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D#5/ Je suis un mortel qui ne sait pas se nommer
D#5/ Discernement. Cela signifie faire la part des choses. C’est faire preuve de perspective. La grande mésentente de notre époque porte sur la confusion à propos des mots. De toute urgence, il faut faire preuve de discernement face aux mots et à leur usage. Éviter la confusion sur le sens des mots, c’est le premier pas, je le crois, vers une société meilleure. Pour lire les autres textes de la chronique Discernement, cliquez ici. Le Verbe, pour son numéro de printemps, aborde la thématique sur la mort. Quelle belle idée ! Parce que, disons-le franchement, on ne parle pas de la mort.
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L’étrange parenté entre le progressisme et le christianisme
Je suis frappé par une similitude inattendue entre le progressisme et le christianisme : une radicale quête de rédemption. Malgré l’incompatibilité de leurs normes morales et de leur métaphysique, cette similitude est fondée sur une vérité profonde de l’expérience humaine : nous cherchons à (re)trouver un état d’innocence. Si les deux messages résonnent dans l’esprit humain, si les deux discours suscitent l’adhésion de gens condamnés par ces mêmes discours, c’est parce que, dans les tréfonds de notre conscience, nous savons que nous sommes coupables et nous souhaitons être disculpés. Nous désirons être émancipés de nos fautes. Nous aspirons à être libérés de
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« Plus jamais »
Poursuivant notre réflexion déjà amorcée précédemment sur l’interprétation fondamentale à donner à la crise des abus sexuels dans l’Église, j’aimerais aujourd’hui essayer de voir ce qui, dans cette situation tragique, est apte à la faire évoluer dans le bon sens, ce qui peut nous aider à opérer un renouvèlement global, à la hauteur des enjeux de notre temps. Suivant le tournant fondamental, sous-jacent au Sommet sur la protection des mineurs au Vatican, d’une Église « qui n’évite pas, mais qui affronte » ses problèmes (11:25), nous sommes appelés, à la fois, à une démarche de vérité sur nous-mêmes et à une véritable
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Un examen de conscience nécessaire
Dimanche dernier se clôturait au Vatican le Sommet sur la protection des mineurs. Rétrospectivement, on peut dire que la semaine dernière fut un véritable chemin de croix pour l’Église. Or, comme catholiques, nous savons que la Passion est un évènement aussi douloureux que salutaire. Nous pouvons affirmer que ce nouveau positionnement d’une Église qui, au lieu de chercher plus à se protéger elle-même, se met plutôt en position d’accueil et d’accompagnement des victimes sur le chemin de la guérison, est un immense pas sur le chemin de la conversion. Alors que le Saint-Siège faisait son mea culpa institutionnel, les acteurs et
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La prise du pouvoir par les sans-calottes
Si l’art de la controverse s’est perdu (quelque part entre les deux guerres), Alex La Salle s’affaire à maintenir en vie ce type de joute littéraire qui, au risque de froisser quelques surplis bien repassés et quelques t-shirts fluos de « JÉSUS », a au moins l’avantage de nous servir la langue de Bloy comme remède à la langue de bois. « Si une erreur s’introduit dans les esprits, c’est grâce toujours à quelque vérité qu’elle déforme. Il doit y avoir au coeur de la Réforme luthérienne quelque illusion foncière qu’il importe de rechercher. Pour cela, il n’est pas de meilleure méthode que
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Voici l’homme!
