Magazine
Page précédente
  • blogue-enfant-voiture-jeu

    Sept fois mieux qu’une Porsche

    Pour souligner les cinquante ans de la controversée encyclique Humanae Vitae sur le mariage et la régulation des naissances, publiée en 1968 par le Pape Paul VI, Le Verbe a rencontré Paul-André et Marie, un couple qui a toujours cherché à vivre cette fécondité «au naturel» telle qu’enseignée par l’Église catholique. Si, lorsqu’elle étudiait la médecine, vous aviez dit à Marie qu’elle serait un jour mère au foyer de sept enfants, elle vous ne vous aurait certainement pas cru. De même son mari, qui pensait épouser une future médecin, se voyait davantage au volant d’une Porsche que d’une mini-fourgonnette. Il

  • magazine-franck-dupere-armeemagazine-franck-dupere-armee

    L’homme qui a vu la mort

    Quand on écoute le caporal Franck Dupéré raconter son histoire, on se sent tout à coup bien apathique et enfoncé dans la ouate d’une petite vie monotone. Son témoignage a de quoi désarçonner nos peurs, nos lâchetés et nos découragements, et pour cause. Survivre à un kamikaze taliban qui s’explose à deux mètres de soi, on s’en doute, fait éclater des pans de vie en mille morceaux et exige une bonne dose de courage pour se relever. Jusque-là, tout allait bien. Franck, arrivé à ses 16 ans, rêve d’aventure, comme tout jeune de son âge. L’armée devient le lieu tout désigné

  • Visibility patrolVisibility patrol

    Des éclats d’obus dans l’âme

    un texte de Martin Forgues [Cliquez ici pour voir la version papier de cet article publié dans le magazine du printemps 2018, Guerre] La guerre est la plus grande faillite morale de l’Humanité, n’en déplaise aux faucons et aux fanatiques qui ont l’arrogance d’invoquer la volonté divine pour lancer leurs sanglantes conquêtes. On peut souvent entendre ces faux prophètes pervertir Matthieu 10,34 afin de justifier cette soif de sang et de pouvoir, donnant à ce passage l’allure d’un appel aux armes de la part d’un Christ qui, plus tard, demande pourtant aux hommes de s’aimer les uns les autres. Comment le soldat peut-il garder

  • rwandarwanda

    Le scandale du Rwanda

    Yvon Pomerleau, frère dominicain, a passé plus de vingt ans au Rwanda, où il a pu vivre l’évolution de l’Église et de la société. À son arrivée au «pays des mille collines», en 1968, il portait une vision de l’Afrique héritée, entre autres, des bandes dessinées (Tintin au Congo) de son enfance. L’observation de la nature et des oiseaux – ses loisirs préférés – lui révélaient l’image d’un Dieu bon et tout-puissant. Au moment où il a été placé devant la violence des conflits armés et des déplacements de population, Dieu est davantage devenu une question. [Pour voir la version

  • Photo: Caroline et Patrick (©Samian Photographie / Le Verbe)Photo: Caroline et Patrick (©Samian Photographie / Le Verbe)

    Patrick sur les genoux

    On ne comprend pas comment un homme peut supporter de voir sa femme avec un autre. On se dit qu’il est idiot, ou bien qu’il est fou. Je l’ai rencontré, cet homme. Je lui ai parlé longuement, et je peux dire qu’il est tout sauf idiot. Patrick, c’est le mari de Caroline parmi les loups. Celle qui, du jour au lendemain, ne l’aimait plus. Celle qui l’a mis à la porte pour se laisser aller, pendant quatre mois, dans les jeux sadiques et dangereux de son amant. Patrick, pendant ce temps-là, il était sur les genoux. Il n’avait rien vu venir.

  • Photo: Caroline (©Samian Photographie / Le Verbe)Photo: Caroline (©Samian Photographie / Le Verbe)

    Caroline parmi les loups

    [Pour voir la version de cet article publié dans le numéro d’hiver 2018 Amour Libre, cliquez ici.] Il n’y a pas qu’à la guerre, au milieu des massacres à la machette, que l’on peut serrer la main du diable. On peut aussi le faire au bout d’un clavier, quand on veut soudainement changer de vie. Caroline le dit: il était un vrai démon, ce gars-là, et c’est encore le démon – celui du midi, cette fois – qui l’a poussée dans son lit. Mariée depuis deux ans avec Patrick (lire la version de Patrick sur les genoux), elle n’en pouvait plus de

