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Le tsunami et le verre d’eau
Andréane Fleury est infirmière clinicienne. Après avoir hésité, elle a décidé d’aller aider ses collègues dans un CHSLD. Elle raconte ici le travail, les défis et les aberrations qu’elle voit au quotidien. Andréane Fleury est infirmière clinicienne depuis plus de dix ans. C’est ce qu’elle a toujours voulu faire de sa vie. Adolescente, elle se voyait envoyée en zone de guerre pour soigner ceux qui en ont le plus besoin. Après avoir mis de côté ce projet pour prioriser sa famille, elle a travaillé à l’urgence, en soins palliatifs et en pédiatrie. Entre la vie et la mort. Depuis un
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Rencontre au front avec Elisabeth Lefort et Pierre-Luc Labrecque
Après des jours à tout changer dans l’école, Elisabeth était enfin prête, et sa classe de maternelle aussi. Le lendemain midi, le gouvernement annonçait que la rentrée était reportée à septembre. « J’ai accueilli la nouvelle avec un grand soulagement même si j’avais l’impression qu’on avait fait tout ça pour rien ! » S’inquiéter pour les autres Elisabeth était inquiète plus pour son prochain que pour elle-même. « Je ne suis pas à risque. Je suis jeune et je suis toujours entourée d’enfants enrhumés, avec des débuts de grippes ou de gastro, des bronchites ou des streptocoques ! À la fin d’une journée, mes vêtements
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Rencontre au front avec Antoine Poulin
Antoine attend le résultat de son test de dépistage de la COVID. S’il est positif, la Santé publique considère que toute sa famille l’est, ce qui veut dire sa femme et leurs trois jeunes enfants. La semaine dernière, pour faire face aux grands besoins de l’hôpital où il travaille comme intervenant en soins spirituels depuis 11 ans, on lui a demandé s’il acceptait d’être délesté comme « Aide à la mobilité » en physiothérapie, dans la COVID. « Sur le coup, je ne voulais pas. Je voulais continuer à voir mes patients. Ma femme et moi, on a prié. Qu’est-ce que le Seigneur voulait, lui ? » Le
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Rencontre au front avec Sarah Michel
Quand Sarah, 16 ans, a obtenu son poste au comptoir du prêt-à-manger d’un supermarché bien connu, elle ne s’attendait pas à vivre tout ce branlebas de combat. « Au départ, je devais faire des heures précises, mais disons qu’avec les mesures sanitaires à respecter, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Chaque jour, on m’assignait à un endroit différent, selon les urgences. » « Mes patrons éteignaient des feux. Nous, les employés, tous assez jeunes, on devait faire vite. Un jour, j’étais au prêt-à-manger, le lendemain j’étais garde de sécurité à l’entrée. Un matin, on est venu me chercher à mon
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Rencontre au front avec André, postier
André est fidèle au poste depuis 30 ans. Il est « chef d’équipe », mais autrefois, on appelait ça « maitre de poste ». Derrière son comptoir, c’est habituellement un homme enjoué et engageant qui nous accueille, mais avec la pandémie, pour la première fois de sa vie, c’était la peur qui le dominait. « Les médias ne parlaient que d’infirmières, de préposés ou autres services de santé, mais moi, postier, j’étais aussi un service essentiel, j’étais aussi en première ligne ! « À part mettre les enveloppes et les colis dans les casiers, le gros de mon travail, c’est le service à la clientèle. Il y
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Rencontre au front avec Marie Lyne Boucher
Marie Lyne ne pouvait pas se douter qu’en devenant technicienne d’intervention en loisir dans un CHSLD, elle pourrait communier, elle, chaque jour, au Corps du Christ, alors que le reste du monde en serait privé. « Le Corps du Christ ? Je le mange ici : cet amour universel bien concret, palpable. Je découvre la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Dieu. » (Ep 3, 19) Le loisir dans un milieu de vie (le CHSLD), « c’est le sel qu’on met sur le steak ! dit Marie Lyne. Ma job, c’est de faire vivre et d’animer le milieu de vie autant par ma