«Voici l’homme!» C’est l’exclamation prononcée par Ponce Pilate quand il présente un Jésus ensanglanté, trahi, fatigué, sale. Quelque chose de plus profond, de plus poignant que l’apparence physique ou les paroles d’un Jésus complètement anéanti saisit tous ceux qui le rencontrent. Quoi? Qu’est-ce qui fait qu’un homme peut être si attirant, si beau et bon, et ce, même – surtout – s’il est muet et défiguré? Afin de comprendre le cœur de la masculinité et, surtout, tout son charme, Paul-Émile Durand nous propose cette réflexion, appuyée par celle de deux autres philosophes, Martin Steffens et le père Olivier Bonnewijn. S’il
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La standardisation des produits
La semaine dernière était publiée une lettre ouverte signée par 45 pédiatres sonnant l’alarme contre le recours « trop facile aux médicaments pour traiter des symptômes s’apparentant au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ». Bien qu’il ne soit pas mention en soi de la possibilité des surdiagnostics, beaucoup de pédiatres reconnaissent la possibilité d’être « allés trop loin ». D’abord, le simple fait que la validité du diagnostic du TDAH fasse encore l’objet de débat au sein de la communauté scientifique exige notre appel au « principe de précaution ». En effet, certaines sommités dans le domaine le considèrent comme un
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Un cache-sexe en forme de genre
La notion de «sexe» est aujourd’hui une notion qui pose problème. En effet, en moins d’un demi-siècle, un nouveau concept, celui de «genre», a pris la place qu’occupaient autrefois les sexes – au nombre de deux – homme et femme. Qu’est-ce que ce genre qui sème le trouble partout? L’essai du philosophe Alex Deschênes propose ici d’éclaircir ces concepts. Dans le conte de Hans Christian Andersen Les habits neufs de l’empereur, deux tisserands très futés convainquent le roi et sa cour qu’ils savent confectionner des habits que seuls les gens les plus intelligents peuvent voir. Quelques jours plus tard, le roi parade dans la
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Appeler une femme une femme
*Dans un monde de plus en plus fragmenté et polarisé, Le Verbe médias s’engage à bâtir des ponts au service de la communion. Apprenez-en plus sur notre ligne éditoriale, qui prône un dialogue ouvert et la diversité d’expression, tout en cherchant l’unité dans la vérité et la charité. L’introduction du dernier livre d’Ingrid Bayot, Le quatrième trimestre de la grossesse, s’ouvre sur un avertissement. L’auteure annonce d’entrée de jeu que « ce livre va surtout parler d’elles, les femmes. » Une telle précision est nécessaire car nous vivons « [à] une époque où il est politiquement correct de ne plus parler des différences sexuelles car elles
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Cours d’éducation sexuelle : pour un dialogue constructif
Cette semaine, un tout petit livre a retenu une bonne partie de l’attention médiatique : Réflexions pour susciter le dialogue parents/enfants sur le programme Éducation à la sexualité du Ministère de l’Éducation du Québec: de la maternelle à la 3e année du primaire. Retour sur une polémique qui risque de faire couler encore beaucoup d’encre. L’annonce du lancement de ce livre ayant été relayée par le service des communications de l’archidiocèse de Montréal, le texte se veut un outil offert aux parents désirant en apprendre davantage sur le contenu du cours ainsi que sur les différentes options qui s’offrent à eux. C’est d’ailleurs
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[DOSSIER WEB] Éducation sexuelle au Québec
L’actualité récente a mis en évidence l’importance d’un débat constructif sur la délicate question de l’implantation d’un nouveau cours d’éducation sexuelle au Québec. Au cours des derniers mois, de nombreux collaborateurs ont contribué à ce débat. Nous plaçons donc ici, sous forme de dossier numérique, ce que nous avons publié à ce jour sur la question. Pour accéder aux articles, vous n’avez qu’à cliquer sur les images. * * * Un texte de Francis Denis Cette semaine, un tout petit livre a retenu une bonne partie de l’attention médiatique : Réflexions pour susciter le dialogue parents/enfants sur le programme Éducation à la sexualité
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Dinde de Noël et respect des animaux
Dans quelques jours, nous serons tous réunis avec nos familles respectives pour vivre un moment fraternel autour d’un bon repas. Des tables pleines des meilleurs mets défileront devant nos yeux pour le plus grand plaisir de nos papilles. Au centre de la présentation, une dinde bien rôtie trouvera, comme chaque année, une place de choix. Arrêtons-nous quelques instants sur cette scène féérique. Au moment même où nous célébrons la naissance de la Vie, ne sommes-nous pas également rassemblés autour de la mort? La mort de cette dinde sacrifiée au bucher du bon gout dans nos bouches n’est-elle pas le passage