  • Roselyne Chevrette1Roselyne Chevrette1

    Des poèmes et des perles: À la rencontre de Roselyne Chevrette

    Un texte de Valérie Roberge-Dion [Portrait publié dans la revue d’automne 2016, Vulnérabilité] Roselyne ouvre une petite boite intrigante. Franchement émue, elle y découvre un bracelet précieux, orné d’une ballerine en argent. Une carte accompagne le cadeau, un florilège de mots remplis d’amour. La scène se déroule dans un lieu inusité: au gym! Toute l’équipe du centre de mise en forme Profil, à Québec, a offert un présent à leur membre la plus spéciale. Spéciale parce que trisomique. Spéciale parce que rayonnante. Roselyne Chevrette est épanouie, attentionnée, généreuse. Sa présence, tout en simplicité, a un impact lumineux dans les milieux qu’elle

  • Lionel GroulxLionel Groulx

    Lionel Groulx: sur les épaules d’un géant

    Que reste-t-il aujourd’hui de Lionel Groulx, ce géant de notre histoire collective, dans la mémoire des Québécois ? Le nom d’une station de métro et d’un cégep de la banlieue nord de Montréal. Si ce n’est que cela, « nous sommes devenus étrangers à ce qui nous a engendrés », comme me le disait un confrère. René Lévesque l’avait désigné comme l’« un des principaux semeurs de la moisson qui lève aujourd’hui au Québec », Claude Ryan comme « le père spirituel du Québec moderne », Le Devoir, au moment de son décès, l’appelait le « Tacite ou Goethe du Canada français », la revue L’Action nationale, le « père du

  • Zoé perdue et retrouvée

    Illustrations de Chloé Germain-Thérien Texte de Rose Dufour et de Zoé [Ce bédéreportage a été publié dans le magazine d’hiver 2018] «Est-ce possible de croire que cette réalité existe? Qu’elle existe vraiment? En relisant cette bédé, je me souviens, mon corps se rappelle, mon cœur réagit. Tant d’errance, tant de souffrance à chercher, à vouloir oublier, à me détester. «Je ne savais pas qui j’étais avant même d’avoir commencé à me prostituer. Cachée dans l’ombre, c’est à genoux que je l’ai gagnée, ma dope. Tous les trous miteux que j’ai fréquentés, la cellule que j’ai habitée, toutes ces mains qui m’ont tripotée, qui m’ont souillée…

  • Illustration: Marie-Hélène BochudIllustration: Marie-Hélène Bochud

    McLuhan: l’homme qui avait un message pour l’avenir

    Ça fait assez longtemps que je connais Marshall McLuhan sans le connaitre. Vous savez, cet auteur qui attend patiemment, dans notre bibliothèque, que nous lisions enfin ce livre acheté il y a quelques années déjà? Celui que l’on dit avoir lu, dans une discussion entre amis, mais en fait, c’est faux; on ne peut citer que quelques clichés glanés sur la Toile. McLuhan est de ceux-là, et pour plusieurs. Je ne suis pas le seul. Nous pouvons citer: «le média est le message», «le village global», ou «l’informatique est notre nouveau système nerveux central», et nous passons pour un lecteur

  • Illustration: Gabriel BissonIllustration: Gabriel Bisson

    François

    «Ça, c’est son cœur, et il n’y a aucune activité. Je suis désolée.» C’est une des phrases qui tournent sans cesse dans ma tête depuis quelques mois déjà. C’est surtout la dernière que nous pensions entendre ce soir-là. En fait, au moment où la technicienne en échographie a prononcé ces quelques mots si lourds et définitifs, elle ne faisait que confirmer ce que personne encore n’avait été capable de nous dire depuis que nous étions arrivés à l’hôpital. Mais nous espérions encore. Nous espérons toujours, d’ailleurs. C’est que, à peine cinq jours plus tôt, ce même petit cœur, j’en avais

  • Illustration: Félix Antoine Leroux / #ArtHorgIllustration: Félix Antoine Leroux / #ArtHorg

    Sortir du trou, être un bon screw

    Version numérique du texte publié dans le numéro d’été 2017 du magazine Le Verbe d’été 2017. En prison, c’est la loi de la jungle. Regard sur l’univers hermétique des milieux carcéraux à travers les yeux de deux screws dont la foi a tout changé dans leur façon d’y travailler. Ce n’est pas tous les jours qu’un screw s’ouvre à vous. Pardon! Un «agent des services correctionnels», mieux connu sous le nom de «gardien de prison». Marilyn et François* l’ont fait. Nous avons parlé quelques heures. Nous aurions pu étaler ça sur des jours. Chacun pourrait écrire un livre à sensation, ou

