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Illustration: Montage d'après une photo de l'Indepedent Photo Agency, Alamy

Carlo Acutis raconté par sa mère

Texte écrit par Clément Chatanay

La foi des saints est contagieuse. Le surprenant parcours de foi de la mère de Carlo Acutis en est la preuve. Antonia Salzano Acutis témoigne aujourd’hui de sa conversion et œuvre à faire connaitre la vie de son fils. Elle a récemment fait paraitre Pas moi mais Dieu (2025) à partir de notes inédites trouvées sur l’ordinateur personnel du saint adolescent. Le Verbe vous la présente en quelques questions.

Le Verbe: Qu’est-ce qu’être saint au 21e siècle?

Antonia Salzano Acutis: C’est le signe que la sainteté est toujours actuelle. Comme le Christ est toujours le même, la sainteté demeure: c’est un appel pour tous et tout le temps. Mon fils Carlo (1991-2006) a accompli cette mission de sanctification et montré qu’il est possible de devenir saint malgré les nouveaux moyens technologiques et leurs dangers.

Il a démontré qu’il était possible de conjuguer modernité et sainteté. Je pense que l’Esprit saint inspire chaque jeune, chaque personne, qui vit dans un temps particulier. Oui, l’Esprit saint se renouvèle toujours et, avec Carlo, il a indiqué une nouvelle manière de se sanctifier dans la vie ordinaire. Carlo a ouvert les portes de son cœur à Dieu.

Ce n’est pourtant pas si simple, surtout aussi jeune. Comment a-t-il fait?

Carlo avait une grande dévotion pour Jésus, pour la Vierge Marie et pour les saints. Il croyait à tout ce que l’Évangile nous révèle et suivait ce que l’Église nous dit. Il savait aussi que la vie éternelle existe et que les sacrements sont les signes à travers lesquels Dieu nous donne la grâce pour nous sanctifier.

Carlo a fait sa première communion quand il avait 7 ans. Il a ensuite assisté à la messe chaque jour. Il croyait que Jésus est présent dans l’eucharistie; sa présence réelle dans l’hostie est la chose la plus surnaturelle que nous ayons sur Terre!

Carlo s’est toujours adressé à Jésus pour demander son aide, car il savait que, sans lui, on ne peut rien faire. Oui, si vraiment nous avons confiance, Dieu fait de nous des chefs-d’œuvre. Je pense que mon fils a pu faire des pas de géant dans la foi grâce à la régularité et la ferveur de cette vie sacramentelle, à ses prières quotidiennes, au chapelet et à la lecture de la Bible.

«Je cherche à maximiser ma vie pour l’éternité.»

Il lisait régulièrement la Bible à cet âge?

Il avait compris que l’Esprit saint nous parle à travers elle, et que cela nous transfigure. Carlo avait une grande connaissance des Saintes Écritures, car il les lisait chaque jour. Cette vie de prière l’a conduit à l’amour de Dieu, puis à l’amour du prochain. Il s’est aussi très vite montré charitable, comme lorsqu’il a aidé un sans-abri dans la rue en lui portant un sac de couchage, une couverture et un repas. Il a ensuite aidé des personnes âgées et aussi des camarades qui avaient des problèmes de harcèlement scolaire. Tous ses professeurs ont témoigné qu’il prenait sous sa protection les jeunes qui avaient des problèmes. Et ça, chacun de nous peut le faire!

Vous avez retrouvé sur son ordinateur personnel des notes et des textes inédits. Le livre qui les rassemble vient d’être publié. Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce projet?

Carlo avait songé à monter un site internet de catéchèse, ainsi que des blogues et mille autres choses. Il avait commencé à le préparer en passant nombre d’heures dans les bibliothèques à prendre de multiples notes. Il travaillait avec beaucoup d’ardeur. Mais, malheureusement, il est mort.

J’ai pris plus de vingt ans pour poursuivre son travail en mettant un peu d’ordre dans ses notes et ses écrits retrouvés par hasard sur son ordinateur personnel. Finalement, avec l’aide du postulateur de la cause de sa canonisation ainsi que des professeurs Simone Venturini et Giovanni Emidio Palaia, nous avons pu produire ce livre.

Nous ne sommes pas faits pour voir mourir nos enfants, surtout quand ils ont 15 ans. Comment avez-vous fait pour survivre à cette douleur?

J’ai survécu uniquement parce que j’ai la foi. Je sais que c’est un au revoir, pas un adieu. Carlo disait que la mort est le passage à la vraie vie; on ne doit pas en avoir peur. Car si on a peur de la mort, ça veut dire qu’on n’a pas confiance en Dieu, qu’on ne croit pas les promesses de Jésus. Il nous a dit qu’il a préparé une place pour chacun de nous dans le paradis et qu’il nous y attend!

Je vis avec la philosophie de Carlo, comme si chaque jour était le dernier de ma vie. Chaque jour, à son exemple, je cherche à maximiser ma vie pour l’éternité. Je cherche à faire le bien que Dieu me donne la possibilité de faire. Et je pense que ça, c’est la chose la plus importante.

Vous manque-t-il parfois ?

Bien sûr, mais je sais qu’il est proche de moi. Je vais à la messe chaque jour et, à ce moment-là, j’ai l’impression de mettre un pied au paradis, près de lui. Oui, il me manque la possibilité de communiquer avec mon fils, mais je sais qu’il est présent. C’est une façon différente d’avoir un lien avec mon enfant, mais c’est sans nul doute une façon plus profonde qu’avant sa mort.