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Patrick sur les genoux
On ne comprend pas comment un homme peut supporter de voir sa femme avec un autre. On se dit qu’il est idiot, ou bien qu’il est fou. Je l’ai rencontré, cet homme. Je lui ai parlé longuement, et je peux dire qu’il est tout sauf idiot. Patrick, c’est le mari de Caroline parmi les loups. Celle qui, du jour au lendemain, ne l’aimait plus. Celle qui l’a mis à la porte pour se laisser aller, pendant quatre mois, dans les jeux sadiques et dangereux de son amant. Patrick, pendant ce temps-là, il était sur les genoux. Il n’avait rien vu venir.
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Caroline parmi les loups
[Pour voir la version de cet article publié dans le numéro d’hiver 2018 Amour Libre, cliquez ici.] Il n’y a pas qu’à la guerre, au milieu des massacres à la machette, que l’on peut serrer la main du diable. On peut aussi le faire au bout d’un clavier, quand on veut soudainement changer de vie. Caroline le dit: il était un vrai démon, ce gars-là, et c’est encore le démon – celui du midi, cette fois – qui l’a poussée dans son lit. Mariée depuis deux ans avec Patrick (lire la version de Patrick sur les genoux), elle n’en pouvait plus de
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Des poèmes et des perles: À la rencontre de Roselyne Chevrette
Un texte de Valérie Roberge-Dion [Portrait publié dans la revue d’automne 2016, Vulnérabilité] Roselyne ouvre une petite boite intrigante. Franchement émue, elle y découvre un bracelet précieux, orné d’une ballerine en argent. Une carte accompagne le cadeau, un florilège de mots remplis d’amour. La scène se déroule dans un lieu inusité: au gym! Toute l’équipe du centre de mise en forme Profil, à Québec, a offert un présent à leur membre la plus spéciale. Spéciale parce que trisomique. Spéciale parce que rayonnante. Roselyne Chevrette est épanouie, attentionnée, généreuse. Sa présence, tout en simplicité, a un impact lumineux dans les milieux qu’elle
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Lionel Groulx: sur les épaules d’un géant
Que reste-t-il aujourd’hui de Lionel Groulx, ce géant de notre histoire collective, dans la mémoire des Québécois ? Le nom d’une station de métro et d’un cégep de la banlieue nord de Montréal. Si ce n’est que cela, « nous sommes devenus étrangers à ce qui nous a engendrés », comme me le disait un confrère. René Lévesque l’avait désigné comme l’« un des principaux semeurs de la moisson qui lève aujourd’hui au Québec », Claude Ryan comme « le père spirituel du Québec moderne », Le Devoir, au moment de son décès, l’appelait le « Tacite ou Goethe du Canada français », la revue L’Action nationale, le « père du
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Zoé perdue et retrouvée
Illustrations de Chloé Germain-Thérien Texte de Rose Dufour et de Zoé [Ce bédéreportage a été publié dans le magazine d’hiver 2018] «Est-ce possible de croire que cette réalité existe? Qu’elle existe vraiment? En relisant cette bédé, je me souviens, mon corps se rappelle, mon cœur réagit. Tant d’errance, tant de souffrance à chercher, à vouloir oublier, à me détester. «Je ne savais pas qui j’étais avant même d’avoir commencé à me prostituer. Cachée dans l’ombre, c’est à genoux que je l’ai gagnée, ma dope. Tous les trous miteux que j’ai fréquentés, la cellule que j’ai habitée, toutes ces mains qui m’ont tripotée, qui m’ont souillée…
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McLuhan: l’homme qui avait un message pour l’avenir
Ça fait assez longtemps que je connais Marshall McLuhan sans le connaitre. Vous savez, cet auteur qui attend patiemment, dans notre bibliothèque, que nous lisions enfin ce livre acheté il y a quelques années déjà? Celui que l’on dit avoir lu, dans une discussion entre amis, mais en fait, c’est faux; on ne peut citer que quelques clichés glanés sur la Toile. McLuhan est de ceux-là, et pour plusieurs. Je ne suis pas le seul. Nous pouvons citer: «le média est le message», «le village global», ou «l’informatique est notre nouveau système nerveux central», et nous passons pour un lecteur
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François