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Faire son ménage du tout le temps
Entre ma fin de session et la fin de la COVID-19, le ménage du printemps est venu faire son tour par chez moi. Il faut bien tuer le temps, où le laisser revivre… Donc, j’ai fait le ménage. Après, je suis passée par le lavage. Puis encore le ménage. Mon appartement est devenu la terre des quêtes qui habitent mon cœur, confinement ou pas. La salle de bain au grand complet, la vaisselle, le salon, l’intérieur de mes 3000 paires de souliers (je ne savais pas que j’en avais autant ! Pourquoi ne pas faire un petit don à la Saint-Vincent-de-Paul ?),
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Rencontre au front avec Isabelle Bouchard
Jusqu’au Vendredi saint, Isabelle faisait sa job d’infirmière auxiliaire au CHU de Québec comme toutes les autres. Elle avait pourtant réussi à s’adapter aux mille changements ; chaque matin, un nouveau département, de nouvelles personnes, d’autres pratiques. Ambiance lourde infinie. « Au début de la crise, j’étais en colère. Je trouvais injuste d’être obligée de travailler, alors que d’autres étaient payés à rester chez eux ! Je voyais tout négatif et je me battais intérieurement pour sortir de cet état d’esprit. » Puis, un jour, Isabelle a soudainement compris que tout n’était pas si noir. « Je me suis dit : “Voyons ! Je ne suis pas
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Histoire de famille
Depuis trois jours, j’ai la tête dans les souvenirs, le cœur dans le passé et les yeux dans l’eau. Je suis dans mes photos de famille. Mon salon et ma salle à manger ont l’air d’un entrepôt. J’ai sorti la grande table qu’on sort à Noël et j’y ai mis toutes les photos, les enveloppes, les albums, les boîtes. Il y a aussi cinq bacs de souvenirs de famille que j’ai sortis du garage. Tant qu’à être enfermée encore pour trois semaines, autant en profiter pour faire ce que j’ai toujours remis au lendemain. J’ai décidé de faire l’histoire de
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L’Annonce faite à Laurence
À Noël dernier, j’ai lu et relu L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel. Livre fascinant. Violaine, jeune fille d’environ 18 ans, dans un moment de joie enfantine, embrasse un pauvre lépreux, triste et déprimé. Un geste innocent, spontané. Comme un élan pour remercier Dieu de tout le bonheur dont il la comble : elle va bientôt se marier avec l’homme qu’elle aime ! Bien sûr, elle attrape elle aussi la lèpre et doit dire adieu au fiancé. C’est sa sœur qui l’épousera. Elle, elle se retrouve dans une grotte, isolée de tous, le visage déformé, les yeux consumés. Elle est aveugle et
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Petites pousses
Après avoir fêté la résurrection du Christ en touchant presque au Ciel, on est retombés les deux pieds sur la terre assez vite. Le matin de Pâques, on reçoit un texto de notre couple d’amis, Claire et Thomas, qui nous annonce que Charles, le père de Thomas, âgé de 85 ans, a déménagé chez eux depuis mardi. J’aime Charles. Depuis toujours. Même si, depuis toujours, il ne croit pas en Dieu, ou si peu, même s’il me met en pleine face les scandales de mon Église. Même s’il nous est arrivé deux fois plutôt qu’une de nous crêper le chignon sur
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Pour la suite du monde
Je n’avais jamais voulu avoir d’enfants. D’autres autour de moi souffraient de ne pas en avoir. Je ne les comprenais pas vraiment. Je n’étais pourtant pas fermée à la vie, je savais que j’allais accueillir mon enfant si Dieu m’en faisait le don. Mais je ne désirais pas être mère plus qu’il n’en faut. Je prenais la pilule pour un problème de santé. Et ça m’arrangeait d’une certaine façon. Désolée de le dire si crument, mais les mères m’inspiraient un certain dédain. Ma journée s’ouvrait sur des projets exaltants pendant que la pauvre mère était seule avec son enfant dans