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Dieu n’est pas une théière
Dans « Le Devoir de philo » du 27 octobre dernier, l’écrivain et anthropologue Daniel Baril, bien connu pour son athéisme militant, présentait la pensée du philosophe Bertrand Russell (1872-1970) afin de soutenir l’idée que « la science et la religion s’affrontent dans la recherche de la vérité ». Selon notre collaborateur Jeffrey Elawani, rien n’est moins certain. J’ai une grande admiration pour Bertrand Russell. D’abord, le philosophe a élaboré une conception des mathématiques insoupçonnablement féconde et séduisante. Ensuite, l’homme a généralement témoigné d’une intégrité intellectuelle et d’un courage civique admirables. Et pourtant, on peut dire de lui, comme on l’a dit d’Origène :
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La tête dans les étoiles: Georges Lemaître
Albert Einstein, presque tout le monde le connait. Ce nom que l’on colle à la physique du 20e siècle est certainement plus populaire que sa théorie de la relativité restreinte et générale. L’aura autour d’Einstein laisse cependant dans l’ombre d’autres scientifiques peut-être moins populaires, mais tout aussi pionniers dans leur branche respective: Lorentz, Planck, Bohr, Rutherford, Hubble, Marie Curie… et Georges Lemaître, le chanoine scientifique. Ce personnage qui ne figure même pas sur toutes les listes des grands savants du 20e siècle, que Stephen Hawking n’ose pas mentionner, mérite pourtant d’être dépoussiéré de l’oubli. Pourquoi? Parce qu’il n’est rien de moins
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Les chrétiens sont-ils des zombies ?
Avez-vous eu la piqure des zombies? Même si vous n’en êtes pas fans, vous avez surement déjà entendu parler de la série télévisée Walking Dead? Elle met en vedette Rick comme héros emblématique. Récemment, les morts-vivants ont été abordés dans un tout autre contexte que celui du divertissement : dans une rencontre de théologiens ! Aussi original que cela puisse paraitre, c’est lors des retrouvailles des diplômés de la Faculté de théologie de l’Université Laval, le 30 octobre, que la présentation sur ces morts-vivants a eu lieu. Selon l’organisateur de la soirée, Alain Bouchard[1], Jésus Christ est, en quelque sorte, le
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La trahison de la FFQ
Un texte de Rose Dufour En décidant, en assemblée générale extraordinaire convoquée à cet effet le 28 octobre 2018, « Que la FFQ reconnaisse l’agentivité des femmes dans la prostitution/industrie du sexe incluant le consentement à leurs activités», la Fédération des femmes du Québec révèle son ignorance, son déni outrageant de la réalité vécue par les femmes dans la prostitution et elle les trahit en prétendant les aider. C’est en mai 2001 que, pour la première fois, j’ai été mise en contact avec des femmes victimes de prostitution. J’ai fait la découverte d’une tragédie humaine à laquelle je ne m’attendais pas. J’ai douté de
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La laïcité ne doit pas effacer le passé
Le premier ministre François Legault a annoncé son intention de laisser le crucifix de l’Assemblée nationale là où il est présentement, c’est-à-dire au-dessus du siège du président. Avec l’arrivée de la Coalition Avenir Québec au pouvoir, le 1er octobre dernier, la place du crucifix est revenue nous hanter. Maurice Duplessis est remonté à la surface de nos eaux trop tranquilles. J’ai beaucoup de respect pour l’histoire, mais j’essaie toujours de ne pas idéaliser le passé. Je me méfie de ceux qui transforment le passé en mythe, qui l’embellissent au point d’en faire un modèle absolu. Je ne pense pas nécessairement que
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Crises et croissance: la foi des ados
Voilà déjà quelques années que je travaille dans le domaine de la pastorale jeunesse. C’est dans ce cadre que j’ai commencé à me questionner sur la manière de parler de la foi avec les adolescents. J’ai aussi réfléchi sur les facteurs qui les amènent à être croyants ou pas. L’adolescence est une période où la foi transmise peut devenir fragile. Cette fragilité peut cependant devenir une force si la personne est bien accompagnée dans cette période critique. Tout d’abord, il faut dire que l’identité d’une personne se construit principalement par l’imitation du groupe, particulièrement durant la première partie de l’adolescence.