«Ça, c’est son cœur, et il n’y a aucune activité. Je suis désolée.» C’est une des phrases qui tournent sans cesse dans ma tête depuis quelques mois déjà. C’est surtout la dernière que nous pensions entendre ce soir-là. En fait, au moment où la technicienne en échographie a prononcé ces quelques mots si lourds et définitifs, elle ne faisait que confirmer ce que personne encore n’avait été capable de nous dire depuis que nous étions arrivés à l’hôpital. Mais nous espérions encore. Nous espérons toujours, d’ailleurs. C’est que, à peine cinq jours plus tôt, ce même petit cœur, j’en avais
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Sortir du trou, être un bon screw
Version numérique du texte publié dans le numéro d’été 2017 du magazine Le Verbe d’été 2017. En prison, c’est la loi de la jungle. Regard sur l’univers hermétique des milieux carcéraux à travers les yeux de deux screws dont la foi a tout changé dans leur façon d’y travailler. Ce n’est pas tous les jours qu’un screw s’ouvre à vous. Pardon! Un «agent des services correctionnels», mieux connu sous le nom de «gardien de prison». Marilyn et François* l’ont fait. Nous avons parlé quelques heures. Nous aurions pu étaler ça sur des jours. Chacun pourrait écrire un livre à sensation, ou
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Le verre à moitié plein des Girard
L’histoire de Jacques et Yvonne n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler une «belle histoire». Dans leur récit s’entremêlent les effluves de fond de tonne et d’encens. Les deux septuagénaires célèbreront cette année 57 ans de mariage, et pourtant, peu de choses les prédisposaient à être ensemble. Jacques et Yvonne se sont rencontrés lors d’une veillée funèbre: présage d’une vie de couple singulière. À quelques pas du défunt commençait une histoire dans laquelle allaient se côtoyer la vie et la mort. En entrant dans leur silencieuse demeure, on ne peut échapper aux nombreux portraits accrochés sur les murs: quatre enfants (dont
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Les vieux pieux
Marie Rose vient d’avoir 93 ans. Jean-Claude s’achemine vers 87 ans. Ils ont 60 ans de mariage, 7 enfants et 27 petits-enfants. Quand ils se retrouvent tous au jour de l’An, au chalet familial, on ajoute les belles-mères, les cousins et les amis, ça fait beaucoup. «On s’est mariés le 24 juin 1957 à la Saint-Jean-Baptiste!» clame Jean-Claude, l’œil d’un bleu brillant, un brin nationaliste. «C’est très symbolique. À cette époque, la Saint-Jean-Baptiste n’était pas une fête nationale; c’était la fête du patron des Canadiens français!» Marie Rose, plus pragmatique peut-être, réplique avec douceur, comme dans un murmure: «C’est surtout parce qu’on savait que tout le
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Shauit, premier reggaeman innu
Shauit, c’est le premier et l’unique reggaeman innu au monde. Il chante en innu-aimun, la langue de ses ancêtres, et aussi en français, en anglais et même en créole, sur les scènes autochtones, québécoises et européennes. Par une prose libre et convaincue, Shauit dépasse les métissages. Il exprime avec une sincérité désarmante l’amour de son peuple, de l’environnement et, enfin, de Dieu. Pour qu’au son du rythme sa quête rejoigne celle de tous ceux qui cherchent aussi leurs racines. Je rencontre Shauit non pas dans une réserve amérindienne, mais en plein cœur du centre-ville de Montréal. Une terrasse, du bruit,
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Premières Nations : le dialogue fait chair
À l’heure où le Canada s’apprête à célébrer son 150e anniversaire de fondation, les Premières Nations de ce vaste pays luttent encore pour leur survie. Victimes d’une politique d’assimilation qui perdure encore aujourd’hui, ses représentants cherchent les racines profondes de leur identité longtemps mise à mal par le gouvernement et par des Églises chrétiennes. Dans ce contexte, des témoins se lèvent pour affirmer que le chemin de la réconciliation et du pardon est possible. Sœur Marie-Laure Simon est l’un d’eux. Sœur Marie-Laure Simon, c.n.d., 88 ans, m’accueille dans un local du Centre d’amitié autochtone de Montréal. Elle s’installe sur une chaise et
