Illustration: Marie Laliberté/Le verbe

Une méthode simple pour changer de vie

Texte écrit par Ersun Kayra

Les cathos entrent en carême le 18 février. Privations diverses, jeûnes, prières, aumônes: les options sont nombreuses pour qui veut bien vivre la montée vers Pâques. Mais par où commencer quand on fait tout juste ses premiers pas dans la foi? Le Verbe vous propose une petite méthode simple en trois gestes faciles pour bien tenir six semaines! Et plus si affinités.

Oubliez les grandes résolutions, visez petit. Six semaines, trois gestes hebdomadaires: prier dix minutes, servir une heure, s’enraciner dans un lieu ou une équipe. Un guide de départ sans jargon pour vous donner envie d’essayer.

Scénario potentiel. Mardi à 17 h 50, Alex entre dans une église et s’assoit: dix minutes de silence pour laisser tomber le poids du monde. Jeudi, il donne une heure à la soupe populaire de son quartier. Et dimanche soir, il retrouve les mêmes personnes autour d’une table.

Trois gestes

Prier dix minutes: une respiration. Un Notre Père ou un psaume court, quelques minutes de silence — ou simplement répéter intérieurement une phrase qui vous apaise (p. ex. «Jésus, j’ai confiance en toi» ou «Merci pour aujourd’hui»). Ce n’est pas une performance spirituelle, mais un temps simple pour repartir à zéro et se déposer avant que le bruit ne regagne du terrain.

Servir une heure: une charité concrète. Que ce soit à une paroisse, à la soupe populaire, à l’aide aux devoirs ou à tout autre engagement bénévole de votre choix, il s’agit simplement de donner une heure à quelqu’un d’autre pour remettre le corps en route et tenir l’espérance.

S’enraciner dans un lieu ou une équipe: ne pas rester seul. C’est un rendez-vous régulier, des prénoms, une heure fixe. Pour tenir dans le temps, il faut parfois s’attacher à un lieu. S’enraciner, c’est aussi se donner le droit à des microrencontres; un prénom retenu, une prise de nouvelle inattendue, un café partagé. Ce n’est pas un programme, c’est une présence. La régularité transforme des visages en voisins, et des voisins en compagnons de route.

Petite philosophie du débutant

Il ne s’agit pas de devenir expert en prière ou en service, mais de redevenir débutant. Comme quand on apprend à marcher: on tombe, on se relève, on recommence. L’important, c’est la régularité, même maladroite, pas la performance. Quand on accepte d’être novice, tout devient possible.

Il faut aussi trouver le rythme qui permet de tenir: faire peu, mais souvent, et toujours au même moment. La répétition crée la solidité. Ces gestes ne sont pas que des idées: le corps apprend. Les genoux qui se plient pour s’asseoir dans le silence, les mains qui épluchent les légumes — à force, ces gestes deviennent des ancres.

Le vrai défi, c’est la discrétion. Aujourd’hui, on nous demande souvent de publier notre vie pour la valider. Ces trois gestes sont puissants justement parce qu’ils ne sont pas faits pour être vus. Vous n’avez pas besoin de les partager sur les réseaux sociaux. Leur force est dans leur discrétion: vous les faites pour tenir debout et pour servir, non pour obtenir des likes. La vraie victoire, c’est de réussir à les vivre sans que tout le monde le sache. C’est le chemin d’une liberté silencieuse — là où l’attention se reconquiert et où l’écran retrouve sa juste place.

Et après Pâques

L’expérience vous a fait du bien? Construisez sur ce qui a été mis en place. Choisissez un geste pilier (souvent la prière de dix minutes) et un geste relationnel (service ou groupe). Fixez un horaire stable et un binôme pour vous encourager. Quand la vie s’emballe, conservez au moins le premier; quand elle se calme, réinstallez le second.

Peut-être découvrirez-vous que ces gestes ne vous portent plus de la même manière. C’est normal. Changez le cadre, mais gardez l’intention: dix minutes de présence, une heure donnée, des visages connus. La forme change, l’essence reste.

Au bout de quelques mois, vous aurez moins l’impression de «performer la foi» et davantage celle de l’habiter.

Bon carême!

Collaboration spéciale
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