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Le Bon Dieu dans la rue
On est sorti pour peut-être se donner l’impression qu’on allait à la messe du dimanche des Rameaux. On a marché le long du fleuve comme on le fait tous les jours depuis le début de ce confinement. En regardant Montréal au loin. Et ici, les bernaches. On traverse la rue pour s’arrêter devant notre église fermée. On contemple le Christ qui est là, présent. Mon mari rompt le silence : « Tiens, v’là ton ami ! » André ? Depuis le confinement, je ne l’avais pas revu, ni lui ni son compagnon de tous les jours. On s’approche. « Tu es seul ? Où est Richard ? –
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Mes légumes
J’ai passé ma journée dans mes légumes. Ce matin, puisque je devais sortir pour le travail, je me suis dit que j’allais en profiter pour passer à l’épicerie en revenant, question d’acheter des fruits et des légumes. En arrivant, je vois qu’on attend en file indienne à deux mètres les uns des autres sous une petite pluie fine et froide. « Ah ! Non ! Pas encore ! » Cette fois, je n’avais ni gants, ni chapeau, ni foulard, ni même de parapluie. Fouille dans l’auto partout. Pas de parapluie ! Je grogne. Dans le hall, il y a des pastilles rouges collées au sol. On
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Hier, on est sortis
Hier soir, on est sortis en douce, presque en cachette. On a fait des hotdogs aux enfants en les installant devant un film, en bas dans la salle familiale. Ils jubilaient ! Manger devant la télé ? Ça n’arrive jamais ! On a même sorti deux bouteilles de Coke pour l’occasion. La totale, quoi. Nous deux, on est remontés en leur disant qu’on sortait. Ils n’avaient même pas l’air surpris. Ils avaient plutôt l’air de dire « Ouais, ouais… bon débarras ! » Doucement, on a refermé la porte de l’escalier. On a ouvert la radio. Notre émission du samedi commençait. Des petits airs des années quarante qu’on aime
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L’Italie, Marta et sa grand-mère
Marta Gelpi, Italienne d’origine, habite en Suisse, à trois kilomètres de la frontière italienne. Elle a accepté de me partager les moments douloureux qu’elle et ses proches affrontent en ces temps où son pays a atteint le record mondial de morts des suites du coronavirus. La foi est pour elle, et sa grand-mère vivant à Milan, une lumière obscure qui, l’espère-t-elle, illuminera les vies consumées par le virus et la solitude de la dernière heure. Pour Marta et le peuple italien, le drame secouant la Chine leur semblait bien lointain il y a quelques semaines. Pour le reste du monde, celui de
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Le désert
J’ai pris mon courage à deux mains. Une fois arrivée, j’étais soulagée de voir un stationnement à moitié vide. Enfin ! La folie du Costco est finie ! J’ai mis de l’essence pour pas cher, je me suis stationnée presque heureuse et je me suis dirigée vers l’entrée. Quoi ? Une barricade ? Une file interminable ? Chacun à deux mètres de distance. Chacun, le cou rentré dans son manteau. Devant la barricade de palettes de bois, des employés aux airs de bouncer. Le long de la file, d’autres, dossard orange sur le dos, transmettent leurs directives. Au nom de ma famille, j’y vais ! Je marche
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La mission à Chypre au temps du COVID-19
Ce texte est une version augmentée d’une lettre que j’ai récemment envoyée à mes parents et mes amis alors que je vis un temps de mission à Chypre. Chers parents et amis, J’écrivais, il y a deux semaines, que le COVID-19 n’avait pas encore migré en direction de l’ile de Chypre. Et bien, je finissais à peine d’envoyer le message qu’on recensait les premiers cas d’infection. Aujourd’hui, ce n’est un mystère pour personne : cette épidémie a atteint des dimensions planétaires. Une rencontre aux allures banales Alors, mercredi matin, le 11 mars, j’allais tout bonnement à l’église pour prier les laudes avant
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Un moment pour tout