  • Photo: Elias DjemilPhoto: Elias Djemil

    Le verre à moitié plein des Girard

    L’histoire de Jacques et Yvonne n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler une «belle histoire». Dans leur récit s’entremêlent les effluves de fond de tonne et d’encens. Les deux septuagénaires célèbreront cette année 57 ans de mariage, et pourtant, peu de choses les prédisposaient à être ensemble. Jacques et Yvonne se sont rencontrés lors d’une veillée funèbre: présage d’une vie de couple singulière. À quelques pas du défunt commençait une histoire dans laquelle allaient se côtoyer la vie et la mort. En entrant dans leur silencieuse demeure, on ne peut échapper aux nombreux portraits accrochés sur les murs: quatre enfants (dont

  • Photo: SamianPhoto: Samian

    Les vieux pieux

    Marie Rose vient d’avoir 93 ans. Jean-Claude s’achemine vers 87 ans. Ils ont 60 ans de mariage, 7 enfants et 27 petits-enfants. Quand ils se retrouvent tous au jour de l’An, au chalet familial, on ajoute les belles-mères, les cousins et les amis, ça fait beaucoup. «On s’est mariés le 24 juin 1957 à la Saint-Jean-Baptiste!» clame Jean-Claude, l’œil d’un bleu brillant, un brin nationaliste. «C’est très symbolique. À cette époque, la Saint-Jean-Baptiste n’était pas une fête nationale; c’était la fête du patron des Canadiens français!» Marie Rose, plus pragmatique peut-être, réplique avec douceur, comme dans un murmure: «C’est surtout parce qu’on savait que tout le

  • Shauit, premier reggaeman innu

    Shauit, c’est le premier et l’unique reggaeman innu au monde. Il chante en innu-aimun, la langue de ses ancêtres, et aussi en français, en anglais et même en créole, sur les scènes autochtones, québécoises et européennes. Par une prose libre et convaincue, Shauit dépasse les métissages. Il exprime avec une sincérité désarmante l’amour de son peuple, de l’environnement et, enfin, de Dieu. Pour qu’au son du rythme sa quête rejoigne celle de tous ceux qui cherchent aussi leurs racines. Je rencontre Shauit non pas dans une réserve amérindienne, mais en plein cœur du centre-ville de Montréal. Une terrasse, du bruit,

  • Premières Nations : le dialogue fait chair

    À l’heure où le Canada s’apprête à célébrer son 150e anniversaire de fondation, les Premières Nations de ce vaste pays luttent encore pour leur survie. Victimes d’une politique d’assimilation qui perdure encore aujourd’hui, ses représentants cherchent les racines profondes de leur identité longtemps mise à mal par le gouvernement et par des Églises chrétiennes. Dans ce contexte, des témoins se lèvent pour affirmer que le chemin de la réconciliation et du pardon est possible. Sœur Marie-Laure Simon est l’un d’eux. Sœur Marie-Laure Simon, c.n.d., 88 ans, m’accueille dans un local du Centre d’amitié autochtone de Montréal. Elle s’installe sur une chaise et

  • Brigitte Bédard (crédit photo: Samian)Brigitte Bédard (crédit photo: Samian)

    Une vraie libération sexuelle

    Une femme cocaïnomane, alcoolique, nymphomane, bisexuelle et anticléricale devient une épouse et une mère de famille catholique épanouie. Brigitte Bédard est une Québécoise qui a eu soif, c’est le moins qu’on puisse dire. Soif de vivre ou de mourir, ça dépend du point de vue qu’on adopte. Alternant entre les lignes de coke, les verres de trop et les partenaires d’un soir, Brigitte a porté en titubant l’étendard de la libération sexuelle et de la haine de l’Église pendant plus d’une dizaine d’années. Brigitte cherchait l’amour de sa vie, sans encore se l’admettre. Après quelques échecs amoureux, elle a, comme

  • Photo: FotoliaPhoto: Fotolia

    Après l’effondrement du monde

    Un texte de Sophie Brouillet J’ai lu avec joie l’exhortation apostolique du pape François sur l’amour dans la famille, aboutissement d’un synode étalé sur deux ans et qui aura entrainé son lot de trouble et de doutes de part et d’autre chez les fidèles. Le synode sur la famille a beaucoup fait espérer ou appréhender, selon les cas, une ouverture de l’accès à la communion pour les personnes divorcées et remariées. Peut-être était-il trop étroitement identifié à cette question dans l’opinion publique? D’où quelques moments de tension à mesure que les médias semblaient faire écho à des avancées ou à