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Une vraie libération sexuelle
Une femme cocaïnomane, alcoolique, nymphomane, bisexuelle et anticléricale devient une épouse et une mère de famille catholique épanouie. Brigitte Bédard est une Québécoise qui a eu soif, c’est le moins qu’on puisse dire. Soif de vivre ou de mourir, ça dépend du point de vue qu’on adopte. Alternant entre les lignes de coke, les verres de trop et les partenaires d’un soir, Brigitte a porté en titubant l’étendard de la libération sexuelle et de la haine de l’Église pendant plus d’une dizaine d’années. Brigitte cherchait l’amour de sa vie, sans encore se l’admettre. Après quelques échecs amoureux, elle a, comme
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Après l’effondrement du monde
Un texte de Sophie Brouillet J’ai lu avec joie l’exhortation apostolique du pape François sur l’amour dans la famille, aboutissement d’un synode étalé sur deux ans et qui aura entrainé son lot de trouble et de doutes de part et d’autre chez les fidèles. Le synode sur la famille a beaucoup fait espérer ou appréhender, selon les cas, une ouverture de l’accès à la communion pour les personnes divorcées et remariées. Peut-être était-il trop étroitement identifié à cette question dans l’opinion publique? D’où quelques moments de tension à mesure que les médias semblaient faire écho à des avancées ou à
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Même en accouchant…
Lors de sa première visite à notre domicile, ma sagefemme me demande : « Ariane, la croix que tu portes au cou, c’est pourquoi? » Mon mari et moi nous échangeons un regard : « Ben… on est catholiques » dis-je en pointant le crucifix accroché au mur dans notre cuisine. Notre sagefemme, qui est chrétienne orthodoxe, nous avoue que ce n’est pas fréquent. « C’est un honneur pour moi d’accompagner une femme catholique, nous avons tellement en commun ! » Et c’est ainsi que notre suivi sagefemme a pris un tournant inattendu. Les conseils d’une femme sage Plus tard lors de cette rencontre, elle aborde la question de
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La sismologie des souvenirs
Port-au-Prince, 12 janvier 2010 : 230 000 morts, 300 000 blessés, 211 rescapés, dont un haut fonctionnaire québécois d’origine provençale. * Quels souvenirs accompagnent le corps qui sort presque indemne des décombres ? Combien de répliques sismiques occupent l’esprit de celui qui a tutoyé la mort pendant 17 heures de captivité sous les ruines ? Retour sur les mémoires du séisme qui a secoué Haïti. Retour, surtout, sur les rappels quotidiens d’un événement qui a ébranlé toute une vie. Il s’appelle Nicolas Mazellier. * Depuis bientôt cinq ans, Nicolas Mazellier se pose la question : « Pourquoi ? » La mémoire faisant son travail, les répliques sismiques sont fréquentes et lui rappellent tous
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Parcours d’une jeune réfugiée
Un texte de Jean Fortin En 2012, Wafa Younan, 13 ans, vit dans une belle maison en Syrie avec sa mère Nadja, directrice d’école, et son père Bahnan, commerçant et diplômé universitaire en gestion. La famille Younan est bien enracinée dans la terre de ses ancêtres syriens et un avenir prometteur s’offre à Wafa qui collectionne les médailles grâce à ses performances académiques. Consciente de la présence des islamistes dans la région voisine, la famille syrienne accueille des amis et leur offre hospitalité et sécurité. Quelques jours plus tard, c’était leur tour de fuir. Les idéologies meurtrières n’ont pas de
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Le Noël québécois des Younan
Un texte de Jean Fortin Wafa* est arrivée dans mon groupe d’élèves de 5e secondaire en mars dernier, au retour de la relâche. Drôle de moment pour intégrer un groupe. Le train est déjà sur les rails et fonce à toute allure vers l’épreuve uniforme de français. Par-dessus tout, ce qui est encore plus inopportun c’est que « la nouvelle » ne parle pas notre langue. Elle vient de la Syrie et, en outre, elle ne fait pas partie d’un échange-étudiant : elle est réfugiée. Comme tout le monde, je sais que la guerre existe et je suis sensible à ce qui se