Ça y est. Je suis une confinée. Je ne peux plus aller à mon cours de Stretch-Tonus. Ni à la piscine d’ailleurs. Je n’ose plus faire la ronde de mes épiceries zéro-déchet et encore moins de risquer ma vie au Costco pour trouver mon café préféré, ma baguette préférée ou nos baguels préférés… C’est fini. Finies mes sécurités de maman pourvoyeuse de bouffe pour sa petite et grande marmaille. Le défi cette semaine ? Ce n’était pas d’arriver à faire des plats dignes du resto avec les spéciaux des circulaires. Ce n’était pas non plus de répéter pour la centième fois
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Des familles missionnaires en Chine témoignent
Le 23 janvier dernier, la ville de Wuhan, en Chine, s’est vue mise en quarantaine après avoir été le premier foyer majeur du coronavirus. Il y a quelques années, le pape François a envoyé des familles missionnaires du Chemin néocatéchuménal non loin de cette zone. À l’orée de cette pandémie, elles ont dû prendre une décision : partir ou rester. Certaines ont choisi de quitter et d’autres ont préféré partager le sort de leurs frères chinois. Début février, ces familles missionnaires en quarantaine ont échangé des lettres avec d’autres personnes appartenant à leur itinéraire de formation. Le Verbe a obtenu l’autorisation de les
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L’improbable sacristain de l’Oratoire
Un texte de André LaRose Léon D’Anjou nous a quittés le 20 février 2020. Sacristain à l’Oratoire Saint‑Joseph du Mont‑Royal, fervent priant et pasteur d’âmes œuvrant dans les lieux délaissés de la cité, il laisse dans son sillage la marque de l’incommensurable bonté de Dieu. Elle était cachée en cet infatigable travailleur, un peu comme chez le saint frère André. Sa candeur, sa chaleur humaine, sa joie communicative et sa connaissance intime de la vie intérieure lui ont fait côtoyer la jeunesse en quête d’un sens et d’un port d’attache. Voici l’histoire de ma rencontre avec lui. Il y a bien des
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Briser la glace comme Catherine Paquin
Catherine Paquin est une entrepreneuse, une mère de famille, une sportive et, avant tout, une femme dont la vie repose sur Dieu. Si elle arrive à mener dans la joie la vie active qu’elle a, c’est grâce à sa foi qui ne la lâche pas et lui donne du courage. Ayant tout quitté du jour au lendemain pour le canot à glace, elle a fait de son métier un endroit où la foi et le sport sont dans le même bateau. Je rencontre Catherine à Rame Québec, le centre d’entrainement qu’elle a mis sur pied à Sainte-Foy. Un peu à
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Gaston Bourdages: « Je suis auteur de mort »
Rien ne semblait annoncer pareille descente aux enfers pour Gaston Bourdages. Une vie prospère, une conjointe, une pratique religieuse assidue. « Au fond, je me suis ramassé en prison parce que j’ai fucké les dix commandements de Dieu. J’ai volé, j’ai couché avec la femme de mon chum. Et le 18 février 1989, j’ai enlevé la vie à quelqu’un. » C’est là que tout a basculé. « Cette maison a une histoire, me raconte-t-il. Il y a d’abord eu un salon funéraire avant qu’une famille de huit enfants emménage. Ici, il y a une histoire de mort et de vie. » C’est dans cette maison
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La véritable ascension du grimpeur anarchiste
Grimpeur suisse de renommée internationale, Didier Berthod a ouvert de nouvelles voies d’escalade : de l’Italie, à l’Australie, au Canada, en passant par les États-Unis, il a conquis les hauteurs et défié l’extrême. Mais fait intriguant, à la toute fin de son film First Acent, on l’entend répéter : Dieu a eu pitié de moi. Récit d’un grimpeur dont la dégringolade lui a ouvert le chemin de la vraie ascension. Didier Berthod. Ce nom vous est inconnu? Allez faire un petit tour sur internet. On le retrouve à la une de magazines spécialisés et dans plusieurs films. Le parcours « vertical » de Didier commence quand
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