique de l’époque où le nationalisme était, au Québec, associé à la gauche politique. À cause de notre statut minoritaire, nous pouvions nous identifier à d’autres peuples en marche pour la libération. Aujourd’hui, le spectre politique a changé. Cette année, je n’ai pas osé souligner la Saint-Jean en suspendant un fleurdelisé à mon balcon, de peur que ce soit mal interprété. Je crains d’être associée aux idéologues qui cultivent un sentiment national fondé sur la peur de l’altérité. Les boucs émissaires On accuse le gouvernement actuel de faire dans la catho-laïcité. Ce concept traduit un mouvement vers l’équilibre
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«No_reply»
J’allais ajouter un couplet à ma tirade contre le dispositif technologique, quand j’ai été saisi d’un soudain scrupule. C’était à propos des messages que nous recevons et dont l’envoyeur se présente avec la mention no_reply. Il y a d’abord cet affreux «tiret bas», appelé aussi «underscore», ignoré de la bonne écriture française et qui ne souligne que le vide. Cela seul suffit à le disqualifier. Mais il ne se contente pas de cette insignifiance, il ajoute que le message n’appelle pas de questionnement ni de dialogue, et que personne, donc, n’en est responsable. L’administration dédouane ses ministres: «C’est comme ça
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Tous aux frontières!
Après plus d’une semaine à rouler les sacs de couchage et à remplir la glacière, à faire l’inventaire des souliers d’eau, des casquettes et des maillots, viendra le moment de crier: «On part!» Vœu pieux. On ne partira pas. Du moins, pas tout de suite. Il y a une crise. Sur la banquette arrière, madame la marquise ne veut surtout pas être assise à côté d’un spécimen aussi rustre et odorant que monsieur son grand frère, lequel lui retourne une vacherie avec un désamour réciproque. À ce moment précis, je regrette de ne pas avoir récupéré l’un des millions de