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Lydie, un ange chez les bisomiques
Les Gagnon ont 16 enfants. Lydie est la petite dernière. Elle a dix ans. Avec ses yeux bridés, son rire contagieux et son visage tout rond, on la reconnait: c’est la trisomique. Pour vous couper l’herbe sous le pied, elle se présente, tout sourire: «Bonjour, je m’appelle Lydie et je suis trisomique.» Nécessairement, on passe à une autre question. Pour un chromosome de plus Pour Monique et Alain, avoir 15 enfants n’allait pas de soi, mais en recevoir un 16e qui, selon les dires, est un malheur garanti, ça leur faisait porter un joug pas léger du tout. «Après l’échographie, on avait
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Le petit prophète du Centre-Sud
En 1997, tel un pèlerin qui prend la route sans trop savoir vers où Dieu le guide, Daniel Paradis est venu vers la grande ville, vers Montréal, lieu riche en possibilités de toutes sortes. Comme seul bagage, un appel: l’appel prophétique à travailler auprès des exclus du rêve américain « made in Quebec ». Près de vingt ans plus tard, Daniel se retrouve à la tête de Présence Compassion, une organisation catholique qui intervient auprès des gens de la rue du secteur Centre-Sud. Nous sommes jeudi. Il fait beau. La température est douce. Le soleil est au rendez-vous et répand sa chaleur
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Syrie-Québec : l’itinéraire de la famille Issa
« C’est pour mes enfants que je suis venu ici », affirme Youssef, 33 ans, père de la famille Issa. Ils habitaient Lattaquié, sur la côte ouest de la Syrie. Leur ville n’a pas été aussi attaquée que la capitale, Damas, ou qu’Alep, le haut lieu du gouvernement, mais il n’empêche que les explosions ponctuelles laissaient entrevoir un avenir incertain pour leurs enfants, Vanessa, cinq ans et demi, et Michel, quatre ans. Ils ont donc fui vers le Liban en 2014. Une fois là-bas, difficile de recommencer: pas de possibilité d’emploi, cout élevé de la vie. Un prêtre qu’ils connaissent contacte alors le
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Actrice et croyante
Un témoignage de Valérie Carrier «Qu’est-ce qui a bien pu mener une Jesus freak comme toi à choisir le cinéma?» m’a demandé dernièrement un ami que je n’avais pas vu depuis longtemps, intrigué. Il y a près d’un an, j’ai décidé de m’inscrire à la formation d’actrice de l’École de Cinéma et Télévision de Québec (ECTQ), un cours intensif de cinq mois. J’ai hésité parce que je craignais que cette démarche soit égoïste, visant à satisfaire un rêve de longue date, alors que je pourrais être plus utile ailleurs… Mais après discernement, il m’apparaissait que j’avais bien ma place dans ce
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La prison à perpétuité
C’est quoi une peine à vie? Qu’est-ce que ça représente vraiment? Le Verbe a rencontré l’intervenant psychosocial en milieu carcéral et ex-détenu Daniel Benson, qui nous explique à quoi ressemble sa vie depuis qu’il a tué son beau-père, un jour de juin 1982. « Moi, les premiers mois de liberté, quand je rentrais dans mon appartement à 16h, je me sentais mal. Parce qu’à 16h, c’est l’heure du compte. Y’a personne qui me comptait! T’sais, en prison, si le lavabo coule, t’appelles le gardien, pis y’a un plombier qui va venir le réparer… » C’est par ces mots que Daniel Benson raconte
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Un duché bien gardé
Valérie nous donne rendez-vous devant son appartement, en plein cœur de son duché – Saint-Sauveur. Elle participe cet hiver à la Revengeance des Duchesses, l’évènement créé il y a 7 ans, alors que le Carnaval avait rangé les duchesses dans le sous-sol de la mairie (avant de les ressortir quelques années plus tard). Depuis 7 ans, en marge du Carnaval de Québec, se tient chaque année la « Revengeance ». L’évènement se veut une alternative davantage susceptible de réunir les gens et de tisser des liens dans et entre les communautés de la ville que le Carnaval « officiel ». Le duché Ici, dans Saint-Sauveur
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