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Buzz sur demande dans un État végétatif
La semaine dernière, le gouvernement du Canada légalisait la vente et la consommation de cannabis. Outre les citoyens à la queue leu leu sur ce qui reste de rue praticable à Montréal ou les médias venus confirmer leur thèse selon laquelle il n’y aurait pas d’apocalypse (en effet, il n’y a pas eu d’apocalypse), plusieurs sont restés perplexes quant à la tournure des évènements. Notre chroniqueur se penche sur le buzz et sur ses effets collatéraux. Pour certains, c’était la consternation de voir un état prétendument sérieux se mettre à vendre de la drogue. Pour d’autres, il ne s’agissait que d’un nouvel
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Nous sommes appelés à la souffrance
Tenaillée par un problème de santé cet automne, notre blogueuse Véronique Demers nous partage sa réflexion sur le sens de la souffrance. Témoignage. Dans ce monde déchu, impossible d’écarter la souffrance de notre chemin. Au départ, aucun nuage ne troublait l’horizon ; l’harmonie était au rendez-vous avec le Créateur. Mais après avoir désobéi aux commandements divins, l’Homme a coupé le lien direct, en plus d’ouvrir la porte au mal. Et la souffrance en fait partie. Plusieurs types de souffrance peuvent miner notre existence, qu’elle soit émotionnelle, physique, psychologique ou relationnelle. Elle vient parfois nous titiller, alors que nous n’avons rien
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Le problème du temps, la solution d’Augustin
Qu’est-ce que le temps ? Lorsqu’on m’apostrophe dans la rue pour me le demander, je peux le donner grâce à ma montre. Mais au fond, j’ignore ce qu’il est exactement. Le passé n’est plus, le futur n’est pas encore et le présent n’est que l’espace d’un instant fugitif. Si le temps nous manque souvent, ce qu’est le temps nous échappe plus encore, car il semble bien ne pas être grand-chose. Le problème de la définition du temps est très célèbre en philosophie et saint Augustin y est certainement pour quelque chose. Pour le plaisir de l’exercice, je propose de revisiter brièvement
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Élections : un appel à la responsabilité
La présente campagne électorale au Québec aura tout fait… sauf susciter de l’engouement de la part de la population. À en lire les journaux ou à en écouter la radio, les journalistes semblent désespérés de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Crisettes de conflits d’intérêts, problèmes personnels, manigances électoralistes et carriérisme politique auront été, semble-t-il, les faits saillants de cette élection 2018. Vu cette impasse journalistique découlant d’une part, de l’aseptisation des débats et, d’autre part, des invectives prudentielles des agences de communication, nous serions tentés de dire aux grands médias de laisser tomber le superficiel une
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La noblesse du métier
Le travail manuel n’a pas la cote, celui-ci étant associé à des conditions salariales moindres et à un statut social inférieur. Il suffit de voir la réticence de nombreux parents d’élèves à la perspective que leur enfant d’une intelligence abstraite moyenne s’engage dans une filière technique. Or, le métier comporte une forte composante manuelle, bien plus qu’une carrière ou qu’une profession. Le philosophe Jean-Philippe Trottier nous propose ici une réflexion où il exalte la noblesse du travail manuel. Il est rare, de nos jours, que l’on se définisse par son métier. Les formulaires d’identification s’intéressent davantage à notre état civil
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Lettre du pape François sur les abus sexuels: dix attitudes
« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12,26). C’est ainsi que le pape François introduit sa lettre au peuple de Dieu, publiée le 20 aout, moins d’une semaine après la publication du rapport accablant sur les cas d’abus sexuels de la part d’environ 300 prêtres de la Pennsylvanie entre les années 1950 et 2010. Rédigée dans l’urgence, la lettre est un véritable cri du cœur où le pape exprime sa douleur et sa honte, sa solidarité avec les victimes. L’objectif est de mobiliser toute l’Église catholique à mettre fin à une culture du silence et du
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