  • Photo: FotoliaPhoto: Fotolia

    Même en accouchant…

    Lors de sa première visite à notre domicile, ma sagefemme me demande : « Ariane, la croix que tu portes au cou, c’est pourquoi? » Mon mari et moi nous échangeons un regard : « Ben… on est catholiques » dis-je en pointant le crucifix accroché au mur dans notre cuisine. Notre sagefemme, qui est chrétienne orthodoxe, nous avoue que ce n’est pas fréquent. « C’est un honneur pour moi d’accompagner une femme catholique, nous avons tellement en commun ! » Et c’est ainsi que notre suivi sagefemme a pris un tournant inattendu. Les conseils d’une femme sage Plus tard lors de cette rencontre, elle aborde la question de

  • Illustration: Gabriel BissonIllustration: Gabriel Bisson

    La sismologie des souvenirs

    Port-au-Prince, 12 janvier 2010 : 230 000 morts, 300 000 blessés, 211 rescapés, dont un haut ­fonctionnaire québécois d’origine provençale. * Quels souvenirs accompagnent le corps qui sort presque indemne des décombres ? Combien de répliques ­sismiques occupent l’esprit de celui qui a tutoyé la mort pendant 17 heures de captivité sous les ruines ? Retour sur les mémoires du séisme qui a secoué Haïti. Retour, surtout, sur les rappels quotidiens d’un ­événement qui a ébranlé toute une vie. Il s’appelle Nicolas Mazellier. * Depuis bientôt cinq ans, Nicolas Mazellier se pose la question : « Pourquoi ? » La mémoire faisant son travail, les répliques sismiques sont fréquentes et lui rappellent tous

  • Wafa Younan, sur le dos de sa mère Nadja. (Photo: courtoisie de la famille Younan)Wafa Younan, sur le dos de sa mère Nadja. (Photo: courtoisie de la famille Younan)

    Parcours d’une jeune réfugiée 

    Un texte de Jean Fortin En 2012, Wafa Younan, 13 ans, vit dans une belle maison en Syrie avec sa mère Nadja, directrice d’école, et son père Bahnan, commerçant et diplômé universitaire en gestion.  La famille Younan est bien enracinée dans la terre de ses ancêtres syriens et un avenir prometteur s’offre à Wafa qui collectionne les médailles grâce à ses performances académiques. Consciente de la présence des islamistes dans la région voisine, la famille syrienne accueille des amis et leur offre hospitalité et sécurité. Quelques jours plus tard, c’était leur tour de fuir. Les idéologies meurtrières n’ont pas de

  • Ville de Damas (Syrie). Photo: Fotolia.Ville de Damas (Syrie). Photo: Fotolia.

    Le Noël québécois des Younan

    Un texte de Jean Fortin Wafa* est arrivée dans mon groupe d’élèves de 5e secondaire en mars dernier, au retour de la relâche. Drôle de moment pour intégrer un groupe. Le train est déjà sur les rails et fonce à toute allure vers l’épreuve uniforme de français. Par-dessus tout, ce qui est encore plus inopportun c’est que « la nouvelle » ne parle pas notre langue. Elle vient de la Syrie et, en outre, elle ne fait pas partie d’un échange-étudiant : elle est réfugiée. Comme tout le monde, je sais que la guerre existe et je suis sensible à ce qui se

  • Photo: Lydie Gagnon (© Renaud Philippe)Photo: Lydie Gagnon (© Renaud Philippe)

    Lydie, un ange chez les bisomiques

    Les Gagnon ont 16 enfants. Lydie est la petite dernière. Elle a dix ans. Avec ses yeux bridés, son rire contagieux et son visage tout rond, on la reconnait: c’est la trisomique. Pour vous couper l’herbe sous le pied, elle se présente, tout sourire: «Bonjour, je m’appelle Lydie et je suis trisomique.» Nécessairement, on passe à une autre question. Pour un chromosome de plus Pour Monique et Alain, avoir 15 enfants n’allait pas de soi, mais en recevoir un 16e qui, selon les dires, est un malheur garanti, ça leur faisait porter un joug pas léger du tout. «Après l’échographie, on avait

  • Petit prophète du Centre-SudPetit prophète du Centre-Sud

    Le petit prophète du Centre-Sud

    En 1997, tel un pèlerin qui prend la route sans trop savoir vers où Dieu le guide, Daniel Paradis est venu vers la grande ville, vers Montréal, lieu riche en possibilités de toutes sortes. Comme seul bagage, un appel: l’appel prophétique à travailler auprès des exclus du rêve américain « made in Quebec ». Près de vingt ans plus tard, Daniel se retrouve à la tête de Présence Compassion, une organisation catholique qui intervient auprès des gens de la rue du secteur Centre-Sud. Nous sommes jeudi. Il fait beau. La température est douce. Le soleil est au rendez-vous et répand sa chaleur

Page suivante

Abonnez-vous gratuitement

6 numéros + 2 numéros spéciaux par année

Je veux m'abonner