Illustration: Judith Renauld/Le Verbe

David Bonhomme, quand foi et business font bon ménage

David Bonhomme est un entrepreneur chrétien français dans le domaine de la communication. Essentiellement présent sur les réseaux sociaux et sur le Web, il s’adresse à ses homologues à travers un balado, des chroniques vidéos, des formations et des retraites spirituelles. Souhaitant ramener le sens au cœur du labeur, le père de famille partage son parcours et propose des outils aux chefs d’entreprise pour remettre Dieu au centre de leur vie et de leur business. Rencontre avec un papa, un patron et un pèlerin.  

Le Verbe: L’entrepreneuriat était-il une ligne tracée d’avance, dans votre cas? 

Pas du tout, ce n’était pas mon plan de carrière, je voulais devenir pasteur! Je me suis lancé à mon compte en graphisme, puis, avec un ami, on a commencé à produire des sites Web. Au fil des années, j’ai réalisé qu’être pasteur n’était pas pour moi. J’ai rencontré ma conjointe, je me suis marié, j’ai eu des enfants et j’ai cofondé Progressif Media, une agence de communication. L’entrepreneuriat est donc venu naturellement. Je savais aussi que je souhaitais avoir un métier qui me permettrait de gérer mon temps comme je le désirais pour notamment l’investir dans mon église.

La foi est donc compatible avec l’entrepreneuriat?

Ah oui, clairement! Un entrepreneur fait constamment face à des défis et à des problèmes, ce qui fait qu’il est obligé de s’en remettre au Seigneur au quotidien. Il doit faire confiance et se laisser transformer dans ses attitudes, son identité, son caractère, tout le temps. C’est un chemin de croix: il faut espérer et prier pour ne pas se faire écraser par la pression.

Papa
Je fais en sorte que mes quatre enfants grandissent bien, qu’ils aient le nécessaire pour se lancer dans la vie, qu’ils aient des bases solides. Être père de famille sous-entend aussi être un époux qui prend soin de sa femme, qui lui permet de s’épanouir.

Patron
Je suis responsable d’une entreprise et d’employés, qui tente d’être une lumière pour eux au quotidien. 

Pèlerin
Je suis un homme qui marche avec Dieu, qui vit sa spiritualité au quotidien et qui prend soin de sa santé physique et mentale.

Dans vos chroniques vidéos, vous parlez notamment du sens dans le travail. Quel est le sens du vôtre?

J’ai la chance d’avoir des emplois dont les projets ne sont pas un moyen pour atteindre une fin, mais la fin elle-même. J’ai vendu Progressif Media en 2024 pour travailler avec ma femme dans son entreprise, Fabuleuses au foyer. C’est un média chrétien qui accompagne les femmes dans leur maternité en leur donnant des outils pour prendre soin de leur santé mentale et émotionnelle.

Pour moi, le sens n’est pas difficile à trouver: quand la maman va bien, toute la famille va bien. À côté de ça, j’ai lancé le balado Papa Patron Pèlerin, dans lequel je partage mon parcours et je rencontre d’autres entrepreneurs chrétiens. Ç’a évidemment du sens: je montre qu’il est possible de mettre Dieu au centre de sa business.

Ce n’est pas toujours aussi évident de trouver du sens à ce qu’on fait. Avez-vous des trucs dans ces cas-là?

Il y a plein de manières de trouver du sens. Un premier exemple est de consacrer du temps à Dieu. Dans les moments où je ne savais plus pourquoi je faisais ce que je faisais, je partais en retraite dans des monastères. Ça m’a sauvé dans les moments difficiles, et c’est pour ça qu’aujourd’hui j’en organise pour les entrepreneurs chrétiens. Un deuxième truc est de réserver une journée entière par semaine au Seigneur où tu ne travailles pas. Si tu veux aller plus loin, tu la passes sans téléphone pour être sûr de ne pas te faire avaler par un texto ou un appel du travail.

À quelle fréquence ont lieu ces retraites que vous organisez et comment ont-elles vu le jour ?

Les retraites Atypique ont lieu une à deux fins de semaine par année. Ce sont des moments où les entrepreneurs et entrepreneuses retirent leur casquette de patron et redeviennent des êtres humains. Entre les moments de prières, de silence et de louange, ils partagent leurs problèmes librement et sans peur du jugement, sachant que tous vont comprendre leur réalité.

Quand j’ai commencé à parler de ma foi sur les réseaux sociaux, ç’a fait écho chez de nombreux entrepreneurs. J’ai reçu des centaines de messages de remerciement. Beaucoup me confiaient qu’ils aimeraient davantage parler de leur foi et la mettre en pratique dans leur business. C’est là que j’ai pris conscience qu’il y avait une grande soif de Dieu dans le domaine. J’ai commencé à rencontrer des gens, à organiser des soirées de louange et à rassembler des entrepreneurs entre eux et autour de Jésus.  

On peut difficilement parler d’entrepreneuriat sans parler d’argent. En tant qu’entrepreneur et chrétien, quel rapport avez-vous avec celui-ci?

Un entrepreneur pense tout le temps à l’argent. Et si on remet ça en contexte, c’est tout à fait normal: il doit payer des salaires, faire les budgets, s’assurer que son entreprise est pérenne. Après, est-ce que générer de l’argent est sa mission première?

Le moment où j’ai eu le plus peur dans ma carrière, c’est lorsque j’ai commencé à gagner beaucoup d’argent parce que, d’un coup, j’avais du pouvoir. Je prenais de plus en plus des décisions, non pas en écoutant Dieu, mais en pensant à la croissance de l’entreprise. L’argent était devenu le maitre. Il ne faut pas oublier qu’un entrepreneur peut gagner beaucoup un jour et tout perdre le lendemain, il n’est jamais à l’abri de l’échec. Et quand il perd, c’est toute son équipe qui perd aussi. J’ai énormément prié et travaillé sur mon rapport à l’argent, j’ai lutté pour ne pas qu’il prenne le contrôle sur mes décisions et, finalement, j’ai lâché prise. Aujourd’hui, je décide de faire confiance à Dieu et de croire qu’il pourvoira toujours. Comme l’apôtre Paul le disait, j’ai appris «à être dans l’abondance et dans les privations» (Ph 4:12).


Frédérique Bérubé
Frédérique Bérubé

Diplômée au baccalauréat en communication publique et à la maîtrise en journalisme international, Frédérique est passionnée de voyages, de rencontres humaines et, bien sûr, d’écriture. À travers ses reportages, elle souhaite partager des histoires inspirantes et transformantes!