Illustration: Marie Laliberté/Le verbe

Le film «Sacré-Cœur» arrive au Québec

Après avoir fait polémique lors de sa sortie en France l’automne dernier, le film Sacré-Cœur de Sabrina et Steven Gunnell arrive maintenant au Québec. Il nous plonge dans les origines et l’actualité de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Une proposition surprenante, mais qui arrive peut-être à point.

Cette docufiction met en scène les apparitions de Jésus à une sœur visitandine française, Marguerite-Marie Alacoque. Entre 1673 et 1675, Jésus la visite et lui dévoile son cœur ardent: «Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes». La jeune religieuse demeure ensuite aux prises avec des sensations de douleurs à son propre cœur, qu’elle demande à Jésus de «rendre semblable au sien».

Le film est ponctué de plusieurs témoignages de gens qui ont vécu des expériences marquantes en lien avec le Sacré-Cœur. Divers théologiens et spécialistes interviennent également pour donner leur éclairage.

Ceux qui voudraient y voir un objet de propagande identitaire seront déçus. La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus est présentée comme une expérience de foi intime et personnelle, et non comme un phénomène social constitutif de l’identité française.

Cette idée préconçue vaut au film d’être interdit de projection à Marseille au moment de sa sortie en France. On refuse d’exposer les affiches promotionnelles dans les métros et les gares de tout le pays, sous prétexte de prosélytisme et d’atteinte à la laïcité. Cette réaction a cependant l’effet inverse, et le film devient rapidement un grand succès au boxoffice.

  • Courtoisie de Saje Distribution
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Le Sacré-Cœur et la Nouvelle-France

Difficile de prédire s’il en sera de même au Québec. On peut toutefois penser que le propos du film saura parler aux Québécois, héritiers d’une Amérique francophone où les grands fondateurs sont fortement influencés par cette dévotion. On peut penser aux premiers Jésuites, ou encore à Marie de l’Incarnation.

Les nombreuses représentations à l’intérieur et à l’extérieur des églises témoignent également de cette puissante dévotion. L’époque n’est pas si lointaine où une image du Sacré-Cœur de Jésus trônait dans presque toutes les chaumières. On le retrouve même au centre de l’ancêtre du drapeau du Québec. Et plusieurs propriétaires ont une la surprise de le voir apparaitre dans leurs murs au moment de rénover leur maison!

Qu’on soit fervent dévot ou parfait néophyte, pas de problème. C’est toute une réflexion que le film propose, tant au plan théologique qu’humain, comme un écho à la dernière encyclique du pape François. Le cœur est symbole d’un amour ardent, mais aussi de la douleur du Christ sur la croix. Le mystère de l’eucharistie prend un sens nouveau et le spectateur découvre la dimension intime et personnelle d’une rencontre avec Jésus. La dévotion au Sacré-Cœur demande une foi incarnée, mêlée de sueur et de sang. C’est peut-être ce dont notre monde a besoin.

Stéphanie Grimard
Stéphanie Grimard

Après avoir enseigné la philosophie au collégial durant plusieurs années, Stéphanie est maintenant journaliste chez nous! Toujours à la recherche du mot juste qui témoignera au mieux des expériences et des réalités qu’elle découvre sans cesse.